Tomorrowland Winter à l’Alpe d’Huez : retour sur une sublime troisième édition

Jamais 2 sans 3 : la troisième édition de la version hivernale de Tomorrowland s’est terminée vendredi soir dernier, et avec brio ! Nous sommes revenus de notre semaine magnifique dans les montagnes majestueuses de l’Alpe d’Huez, avons repris notre souffle et récupéré du sommeil ! Retour en détails et en nostalgie (déjà !) sur une nouvelle édition qui aura prouvé de très belles choses.

Tomorrowland Winter, un concept unique

Lancé en 2019, Tomorrowland Winter est un festival de musiques électroniques qui allie les charmes d’un séjour au ski et l’ambiance festive du festival belge que l’on ne présente plus. Dans le cadre superbe de l’Alpe d’Huez, une des stations au climat le plus exceptionnel de France avec ses 300 jours d’ensoleillement par an, venez profiter de la magie de Tomorrowland dans un cadre totalement unique pour faire la fête. Mais Tomorrowland Winter c’est aussi du ski, et l’Alpe d’Huez ne manque pas de pistes.

Tomorrowland

Le Grand Domaine de l’Alpe d’Huez, c’est en fait 5 stations et 111 pistes de ski ; des plus simples aux plus difficiles, évidemment. Pour les moins endurant, optez pour la formule 4 jours (du mardi au vendredi soir), pour les plus téméraires vous pouvez opter pour le format 7 jours (du samedi au vendredi soir). Les plus grosses stars seront présentes les 4 soirs principaux mais il y aura toutefois quelques guests intéressants les autres soirs. La mainstage, point d’orgue du festival, ne se révèle au grand jour que le mardi soir, lors du traditionnel « Gathering ».

Initialement réparti à plusieurs endroits dans la station, avec la regrettée Mainstage en extérieure, les scènes du festival sont désormais réparties en 2 zones : les scènes en altitude qui nécessitent d’utiliser les remontées mécaniques accessibles pour tout le monde avec le fameux bracelet Tomorrowland et les scènes situées dans le village « privée » Tomorrowland, lui aussi accessible via le bracelet et qui se situe entre le palais des Sports et des Congrès et le terrain de foot de la ville (qui sert pour l’occasion à accueillir la mainstage).

Tomorrowland

Pour les scènes en altitude, pas de panique si vous ne savez pas skier ou snowboarder : il est possible d’accéder à l’ensemble des scènes via les remontées mécaniques à pied. En revanche il est beaucoup plus rapide de passer d’une scène à une autre en skiant plutôt qu’en redescendant à pied. Le soir, tout le monde a rendez vous dans le village officiel et ses différentes stages couvertes et chauffées !

A Tomorrowland, on paie tout via son bracelet magique. La monnaie est le « Pearls », et il faut savoir qu’1 Pearl vaut 2€35 (me demandez pas pourquoi ce taux de conversion). Et si l’ont ne fait pas un peu attention les perles disparaissent assez rapidement dans la journée. Il faut compter entre 10 et 15€ pour manger un plat (parfois plus en altitude), et entre 5 et 15€ pour boire.

Les scènes majeures

Crystal Garden

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Une des scènes les plus emblématiques de Tomorrowland Winter ! Cette scène qui se situe à l’arrivée du télécabine DMC, est conçue spécialement pour la durée du festival avec des éléments mêlant structure sur glace et éléments métalliques. L’année dernière, nous avions le droit à une sublime structure représentant un visage, cette année nous avions le droit à un sublime et mystique animal ailé qui déployait ses longues ailes glacées autour du DJ. Quelques éléments de pyrotechnies venaient ponctués les drops et réchauffer l’atmosphère ! Magnifique !

Frozen Lotus

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Dans le cadre du célèbre restaurant d’altitude de La Folie Douce, la scène Frozen Lotus était un peu plus imposante que l’année dernière via une structure métallique et arborée avec un lotus et une rosace en son centre. Sobre (pas de pyro, ni de lights) mais aéré, permettant de profiter en fond du majestueux spectacle que nous proposent les sommets des Alpes.

CORE

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La scène Core, située au restaurant d’altitude Signal, réemployait les éléments décoratifs de la scène de la Folie Douce de l’année dernière. Et l’année dernière, cette scène Core faisait quand même assez cheap. Forcément, le réemploi ça va dans le bon sens environnemental alors ça nous plaît. Les structures en miroirs réfléchissent la lumière, le ciel et les montagnes enneigés, avec en fond des sommets à pertes de vue. Sobre, mais absolument époustouflant.

