Interview : Steve Duda, fondateur de Xfer Records et créateur de Serum, répond à nos questions

Tous les producteurs de musique électronique utilisent son plug-in depuis 2014, étant un des points d’origine de la démocratisation massive de la production musicale dans le monde. Expert support Pro Tools, musicien à ses heures perdues, passionné de lignes de code et d’énergie solaire, fondateur de Xfer Records (qui aussi bien son label que le nom de sa société de plug-ins), ami de longue date de deadmau5, Steve Duda nous fait aujourd’hui un honneur considérable en répondant à nos questions exclusives. Sans plus attendre, commençons!

VERSION FRANÇAISE

Bonjour Steve. Tout d’abord, parlons de BSOD [deadmau5 & Steve Duda]. Quel a été le processus de création de cet EP « No Way, Get Real » ?

Joel et moi sommes des amis de longue date et l’histoire de BSOD vaut la peine d’être mentionnée. Nous faisions différents styles de musique (Pop, Indie Rock, Breakbeat, Drum’n Bass, Glitch/IDM) pour le plaisir et nous avons ensuite décidé d’essayer la Dance Music. L’Electro House était populaire à l’époque donc nous avons décidé de faire « notre version » de ce genre, qui était moins House traditionnelle et un peu plus mélodique/harmonique et Chip Tunes. On a eu un succès instantané avec quelques sorties #1 sur Beatport, puis deadmau5 a commencé à sortir sa Progressive House qui, combinée avec mau5head, l’a propulsé au niveau d’une rockstar du jour au lendemain. Cela a mis BSOD en veille avec mon accord, car j’étais très heureux de voir mon ami réussir à un niveau pareil. J’ai commencé à être moi-même DJ et je suis retourné faire des plug-ins par la suite.

Donc récemment (en février 2020), Joel a eu un peu de temps et a suggéré que je vienne chez lui, et si je me souviens bien, on s’est tous les deux dit qu’on pourrait faire quelques morceaux ! Je suppose qu’il était temps de ramener BSOD après une pause de 7 ans.

Quand nous sommes arrivés en studio, on essayait tous les deux de se remémorer « Comment on faisait ça, à l’époque ? » et c’est à la fois une question d’état d’esprit et bien sûr de technique. On a décidé d’essayer de faire les choses comme nous le faisions auparavant, en mode « banging out a tune », c’est-à-dire faire quelque chose sans trop réfléchir et sans trop produire. Je pense que cela se ressent vraiment dans ces morceaux. On a une impression de « live », parce que la musique est faite avec très peu de prises de tête … même aucune en fait ! Les idées qu’on a enregistrées, on les a pratiquement toutes utilisées. Parfois, tu vas changer quelque chose à droite à gauche, pour que ça fonctionne bien sûr, que ce soit dans le son ou dans les notes, mais il y avait un état d’esprit très positif genre « tout peut fonctionner ! », c’est le sentiment le plus libérateur créativement quand vous arrêtez d’être un critique. Tu réalises que ne penser qu’à un bon résultat est facilement réalisable, sans obstacle.


Cet EP t’a-t-il donné envie de recommencer à faire de la musique, personnellement ?

Eh bien, j’ai été content de faire cet EP et j’espère qu’on va se remettre ensemble et en faire d’autres. Mais je n’ai moi-même pas beaucoup d’intérêt à faire de la musique parce que ça prend du temps et que ça me semble un peu égoïste de passer ce temps de ce côté car j’ai l’impression d’avoir un meilleur impact grâce aux outils que je crée et donc de laisser les millions d’autres faire le côté créatif. Je préfère largement collaborer avec quelqu’un d’autre qui gère aussi l’ordinateur, j’ai travaillé dans la musique pendant de nombreuses années comme étant celui derrière l’écran « pour » l’artiste et moi aussi en quelque sorte, mais cela m’apporte également beaucoup de joie de pouvoir juste m’asseoir, écouter, penser, jouer sur un clavier, etc. Au lieu de regarder l’écran.

