Le Soundstorm débute aujourd’hui en Arabie Saoudite, et suscite la controverse

MDL Beast Festival - the Saudi spectacular sees International and National talent perform to an elated crowd of 150 thousand festival goers

Du 16 au 19 décembre 2021, nous verront se tenir une nouvelle édition du Soundstorm, anciennement festival du MDL Beast en Arabie Saoudite. Il s’agit là d’un événement majeur dans l’un des pays les plus controversés du Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite.

Cette manifestation, nous vous en parlions il y a quelques temps, fait partie de la nouvelle politique du prince Mohamed Ben Salmane baptisé “Vision 2030”. Cela consiste en un plan de “renouveau” politique ayant pour but de libérer l’Arabie Saoudite de sa dépendance à l’or noir en amorçant une transition économique. Pour ce faire, il faut attirer de nouveaux investisseurs étrangers afin d’ouvrir le pays au tourisme qui est l’un des axes principaux de cette politique. 

Des headliners occidentaux au service de la culture moyen-orientale

Le festival, pour son édition 2021, comptera donc sur 150 artistes. Y sont attendus pas mal d’artistes internationaux, à l’instar de Martin Garrix, Charlotte de Witte, CamelPhat, Chris Lake, ou encore David Guetta et Tchami. Une belle partie de la scène underground y sera aussi présente (DJ Tennis, Butch, Cirez D, Dubfire …), ce qui ne manquera pas, on le pense, de faire jaser les anti-Business Techno.

Un festival suscitant la controverse parmi les fans et acteurs de la scène

Un line-up exceptionnel donc, mais dans un royaume ultraconservateur où pétrole, violations des droits de l’Homme et négation des droits des femmes demeurent monnaie courante. Sans compter sur la vaste politique de communication autour de l’événement, qui avait été jugée par Twitter comme étant de la désinformation. Le royaume n’avait pas hésité à financer des influenceurs occidentaux, comme Alessandra Ambrosio, pour faire parler du festival.

Des têtes d’affiches se retrouveront donc dans un pays qui suscite la controverse. En effet, leur choix d’y jouer, s’il se comprend en matière de business model et de survivance purement économique du métier en temps de COVID, peut provoquer certaines questions voire remises en cause. En effet, les valeurs défendues (PLUR, droits LGBTQIA+) par les musiques électroniques et leurs hérauts se heurtent à la répression qu’elles subissent dans ledit pays. Sans parler de la question de la morale ou de l’éthique, pour laquelle nombre de DJs ont été harponnés par leurs fans. Dès lors, la sphère de la Dance Music s’interroge fortement et est tiraillée sur le sujet. Elle gardera cependant un œil attentif sur cette itération du MDL Beast Soundstorm. Car disons-le, artistiquement, cette line-up n’a rien à envier à celle des plus grands festivals mondiaux.

La réalisation de ce festival reste donc une avancée notable dans le pays dirigé par Ben Salmane. Cela démontre l’ouverture progressive de l’Arabie Saoudite au reste du monde. Il conviendra néanmoins de garder en mémoire l’aspect ultra-conservateur du régime saoudien, car celui-ci, à terme, ne peut être compatible avec tout ce que représente un festival de musiques électroniques, sauf à changer fondamentalement.

Loys & Amine