CAGE

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Idem que l’année précédente, la scène Cage se situait dans le sous-sol du Palais des Sports et des Congrès. Un grand écran LED derrière le DJ, des lyres et des barres LED au plafond, quelques lasers, le spectacle proposé était efficace. Une scène à l’ambiance « warehouse » qui faisait la part belle aux styles plus underground Techno ou Bass Music le dernier soir.

Youphoria

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La vraie scène en plus que tout le monde attendait et espérait. Bien connu des festivaliers ayant fait l’édition belge, les organisateurs ont ramené de Belgique, la scène Youphoria et ses champignons magiques. Une nouvelle scène en plus dans le village bien appréciable car l’année dernière, la Mainstage et la Cage étaient les deux scènes principales du village. L’arrivée de cette « nouvelle » scène permettait donc de décharger en capacité les 2 autres espaces majeurs. La structure couverte et semi-ouverte rappelait aux participants de la première édition la scène de l’Orangerie qui se situait au pied des remontées mécaniques des Marmottes. Une scène majeure à conserver absolument sur les prochaines éditions… en variant peut être la déco ?

Mainstage

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Le meilleur pour la fin ? Scène de toutes les attentes, de tous les fantasmes, la mainstage de cette année était radicalement différente de celle de l’année précédente. On va pas se mentir, on a pas eu les mêmes frissons en découvrant celle de cette année que celle de l’année dernière. Rappellons que c’est la seule scène qui bénéficie d’une cérémonie spécifique pour la révélation de sa décoration.

Beaucoup moins d’éléments que l’année dernière, mais en même temps beaucoup plus épurée. De plus, la thématique décorative reflétait bien plus l’idée d’un festival en montagne avec stalactites, stalagmites et jeux d’eau. On se croyait au milieu d’une grotte glacée avec en son cœur, un arbre aux deux branches où trônait le DJ, tel le maître des lieux de cet espace mystérieux. Encore une fois, les intros étaient ponctuées de prestations de performeurs acrobates qui réalisaient des pirouettes au sein de la foule. Exit les papillons ou les panneaux LED au plafond, cette année, on avait le droit à d’immenses bâches derrière lesquels des projections venaient crées des animations lumineuses assez uniques.

Évidemment le tout était accompagné de quelques pyros, jet de CO2, et autres lasers sur tout le tour de la scène. Habituels mais toujours efficaces. Au sein même de l’équipe, les avis diffèrent. Mais vous, qu’en avez vous pensé ?

Moose Bar

Tomorrowland

Comment ne pas parler du Moose Bar et de son ambiance si atypique. Le véritable After-Ski à l’ancienne à base de vieilles chansons populaires (françaises, germanophones, hollandaises). Une moyenne d’âge bien plus élevée que sur la mainstage mais une ambiance qui sent bon la transpi, le vin chaud et la bière. La playlist parfaite qui te fera perdre tes chordes vocales. Un Moose Bar à consommer avec ou sans modération (surtout sans).

Bonus

Devant le Brasa cette année se tenait une petite scène à la programmation non dévoilée mais qui aura révélé quelques surprises (Dimitri Vegas & Like Mike, Afrojack, Netsky, Cellini, …) pour des sets intimistes mais musicalement très qualitatifs (principalement house à l’ancienne), à l’ambiance complètement survoltée. Tellement la bonne ambiance qu’on a même vu la compagne de Like Mike, qui ne voulait plus partir, lui indiqué l’heure en mode « Bon aller mon coco, on va se coucher, y’a école demain ! ».

Le dancefloor pouvait accueillir une petite centaine de personnes mais bien plus en réalité qui venait s’agglutiner autour du lieu pour une ambiance quasi Boiler Room. Les festivaliers prenaient un malin plaisir à faire virevolter les luminaires du dancefloor, ce qui rajoutait un peu de folie à l’esprit confus et festif du lieu. Tomorrowland c’est aussi ça : des plus petites scènes, quasi anecdotiques mais qui rajoutent un vrai plus dans l’ambiance.

La programmation

D’année en année, la programmation du festival se diversifie, et accueille davantage de styles. Les habitué(e)s Tomorrowland sont bien là, avec Dimitri Vegas & Like Mike, Lost Frequencies, Yves V, MATTN ou Afrojack. Si on pouvait reprocher aux années précédentes le fait de ne pas proposer davantage de sets « uniques », cela a changé pour 2023. On se souvient encore de l’annonce d’Axwell et Steve Angello en solo, eux qui n’avaient pas réalisé cela pour Tomorrowland depuis bien des années. Cocorico, bon nombre de français sont de la partie, et on imagine la joie de se dire « je joue à Tomorrowland… et chez moi ».