Passons à Xfer Records maintenant. Quel est ton sentiment préféré entre la création de Serum et son expansion via les paquets de presets et wavetables distribués partout, par tout le monde ?

Pour moi, le sentiment le plus fort est de voir les gens l’utiliser dans la musique, être adopté et recevoir des critiques extrêmement positives, comme avoir profité à des genres de musique qui ont été créés ou revitalisés grâce à Serum.

Te sens-tu dépassé par ta propre création ? Qu’est-ce que Serum a changé dans ta vie personnelle ?

Oui, mais seulement sur la responsabilité quotidienne, et elle est auto-infligée en grande partie en assumant tout le service après-vente. Le logiciel n’a plus beaucoup de bugs ou de problèmes maintenant, donc je ne me sens pas dépassé. A vrai dire, ne plus avoir une seule journée sans un e-mail a été un changement en termes de responsabilité, même pendant le weekend, en vacances, etc. Je n’ai jamais eu auparavant une telle base de clients et le soutien qui vient avec.

Mais Serum m’a aussi donné la liberté financière, j’ai pu me payer une deuxième maison hors de la ville et maintenant je m’en fous pas mal de la ville. J’étais dépendant de Los Angeles pour le business musical en freelance, mais maintenant je ne ressens plus ce besoin d’être physiquement présent. Je ne peux pas dire que j’avais anticipé le COVID-19, mais je suppose que vous pourriez dire que j’ai commencé à me pré-isoler/trouver un espace avec beaucoup de nature autour où je peux me sentir en paix et créatif. Au-delà de l’impact matériel, j’ai maintenant des fonds à investir dans des créations futures et construire des choses qui me dépasseront, ce qui m’enthousiasme.

« des créations futures » ? Un petit indice ?

Pas de commentaire 🙂

Tu as dit, en juin 2018, sur le forum Xfer « Serum ne sera pas sous Linux ». Que penses-tu de la production musicale sous Linux ?

De mon point de vue de développeur, je n’ai aucun intérêt dans la distribution Linux honnêtement. Je ne suis pas un utilisateur de Linux donc je ne veux pas vraiment être dans une posture où je dois supporter diverses distributions. Je soupçonne également les utilisateurs de Linux d’être les plus exigeants et les moins susceptibles d’acheter des logiciels. Je sais aussi que cela ne représente pas 5% des ventes, mais plutôt 1 ou 2% pas plus. Alors, peut-être pour le beau geste mais je veux être là où sont les utilisateurs, et j’ai une marge de manœuvre limitée parce que je n’ai pas une grande connaissance des serveurs et autres. Les gens arrivent quand même à avoir Serum avec quelques astuces et il semble d’ailleurs bien fonctionner sous Linux.

Quel a été l’impact du piratage sur tes profits ?

Je n’ai aucun moyen de le savoir. On pourrait regarder les téléchargements ou l’utilisation, et si on l’avait fait, on aurait vu que le piratage se serait fait la part belle du gâteau et m’aurait laissé les miettes, car le piratage est d’environ 90-95%. Cependant, cela ne reflète pas la réalité, qui est que beaucoup de ces utilisateurs ne sont pas sérieux au sujet de la musique du tout et ne l’auraient jamais payé, et que certains utilisent la version illégale comme une sorte de démo (pour des raisons financières ou autres). Il est impossible de le savoir avec certitude, mais je suis sûr que le piratage a contribué à la popularité de Serum et je suis sûr que cette popularité est rabattue sur les ventes. J’ai aussi reçu un certain respect de la part de certains hackers, en particulier ceux qui ont trouvé mes messages cachés autour de la protection du numéro de série et qui m’ont montré de la bienveillance en proposant des cracks imparfaits. J’ai reçu des messages de ces hackers dans mes mails me montrant des screenshots de mes messages cachés et promettant de ne pas (complètement) craquer Serum. C’était vraiment inattendu et même si je ne m’attends pas à ce que la gentillesse continue car je ne suis plus « juste un développeur solo », au moins, ils savent que je suis très reconnaissant.

