Le groupe RÜFÜS DU SOL signe un retour remarqué avec son nouvel album ‘Surrender’

C’est peu dire que l’album des RÜFÜS DU SOL était attendu. Après Atlas et Bloom, Solace a été plébiscité par la scène, bénéficiant également d’un album de remixes au casting époustouflant. 3 ans après, c’est donc leur 4ème album qui débarque. Intitulé ‘Surrender’, il vient parachever toute une période de dur labeur pour les australiens. On rappellera notamment leur live à Joshua Tree; on soulignera leur podcast Rose Ave Radio, toujours plus qualitatif avec les éditions.Toute une période qui aura permis au trio de prendre de la hauteur, en maturité, pour proposer un 4è opus de 11 titres, dont nous avions pu découvrir quelques morceaux, dont ‘Alive’.

Une pause après la bougeotte

Il convient de s’attarder sur le processus de création de ‘Surrender’ avant de se jeter dessus. Autant vous le dire d’avance, il sera légèrement moins électro que ‘Solace’, qui contenait de véritables bangers et stage lifters. Cela s’explique par la méthode de composition de l’album. Là où ‘Bloom’ et ‘Solace’ ont été composés dans des villes différentes (Berlin et LA respectivement), ‘Surrender’ a été l’album des confinements et de la pandémie. Une pause forcée du fait d’une assignation à résidence (avec 6 semaines de détour à Joshua Tree). Cet album est donc celui du retour à soi, de la concentration et de la méditation personnelle.

On décèle alors une sensibilité particulière de la part de Tyrone Lindqvist, Jon George, et James Hunt dans la composition de ce LP (écoutez ‘Devotion’, vous le percevrez). Les instrumentales sont plus calmes, plus posées, mais non moins puissantes. Vous l’aurez compris, ‘Surrender’ est un album indie-alternative à fortes touches Dance Music, qui fournit des hymnes qui vous feront bouger. Le tout en évoquant des sujets sérieux, voire peu joyeux. Et c’est précisément ce point qui fait que le projet est une réussite. La production est au service des émotions.

Une performance digne d’une représentation live

Si l’hétérogénéité peut être un signe de qualité en termes de variation musicale, l’homogénéité constitue alors une garantie. Chaque morceau pris à part est très bon, voire excellent. Cependant, écouté en bloc, l’album dévoile un concert, dont les fragments sont indissociables. Les quelques notes de piano de ‘Next To Me’ lancent (et soutiennent) le morceau, avant le premier drop du morceau qui installe les fondements de la presqu’heure d’écoute. Make It Happen fait la part belle à des choeurs quasi-grégoriens et rappelle la belle performance de RÜFÜS DU SOL sur l’iconique ‘Underwater’, et ‘See You Again’ semble emprunter quelques touches de synthé à ‘Innerbloom’, là ‘I Don’t Wanna Leave’ ralentit le tempo avec une instrumentale riche en percussions. ‘On My Knees’ opère un retour au RÜFÜS DU SOL qu’on connaît, avec la voix de Tyrone soutenue par les horns et strings reconnaissables entre mille du groupe. ‘Wildfire’ est une sublime ballade chantée et accompagnée au piano, qui ne peut pas vous laisser insensible.

On remarquera par ailleurs que le seul morceau de l’album qui comporte un featuring est le titre éponyme. ‘Surrender’ invite le soulman Curtis Harding pour une performance jointe sublime. Une sorte de point d’orgue auquel ‘Devotion’ et ‘Always’ apportent une touche finale.

Une constante progression

‘Surrender’ est un excellent album d’alternative dance. Le trio australien démontre par ce biais sa capacité à proposer de la musique toujours plus émotionnelle, servie par des compositions Progressive très mélodiques, avec des allures cinématographiques, et soutenues par des performances vocales qui ne peuvent que transporter l’auditeur, pour une écoute privée ou sur le dancefloor. Les RÜFÜS DU SOL n’ont pas lésiné sur la qualité et offrent un bout d’eux-mêmes à leurs fans. Tout en conservant cet aspect Dance Music si cher à ces derniers. Il s’agit de morceaux sur lesquels vous lèverez les bras, afin de danser comme s’il n’y avait pas aucun lendemain.

Amine
Responsable Tech House. Aficionado de grooves endiablés et de douceur mélodique. DJ à mes heures perdues, un set ou stream tourne toujours pendant ma journée.