Beams London : Retour sur notre première avec Patrick Topping et Denis Sulta

Il y a de cela deux semaines, nous étions de retour de Londres où nous avons pu assister à un B2B d’exception entre deux grosses têtes d’affiche britanniques à savoir Patrick Topping et Denis Sulta. Une prestation d’un peu plus de 10h prenant place dans le nouveau haut lieu de la club culture londonienne : The Beams.

Ouvert le week-end précédent notre venue en compagnie de Michael Bibi, le Beams se veut être l’héritier de Printworks. Ce sont d’ailleurs les mêmes dirigeants, à savoir une collaboration entre LWE et Broadwick Live, qui sont à la tête de ce nouveau projet. En effet, en vue de la fermeture du désormais iconique Printworks, les dirigeants ne pouvaient pas se contenter de baisser les bras et de simplement regarder derrière eux avec nostalgie, malgré un possible retour d’ici quelques années. L’histoire se devait donc de continuer. C’est ainsi que The Beams est né, en plein cœur de la zone Thameside Industrial Estate au sud-est de Londres.

Le lieu

Le moins que l’on puisse c’est que l’on sait créer des lieux de clubbing digne de ce nom outre atlantique. The Beams prend ainsi place dans un immense hangar désaffecté. Au programme : pas de grosse scénographie comme on peut le retrouver chez son grand frère mais au contraire, un show light minimaliste et une sonorisation réalisée aux petits oignons. En soit, rien de dérangeant, le lieu se suffit à lui et possède un véritable charme : en particulier lors des dernières lueurs du jour, lorsque les derniers rayons de soleil viennent s’engouffrer dans le lieu par les grandes fenêtres qui entoure le hangar.

Les bars sur les côtés sont disposés intelligemment et en nombre suffisant. Pour éviter de traverser le hangar par la fosse et perdre ainsi un temps fou, un passage avec des sens de circulation a été aménagé au fond du warehouse, derrière la régie son et lumière. Peut-être un détail pour certains mais pour nous, c’est le genre de détail qui a son importance et qui participe au confort de l’expérience. A l’extérieur, un système de casier individuel est proposé ainsi qu’un large espace food truck afin de se restaurer. Les sanitaires quant à eux sont présents en nombre et n’ont jamais fait preuve d’une attente excessive.

Pour ceux étant en recherche d’une atmosphère plus intimiste, The Beams dispose également d’une seconde salle. Un plus dont nous n’avons pas eu le temps de profiter lors de ce premier séjour. Pour l’aspect accessibilité, là encore on sent que les organisateurs sont rôdés à l’exercice. Le scan des billets et les files pour accéder au club se font très rapidement tout en étant vraiment approfondis. En de l’enceinte du Beams, là encore, on s’est confronté à une organisation bien ficelée avec un point de dépose pour les taxis, des feux de circulations spécialement placés pour l’occasion ou encore un nombre d’agents de police conséquent. On leur tire notre chapeau.

L’ambiance

Ce n’est pas nouveau, les anglais sont un public plus que bouillant. Cela fait incontestablement partie des meilleurs publics que nous avons expérimenté ces dernières années. Si vous êtes un amateur de house, drum’n bass ou techno, vous devriez être comblés. Ici encore, le public a répondu massivement présent puisque l’événement affichait complet. Il était difficile d’imaginer une autre issue lorsque l’on rassemble deux des plus gros talents de la scène house UK actuelle dans un B2B de 10h. La conséquence de cela a été une ambiance survoltée du début à la fin, avec certains gros highlights comme sur le Heads Will Rock (A-Track Remix), Be Sharp Say Nowt de Patrick Topping, Erase Me de Ben Hemsley ou encore Pjanno de Eric Prydz. Un public dans l’ensemble très connaisseur et amoureux de house music dans sa globalité. Que ça fait plaisir d’assister à des évènements de ce genre dans ces conditions !