Comment cette collaboration avec Splice et Serum en « Rent-To-Own » a-t-elle influencé les ventes ?

L’opération « Rent-To-Own » a été un énorme succès ! C’était le premier logiciel vendu de cette façon à ma connaissance, nous avons vraiment fait un pas en avant. Splice avait fait quelques calculs sur un coin de table et prédit qu’il se vendrait bien, même si je suis sûr que c’est le marketing qu’ils ont apporté qui a vraiment fait la différence, ainsi que leur base d’utilisateurs. Les ventes de plug-ins ont toujours été un commerce de niche, mais les étoiles se sont vraiment alignées sur la musique électronique, Serum, la jeune génération et le « Rent-To-Own« . Ma principale inquiétude était de laisser ce profit se réaliser loin de moi, chez d’autres entreprises et/ou transactions bancaires, mais il s’est avéré que cette opération s’est transformée en une seconde source de revenus pour moi.

En tant qu’ingénieur d’avant-garde, d’où viendra la prochaine révolution technologique ? L’I.A « faible » ?

Le « Game Over » se rapproche pour les musiciens en ce moment, avec l’I.A. Serum est utilisé par les sociétés d’I.A comme source sonore pour la composition automatique de musiques dans le cloud. Les résultats deviennent un peu effrayants avec la musique générée par l’IA.

Je prévois de travailler avec de l’I.A et de l’intégrer de façon créative, je suis toujours fasciné quand je vois le potentiel des choses qui sont actuellement hors de portée et que l’I.A offre une grande partie des solutions aujourd’hui. Je pense que cela peut certainement offrir une révolution créative lorsqu’on l’associe avec d’autres aspects. Mais les gens exagèrent aussi avec l’I.A en même temps, ce n’est pas la solution pour tout et l’art nécessite des humains, ne serait-ce qu’au niveau du codage.

Pourquoi les blogs ne donnent-ils jamais la parole à des professions de l’ombre comme la tienne, des techniciens, des ingénieurs … Qui sont responsables de la renommée des artistes, des festivals, des clubs … ?

Je suppose que la culture veut cela. Je l’ai vécu en tant que DJ, je programmais seul à la maison, puis je vais dans un club et tout d’un coup les gens scandent mon nom. Pourquoi ne chanteraient-ils pas pour moi en temps que programmeur à la maison ? Pourquoi personne n’acclame le gars qui fait un sandwich à l’épicerie ?

Et pour être honnête, j’ai l’impression d’avoir déjà eu beaucoup de reconnaissance pour mes travaux, vous m’avez demandé cette interview par exemple. Je ne cherche vraiment pas plus de reconnaissance, je cherche plus d’impact et je ne suis pas triste à l’idée que peu de gens m’associent [à Serum], tant que l’impact est réel.

Je n’ai pas non plus l’impression d’avoir atteint tout mon potentiel/ma capacité de contribution à la technologie musicale, donc j’ai quelque chose à prouver à nouveau, ce qui va être difficile quand on voit la popularité de Serum. En fait, sa popularité est toujours croissante, mais j’ai mentalement accepté sa popularité donc il n’est plus satisfaisant en soi.

Ne vous y méprenez pas, j’ai travaillé très dur sur Serum. Le concevoir, le designer et exécuter le code a pris des années d’expérience dans différents domaines et des années de travail. Cependant, le progrès continue, et j’ai plus que jamais besoin de proposer de nouvelles idées pour les musiciens à l’avenir.

Guettapen remercie sincèrement Steve pour le temps qu’il nous a accordé. Vous pouvez retrouver tous les plugins Xfer Records (payants et gratuits) sur Splice Plugins.


