Soirées « sans téléphone » à l’ADE : les premières d’une (longue) série ?

Photo by Fotograafniels.nl | Niels de Vries

Si vous allez régulièrement en club ou en festival, vous avez forcément vu des personnes dans le public se saisir de leurs téléphones portables pour photographier ou filmer le DJ. Vous-même, vous l’avez déjà fait, et personne ne vous jettera la pierre. Le sujet n’est pas complètement nouveau mais, à l’initiative de certains artistes, de plus en plus de soirées avec comme concept central « pas de téléphone » voient le jour.

C’est notamment le cas pour l’un des prochains évènements du DJ/producteur néerlandais Julian Jordan. Le 18 octobre prochain (pendant l’ADE donc), il organisera à Amsterdam la soirée ‘Do Not Disturb’. La promesse : « faire la fête comme au bon vieux temps en étant uniquement concentré sur la musique et sur les autres« . L’invitation précise qu’il est tout de même possible de prendre une photo ou une vidéo mais avec modération pour ne gêner personne.

Dans le même mouvement, les Meduza ainsi que James Hype ont également fait part de leur envie de revenir à des soirées sans « artifice » où l’on vit pleinement le moment présent – voir ci-dessous. Le trio italien précise d’ailleurs que pour que les participants (ou non) puissent (re)vivre leur performance, celle-ci sera filmée.

J’ai de bons souvenirs de cet été mais le moment que j’ai préféré c’était cette dernière heure dans un club d’Ibiza où les gens dans la foule ne faisaient que danser, apprécier le moment, avec des amis, sans téléphone.

Mattia de Meduza, qui demande sur Instagram à ce qu’il n’y ait pas de téléphone à leurs prochaines soirées à Chicago et Amsterdam.

Sans rentrer dans un immense débat, peut-on imaginer que ce genre de soirées deviennent la norme ?

La norme (à l’avis de la personne qui écrit ces lignes), c’est peu probable. On peut imaginer au cas par cas que ce genre de soirées se « démocratisent » tout au plus, surtout si l’artiste souhaite faire une performance « intimiste »… ou simplement ne pas subir une nuée de téléphone à quelques centimètres de son visage.

Interdire le téléphone dans chaque soirée et, dans une optique de plus grande envergure, dans chaque festival, reste évidemment une utopie. Il serait difficile de se séparer de ce qui est devenu le prolongement de notre main. De plus, c’est uniquement par cet intermédiaire que certains shows deviennent viraux. Qui, ces derniers mois, n’a pas vu via Instagram l’intro d’Anyma au Printworks de Londres ou à Tomorrowland ? Désormais, même des non-initiés à ce style de musique viennent assister à ce show pour partager à leur tour des vidéos sur les réseaux sociaux et, par la même occasion, remplir des salles.

Anyma débute son set à Tomorrowland (juillet 2023), les téléphones font leur apparition

Concrètement, le discours des artistes peut être parfois un peu paradoxal car si le téléphone peut constituer une nuisance pour le public comme pour eux, il est finalement difficile de s’en passer. Autant pour l’un que pour l’autre. Et vous, qu’en pensez-vous ?