EDM IDENTITY

Globalement, on voit davantage d’artistes axés Techno et Melodic Techno, preuve que ces registres connaissent un succès flamboyant et très apprécié. On retrouve davantage de House Music également, pour notre plus grand plaisir, là où il en manquait un peu les années précédentes. Des grosses têtes affiches aux artistes émergents, en passant par les locaux ou les jeunes producteurs en quête d’explosion, tout le monde aura sa part de plaisir. Bref, il y en a vraiment pour tous les goûts !

L’ambiance globale du festival

Tomorrowland

D’accord, nous ne sommes pas en Belgique. Mais la montagne, ça vous gagne ! Et très honnêtement, le mélange Tomorrowland avec cette ambiance si particulière des Alpes, ça marche fort. Beaucoup vont et profitent de l’édition estivale en solo. Mais ici, simplement en construisant une belle équipe, vous passerez une semaine tout simplement incroyable, car vous aurez l’impression que ça ne s’arrête jamais !

La plupart des festivaliers sont dans cet état d’esprit, du matin au soir, des scènes en altitudes aux scènes en station. La France a toujours été une terre de fête, et on sent progressivement l’influence de la musique électronique dans notre beau pays (on espère y être aussi pour quelque chose, quand même !). Tomorrowland Winter est la preuve qu’avec tous ces petits plus à côtés de la musique, vous apprécierez davantage le son, même si vous ne connaissez pas l’artiste face auquel vous vous retrouvez. Et ça, c’est le jackpot pour tout le monde !

Notre top 5 des sets de la semaine

Anamé @ Frozen Lotus

Incontestablement le set plébiscité par les membres de l’équipe, le nouveau duo composé de Marcus Schössow et Thomas Sagstad et révélation de l’année dernière avec leurs sorties sur Anjunabeats, a marqué très fort les esprits. Dans une météo compliquée alternant tempête de neige, temps nuageux et quelques rayons de soleils, ils ont su comblé leurs deux heures de set avec une vibe Melodic Techno – Trancy très dansante et des mélodies grandioses, le duo nous a véritablement envoyés dans un autre monde le dernier jour du festival.

Joris Voorn @ Mainstage

La légende hollandaise a tout simplement redéfini les standards du set mainstage… lors du gathering. Annonciateur de la suite ! En effet, Joris Voorn s’est appuyé sur les capacités conférées par Traktor, notamment celles de pouvoir étendre ou raccourcir, à volonté, les tracks choisies pour délivrer un set maîtrisé de bout en bout. Il a mis une ambiance de folie avant l’arrivée de Steve Angello, à grands renforts de pépites Techno, Melodic Techno, mais également House et Tech House. En balayant ainsi le scope de la Dance, le patron de Spectrum a, humblement mais certainement, fourni un moment d’anthologie pour les festivaliers qui étaient présents.

Anna @ Core

Véritable artiste aux multiples visages, ANNA nous a bluffés lors de son set en altitude, sur la scène CORE et sa vue à couper le souffle. Après avoir lâché un set très énervé sur la scène Cage, on la retrouve devant le restaurant Signal 2108 pour un set Melodic Techno inédit. Entre IDs perso, futurs classiques de la scène et productions Afterlife, les morceaux choisis nous ont littéralement transportés. Le set servait de clôture aux scènes en altitude, lors du dernier jour du festival, alors c’était sans aucun doute la meilleure manière de terminer cette fantastique semaine.

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D’ailleurs, il se pourrait qu’une interview avec elle ait été réalisée pendant ce séjour à Tomorrowland Winter… De sa vision de la scène actuelle, aux discussions autour de son futur album, nous avons abordés bien des sujets avec la productrice brésilienne. Alors restez connectés !

Kevin de Vries @ Youphoria

Le prodige allemand et révélation de l’année 2022 a joué quelques fois au festival, notamment en hauteur à la Folie Douce pour un set marquant. Mais c’est surtout son set à la scène Youphoria, en closing du festival, qui est entré dans nos mémoires. Alors que la montre galopait, parcourant la dernière heure et demie du festival, Kevin de Vries nous a assaillis d’une musique hypnotique, oscillant entre la Techno et la Dark Disco. Mention spéciale aux moments où il a joué Metro, sa collaboration à venir avec Mau P, ainsi que Pegasus, son dernier bijou proposé en guise closing de set. Kevin nous a fait danser jusqu’au bout, et a créé une vibe folle. Comme pour dire au revoir avant de mieux se retrouver. Danke maestro.

