En 2018, 40% des Français ont été victimes ou témoins de propos homophobes diffusés en ligne, d’après le site Statista.com. Depuis 2020, les hébergeurs sont même légalement tenus de retirer tout contenu haineux signalé, sous peine de lourdes amendes. La DJ parisienne Barbara Butch est l’une des figures les plus médiatisées sur le sujet du cyberharcèlement ces derniers mois. Et même si vous ne résidez pas dans la capitale, vous l’avez certainement tout de même déjà croisée sur vos écrans. En effet, elle a animé le 8ème tableau de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, intitulé Festivité.

Ce tableau avait particulièrement fait parler de lui, puisque l’Église catholique (entre autres instances conservatrices) avait estimé qu’il s’agissait là d’une parodie de la Cène, dernier repas de Jésus et ses apôtres. Thomas Jolly, directeur artistique de cette cérémonie d’ouverture, avait immédiatement démenti toute inspiration religieuse. Les seuls Dieux dont il s’est inspiré sont les dieux de l’Olympe… Plutôt logique dans un contexte de Jeux OLYMPIQUES finalement!
Une première vague de harcèlement lors des JO de Paris
Les internautes malveillants (ayant choisi des pseudos comme « arracheur de LGBT ») ont particulièrement concentré leur colère sur la DJ queer et militante. Celle-ci se définit elle-même comme « à l’intersection de pas mal d’identités », comme un « condensé de ce que beaucoup de gens détestent ». Ainsi, les messages haineux à caractères grossophobes, lesbophobes et antisémites n’ont pas tardé à déferler dans ses DM Instagram. Messages haineux par milliers, mais pas que… Menaces de viol et de meurtre étaient également de la partie.
Mais c’était mal connaître Barbara et son militantisme chevillé au corps! Après un passage à vide compréhensible et une période d’isolement volontaire pour se remettre d’aplomb après tant d’inimité reçue, la DJ s’est tenue ce 25 septembre 2025 face à ses harceleurs. 4 des 5 prévenus ont comparu devant le tribunal judiciaire de Paris. Sont requises des peines de 3 à 6 mois de prison avec sursis accompagnées de stage de lutte contre la haine en ligne… Et 8 mois de prison ferme pour le prévenu absent!
Le tribunal reconnaît des « violences numériques massives » ayant causé « une altération de la santé de Barbara Butch » et « un cyberharcèlement parfaitement caractérisé ».
Nouvelle consécration pour Barbara Butch… et nouvelle campagne haineuse
L’année 2025 s’annonçait plus que prometteuse pour la DJ : nommée Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres par Rachida Dati en février, un mariage avec sa compagne Camille Robbins en septembre… Et ce mois-ci, intronisée à la direction artistique de Nuit Blanche 2026! Toujours pour les non parisiens, Nuit Blanche est un événement culturel et artistique gratuit qui a lieu chaque année dans notre Ville Lumière. Il est porté et subventionné par la mairie de Paris.
Malheureusement, à peine l’annonce officiellement formulée, les conservateurs de la toile se sont à nouveau déchaînés. La ville de Paris a immédiatement effectué un signalement auprès du procureur de la République pour « campagne numérique homophobe et grossophobe », fondé sur l’article 40 du code de procédure pénale. À travers un communiqué officiel, la maire Anne Hidalgo a exprimé publiquement et indéfectiblement son soutien à l’artiste visée en ces mots : « Barbara Butch, c’est Paris. […] ses valeurs d’égalité, d’ouverture et de tolérance ».
Prise une énième fois pour cible, nous entendons suivre de près les éventuels développements en justice de cette nouvelle cyberattaque. Gageons néanmoins que cela n’empêchera en rien la queen queer des nuits parisiennes de nous concocter une 25e édition de Nuit Blanche à son image, célébrant la diversité, la liberté et l’inclusion.









![Carl Cox at [UNVRS] - 2025](https://www.guettapen.com/wp-content/uploads/2026/01/20250629_UNVRS_Carl_Cox_0001_5000x4000px_-280x210.jpg)

Tout mon soutien à Barbara Butch