ENGLISH VERSION

All electronic music producers have been using its plug-in since 2014, being one of the points of origin of the massive democratization of music production in the world. Pro Tools expert support, musician in his spare time, passionate about lines of codes and solar energy, founder of Xfer Records, long-time deadmau5 friend, Steve Duda makes us a considerable honor today by answering our exclusive questions. Without further ado, let’s start !

Hello Steve. First of all, let’s talk about BSOD. What was the process of making this EP, « No Way, Get Real »?

Joel and I are long term friends and the history of BSOD is worth mentioning, we were making various styles of music (pop, indie rock, breakbeat, drum and bass, glitch/IDM) for fun and then decided to try dance music, electro house was popular at the time so we decided to sort of do « our version » of it which was less traditional house and a little more melodic/harmonic and chip tunes inspired. We had instant success with a few #1 releases on Beatport, and then deadmau5 started releasing his version of progressive house which combined with the mau5 head, capapulted him to more or less an overnight rockstar. This put BSOD on the back burner, very much with my blessing as I was very happy to see my friend succeed at such an unexpected level. I started DJ’ing myself and went back to making plug-ins.

So recently (February 2020) Joel had some time off from tour and suggested I come visit, and IIRC we both more or less simultaneously we’re like maybe do some tunes! So I guess it felt like time to bring back BSOD from a 7 year hiatus.

When we got in the studio, we were both like « how did we used to do this? » and that is both a mindset and of course some techniques. We decided to try to do things like we used to, which is partly about « banging out a tune », in other words a mindset in making something without too much thought and over-production put in. I think this really comes across in the music, it makes it in a sense feel « live » because the music is made without much second guessing if any. Ideas recorded are ideas used, essentially. Sometimes you will change something to make it work of course, whether the sound or the notes, but there’s a very positive mindset that anything can work, this is the most freeing feeling creatively when you stop being a critic and more think towards a good result is achievable easily, with no obstacles.

Did this EP make you want to start making music again, personally ?

Well, I was glad to do it and hope we get back together and make some more. I don’t have a lot of interest to make music myself because it takes time, and it feels slightly selfish to spend that time – I feel I have made a better impact through the tools and letting millions of others do the creative side 🙂 I much prefer collaborating with someone else driving the computer, I worked on music for many years as the one driving the computer *for* the artist and I somehow and it brings me a lot of joy to be able to sit, listen, think, play on a keyboard, etc. instead of staring at the screen.

Let’s move to Xfer Records side, now. What is your favorite feeling between creating Serum or seeing its expansion via the presets and wavetables packages distributed everywhere by everyone?

To me the greatest feeling is seeing people use it in music, and being praised and told extreme things like genres of music were created or revitalized because of Serum.

Do you feel overwhelmed by your own creation? 
What did Serum change in your personal life ?

Yes but only on daily responsibility, and that is self-inflicted largely by taking on all support duties. The software doesn’t give a lot of bugs or issues these days, so I don’t feel overwhelmed.

Well, never having a day away from email has been a shift in terms of responsibility on weekends, on vacations, etc. I never previously had this size of a customer base, and the support that comes with it.

But Serum has also given me financial freedom, I was able to afford a second home out of the city, and now I don’t care much for the city at all, I was tied to Los Angeles for freelance music work, but now I don’t feel that need to be physically present. I can’t say I anticipated COVID-19 however it I suppose you could say I began pre-isolating / finding a space with a lot of nature where I can feel at peace and creative. Beyond the material impact, I now also have funds to invest in to future creations and build things larger than myself, which I’m excited about.

You said « future creations and build things larger than myself », can you give us a hint ?

no comment 🙂

You said on June 2018 on the Xfer forum « Serum won’t be on Linux ». What do you think of the music production on Linux ?