Kevin de Vries

Apashe @ Cage

La sensation belge était à Tomorrowland Winter, et elle avait la lourde tâche de clôturer la scène Cage, le dernier jour. Une tâche remplie avec brio, mais surtout, avec grande classe. Dans une ambiance déjà bouillante après le passage de Netsky, Apashe est venu avec son l’intégralité de son univers, que ce soit au travers de ses titres phares ou de ses visuels. Et quelle claque messieurs dames ! La scène était parfaitement choisie pour ce show, notamment grâce à cet écran géant derrière le DJ booth qui permettait de voir l’étendue des détails des vidéos du DJ producteur. Tout se mariait magnifiquement bien, et nous nous sommes tout simplement régalés. Chapeau l’artiste.

APASHE

Mentions spéciales

Impossible de ne pas saluer la performance de Tony Romera, qui a ouvert la mainstage le jeudi. Avec un set de plus de 2h, le DJ producteur lyonnais a réalisé un set 100% House Music, avec bon nombre d’IDs. Le son allait de paire avec le remplissage de la salle : plus l’espace se remplissait, plus l’énergie était grandissante. Grâce à ce set bien construit, l’ambiance était au rendez-vous, du début à la fin. Bien sûr, les français au premier rang n’ont pas hésité à crier leur fierté de voir Tony Romera sur une telle scène, et nous tenions également à le féliciter pour cela !

Autre mention spéciale pour, non pas un, mais une artiste. Venga réalisait le rêve de beaucoup de producteurs et productrices, dont le sien : celui de mixer à Tomorrowland. Elle a eu l’honneur d’ouvrir la nouvelle stage de cette année, la scène Youphoria, le dimanche 19 mars. Comme pour Tony Romera, les français et les français étaient tous et toutes au rendez-vous pour soutenir la jeune rookie. Pendant 1h30, la DJane productrice a enchaîné les morceaux Bass House. Entre bons classiques et IDs alléchantes, l’ambiance était vraiment spéciale. Un grand bravo à elle pour ce (très) grand pas en avant !

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Tomorrowland Winter : un vrai bonheur

Pour conclure, on sort de cette édition avec de merveilleux souvenirs et un avis très favorable sur le festival. Nous avons pu ressentir de nettes améliorations avec l’année dernière, notamment avec l’ajout de la scène Youphoria.

Musicalement il y avait beaucoup de sets très quali ! La programmation proposait toujours son lot de noms estampillés Tomorrowland et qui ont quasiment fait toutes les éditions Winter (DVLM, SJ RM, Afrojack, Joris Voorn, Kölsch, etc…) mais avait toutefois eu le mérite d’inviter des noms plus rares (Steve Angello & Axwell pour ne citer qu’eux) et dans des styles plus pointus (ANNA, Krystal Klear, Anamé, Nina Kraviz, Apashe, etc…). Assez déçu de ne pas retrouver plus d’artistes français sur les scènes principales du festival, pour exemple, uniquement Tony Romera et Ofenbach auront eu le droit à un slot annoncé sur la mainstage (+ Stone van Brooken qui aura fait le warm up de la mainstage le soir du Gathering en tant que vainqueur du concours Riffx)

Tomorrowland

Certes, aller à Tomorrowland Winter est un investissement financier très important dans le contexte actuel (surtout selon votre propre consommation nourriture et boissons personnelles pendant la semaine) mais cela reste un rapport qualité prix intéressant pour une semaine entière au ski par rapport à une semaine de ski « classique »; sauf que vous avez la magie et la qualité d’organisation de Tomorrowland en plus. Par rapport à l’édition initiale où Tomorrowland avait la main mise sur les logements de l’ensemble de la station et où il fallait choisir et espérer avoir un logement, il est désormais possible de réserver directement via les propriétaires des chalets ou hôtels de la station.

Pour terminer ce récap, nous souhaitions remercier chaleureusement toute l’équipe presse de Tomorrowland, notamment Debby et Frederic, pour leur accueil toujours impeccable. Mais on vous remercie également, vous tous et toutes, de venir toujours nous faire un petit coucou. A très bientôt sur les pistes ou ailleurs !

La team Guettapen

Votre franc-comtois favori. Heureux de partager avec vous cette passion pour la musique électronique, que ce soit ici ou ailleurs !