Le set

Que dire. Les mots viennent en effet à nous manquer lorsque nous devons décrire la balade musicale que nous avons expérimenté cet après-midi là. C’était une véritable leçon d’histoire que nous avons vécu ce 8 octobre. Une leçon venant embrasser la house music dans un spectre large, venant même flirter avec la techno à certains moments. On a ainsi pu entendre des titres piochés dans des registres extrêmement différents. On pense notamment à la première claque que fut le remix de Envotion du titre Pangaea de Michael Cassette lorsque les dernières lueurs du jour venaient transpercer les vitres latérales du club.

On retient également la transperçante To Feel Again/Trois de Jon Hopkins & Kelly Lee Owens en collaboration avec Sultan + Shepard & Jerro qui nous a littéralement fait décoller. Quelle magie ! Il s’en est suivi une succession de bijoux housy tous plus délicieux les uns que les autres. On notera ainsi le remix de MK du titre I Need A Paintkiller de Armand Van Helden, mais également Lonely de Friend Within, le remix de John Summit de Escape, Love Is Real de Loods & Mall Grab, Brave New World de Grant Neslon ou encore Save Me de Adelphi Music Factory. Certains classiques ont également résonné entre les murs du Beams, non sans trouver l’écho du public qui prenait un plaisir fou de se déchaîner sur le Crispy Bacon de Laurent Garnier, Be Sharp Say Nowt de Patrick Topping ou encore Pjanno de Eric Prydz. Quel kiff !

Patrick Topping b2b Denis Sulta – Beams London

Mais une fête de 10h à Londres n’en serait pas vraiment une si la techno ne joignait pas à la fête. Ainsi on a eu le doit à une bonne partie aux beats beaucoup plus lourds avec des titres comme Red de Cirez D, Rock With Me de Will Clarke ou encore le génialissime Welcome To London du prodige de l’acid britannique Charlie Sparks qui a fait l’effet d’une bombe dans la foule alors présente.

Pas facile de clore un tel spectacle, tant la qualité était au rendez-vous. Et bien le moins que l’on puisse dire c’est que Denis Sulta a surpris tout le monde en sortant de son chapeau le Heads Will Rock (A-Track Remix). Il fût amené d’une telle manière que l’on a aisément pu deviner la surprise de Patrick Topping lui-même à la vue des premières notes du titre. Une telle fluidité et aisance derrière les platines, ça n’est pas donné à tout le monde et on comprend parfaitement la hype grandissante que connaît le jeune prodige originaire de Glasgow. Il s’en est suivi quelques titres du patron de Trick comme Shake My Booty ainsi que sa dernière track Keep On Moving avant un atterrissage frénétique sur son célèbre et désormais cultissime Be Sharp Say Nowt. Au final, près de 45min de rab nous étaient copieusement servies et on n’aurait clairement pas bouder notre plus grand plaisir de pousser jusqu’à bien plus tard.

Conclusion

Photographer: www.lukedyson.com

Si certains se posent encore la question de : « Est-ce que ça vaut vraiment le coup d’aller faire la fête au Royaume-Uni ? », la réponse est évidemment OUI. Le public britannique fait définitivement partie des plus connaisseurs lorsqu’il s’agit de la scène house / techno et drum’n bass. Si vous êtes à la recherche d’ambiances survoltées sur ces styles de musique en particulier, on ne peut que vous recommander de vous rendre outre-manche. Le Beams est quant à lui sans l’ombre d’un doute un lieu d’exception pour le clubbing londonien. Le successeur du Printworks a sûrement de belles années devant lui et on y reviendra à coup sûr.

On remercie une fois de plus les équipes de nous avoir si bien reçu et on espère y remettre les pieds très prochainement car ce qu’on a expérimenté là-bas fait sans aucun doute possible partie des meilleurs évènements club que nous ayons expérimenté. Patrick Topping et Denis Sulta ont su nous transporter avec eux durant ces 10h d’exception et on a déjà hâte d’assister à l’une de leurs prochaines performances. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’assister à un set de Topping, on ne peut que vous encourager à vous y rendre au moins une fois dans votre vie tant l’énergie qui s’y dégage est contagieuse.

Ambassadeur Guettapen dans l'Ouest de la France, retrouvez moi en club à Nantes ou à Paris et en festival au travers de l'Europe. Amateur de douceur mélodique et de kick techno, je garde un amour inconditionnel pour les rares pépites électro house qui pointent encore le bout de leur nez.