From me as developer perspective, I don’t have interest in the support honestly, Im not a Linux user so I don’t really want to be in the place where I’m trying to support various configurations. I also suspect Linux users are the most demanding and least likely to buy software. I also know it doesn’t make up 5% of sales, it’s somewhere closer to 1-2%. So maybe a nice gesture but I want to be where the users are, and I have limited development bandwidth because I don’t have a sophisticated operation with build servers and the like.

And personally, I also don’t know any professional musicians working in Linux so it is one of those things that just feels conceptual or imaginary. Most musicians know that if they are serious they need to be on Windows or MacOS as there are just more tools. Maybe someday I will change that but I have to follow the major companies a little here due to my interest which is serving as many people as possible without getting lost in the support or details.

People do have Serum working seemingly well in Linux however, with a couple hacks.

How did piracy impact your profits ?

I don’t have any way to know this, one could look at downloads or usage and if you did, piracy would look like it eats the whole pie away and leaves me a very thin slice, as piracy is somewhere around 90-95%. However this does not reflect reality which is many of those users are not serious about music at all, many of those users would never pay, and some use the illegal version as a demo of sorts (for financial reasons or otherwise). It’s impossible to know with certainty, but I’m quite sure piracy has boosted popularity for Serum and I’m quite sure that popularity came back eventually with more sales. I’ve also been given some respect by some folks in this underground piracy scene, specifically hackers who have found my hidden messages around my copyprotection and have shown me some kidness making imperfect cracks. I have recieved messages from these ‘crackers’ from anonymous emails showing me my messages back and promising not to (fully) crack it. That was really unexpected and altough I don’t expect that kindness to continue as I am no longer « just a solo developer », well, they know I’m very appreciative.

How did your collaboration with Splice and the « Rent-To-Own » Serum impact yours sells ?

Rent to own has been enormously successful! It was the first software sold in this way to my knowledge, we were really running an experiment in a sense, Splice had done some napkin math and predicted it would do well. While I’m sure the marketing they brought really made a difference, as well as their userbase. Plug-in sales have always been a little niche, but the stars really aligned with electronic music, Serum, the younger generation, and rent-to-own. My main concern was siphoning profit away from myself to other companies and/or bank transactions, but it turned out to me much more like a second revenue stream.

As an avant-garde engineer, where will the next technological revolution come from? « Weak » AI ?

It’s getting close to « game over » for musicians at this point now, in terms of AI and Turing test. Serum is licensed by AI companies as a sound source for auto-composing music in the cloud. The results are getting a little scary good with AI generated music.

I’m planning to work with and integrate AI in creative ways, I’m always excited when I see potential for things which aren’t currently offered and AI offers a lot of that potential today. I think it can offer a creative revolution for sure when coupled with other approaches. But people also overhype AI at the same time, it’s not the solution for everything and art requires humans, even if only at the coding level.

Why does blogs hardly give voice to shadow professions such as yours, technicians, engineers … who are responsible for the renown of artists, of festivals, clubs … ?

I guess worship culture. I experienced it as a DJ, I would program at home alone, and then go to the club and all of a sudden people are chanting my name. Why would they not chant for me at home programming? Why does nobody chant for the guy making a sandwich at the deli?

And to be fair, I feel like I get plenty of recognition for my contributions, you’ve asked me for this interview for instance. I don’t really seek more recognition, I seek more impact and I don’t mind if few connect it to me, as long as the impact is real.

I don’t feel like I’ve met my potential/ability of contribution to music technology quite yet, so I have something to prove again which was difficult in the peak of Serum’s rise to popularity (well, its popularity is in fact still growing, but I have mentally acclimated to the popularity so it is no longer satisfying in of itself).

Don’t get me wrong I worked very hard on Serum, and to conceive, design, execute on it took years of prior experience on different facets, and years of work- however the drum beat of progress continues, and I have added insight now more than ever for what to deliver to musicians in the future!

Guettapen sincerely thanks Steve for the time he gave us. You can find all Xfer Records plugins (paid and free) on Splice Plugins.

Scorch

Scorch
Responsable Techno & Production