Comme chaque année depuis 2018 maintenant, nous prenons en début d’exercice la direction des Etats-Unis pour continuer à vous faire vivre les plus grands festivals de la planète. Après un passage par l’EDC Las Vegas en 2019, on a vite pris l’habitude de se rendre en Floride en mars pour l’Ultra Miami. Nous sommes rapidement tombés amoureux de cette ville hors norme. Tout comme de ce festival emblématique de notre chère scène électronique, qui marque chaque année le coup d’envoi de la saison.
Rendez-vous majeur pour l’ensemble des artistes, c’est souvent là-bas qu’ils y dévoilent toutes leurs nouveautés qui vont rythmer leur année. Cette année était d’ailleurs une édition toute particulière puisque le festival célébrait son 25ème anniversaire ! Nous y étions, on vous raconte notre aventure.

La Miami Music Week en tour de chauffe
Aller à Miami pour faire l’Ultra sans profiter de la Miami Music Week c’est tout à fait possible et déjà une très belle expérience. Aller à Miami pour participer à la MMW sans prendre part au festival, c’est tout à fait possible. Mais ce serait tellement dommage de ne pas profiter des deux pour vivre à fond la vraie expérience Miami !
Car il est là le gros plus de l’Ultra Miami par rapport à de nombreux autres festivals dans le monde : profiter d’une semaine entière où la quasi totalité des artistes sont présents. Pour des shows dans les open air à l’atmosphère industrielle de Wynwood, des soirées dans les clubs branchés de Miami Beach, des pool party dans les plus beaux hôtels de la ville, des afters dans l’énorme Factory Town…
De notre côté, la semaine a démarré au National Hotel pour la pool party « Insterstellar », avec Mathame, Yotto, Innellea et Korolova. Pour avoir testé la plupart des hôtels de Miami en 5 éditions de MMW, on ne saurait que trop vous conseiller le National, qui est pour nous, et de loin, le meilleur pour les pool party. La piscine tout en longueur entre les palmiers est magnifique. La scène de taille moyenne est parfaitement positionnée avec sa fosse les pieds dans le sable. Une entrée en matière parfaite pour la semaine, sous le soleil encore bien présent.
Avant de découvrir un nouvel endroit pour nous le soir avec le Toe Jam Backlot dans le quartier de street art de Wynwood. Pour la soirée… Experts Only de John Summit ! Le lieu est très beau et assez atypique. Mais beaucoup trop petit pour un John Summit ! L’expérience était clairement difficile au début, on aura rarement été aussi serrés dans une fosse. A deux doigts d’abandonner, la fosse a fini par respirer un peu plus au bout d’environ 30 minutes de set. On garde au final un très bon souvenir de la soirée, tant le set de l’américain était excellent.
Un jeudi intense
Mais la vraie journée sportive aura été le jeudi. En résumé, on aura enchainé interview avec HUGEL à South Beach, pool party Defected au Sagamore, pool party Axtone au Nautilus, match de NBA, soirée Purified de Nora En Pure à Jungle Island et soirée Worship à Factory Town. On ne va pas vous cacher qu’on était déjà bien rincés avant le début du festival et qu’on s’est demandé si cette stratégie était la meilleure. Aucun regret cependant tant la journée aura été inoubliable.
On aura notamment découvert le site de Jungle Island, sur une des nombreuses petites îles de la baie… Pour un set délicieux de Nora En Pure. Avant de retrouver l’un de nos lieux favoris de Miami, l’énorme Factory Town et ses 5 soirées en parallèle chaque soir. L’occasion de changer d’ambiance dans l’atmosphère suffocante du Warehouse pour la soirée Drum’n’bass du collectif Worship. Sub Focus nous prend nos derniers points de vie avant qu’on aille profiter du génie Chris Stussy sur la plus grande scène du lieu.

Joyeux anniversaire Ultra Miami !
Avec les genoux qui grincent déjà bien comme il faut, on se lève quand même excités comme jamais le vendredi matin. C’est en effet le jour J pour LA grande fête de la semaine, les 25 ans de l’Ultra Music Festival. D’autant que la programmation nous avait bien mis l’eau à la bouche. On attendait particulièrement Everything Always, le projet en duo de John Summit et Dom Dolla. Mais aussi le grand retour de Skrillex, le closing de Above & Beyond, la performance live de Gesaffelstein, l’intrigant b2b entre Anyma et Solomun… Un line up bien chargé ! Le premier jour, le festival ouvre en milieu d’après-midi. On arrive pas trop tard pour avoir le temps de faire le tour des lieux et voir les évolutions depuis l’an dernier.
Pas de surprise du côté des plus petites scènes, l’Oasis et la UMF Radio n’ont bougé d’un poil. La Live Stage non plus, et c’est normal car elle est présente toute l’année à Bayfront Park et la scénographie s’adapte à chaque artiste. Tout comme la scène The Cove, et c’est tant mieux tant on adore sa structure LED triangulaire et son emplacement idéal avec les buildings de Miami en fond.
La WorldWide est elle toujours posée quasiment sur la route, avec sa forme en demi-cercle emblématique. Exit les structures LED derrière le DJ avec leur forme « évocatrice » (pour rester soft) de l’an dernier. Exit aussi, et c’est dommage, la structure circulaire du plafond qui rajoutait un jeu de lumière intéressant.

Cette fois, ce sont des écrans LED positionnés en forme de soleil qui prennent place derrière la régie DJ. Côté Megastructure, le « tunnel » caractéristique est évidemment toujours là. D’ailleurs, la plupart des gens qui se rendent pour la première fois sur place se font la même remarque : c’est moins grand en vrai que l’impression donnée sur le livestream ! La sensation reste tout de même massive et la structure est toujours agrémentée d’éléments supplémentaires au plafond. Avec notamment des suspensions en prolyte en forme de croix et des écrans LED rectangulaires amovibles.
On termine évidemment par la scène principale, la fameuse MainStage qui divise tant les fans de festivals chaque année ! Il faut dire qu’il y aura toujours deux clans sur ce sujet, qui ne seront jamais d’accord. Les amateurs de décoration à la Tomorrowland. Et ceux qui aiment les structures complètement basées sur des écrans. De notre côté, on a trouvé que c’était une des meilleures scènes depuis de nombreuses années. La scène « Doritos » de l’an dernier donnait un aspect trop éclaté.
Celle de cette année combinait le côté massif habituel, avec un renfoncement derrière le DJ produisant un effet « vortex » sympathique, et de nombreux éléments différents pour de nombreuses possibilités de visuels étonnants. On valide ! Hors des scènes, on note aussi l’ajout d’une statue d’un buste de femme en face de la Live Stage, qui s’illuminait la nuit. Très joli !

Quand le monde entier se donne rendez-vous à Miami
On constate assez rapidement que, comme à son habitude, le festival est plein à craquer. Ce qui fait le succès de l’Ultra, est aussi peut-être son principal inconvénient : son lieu. Bayfront Park offre en effet un cadre unique, en plein centre ville, avec une vue incroyable sur les gratte-ciel illuminés d’un côté et la mer de l’autre. Seulement, ça reste un endroit assez petit pour un festival accueillant autant de monde. C’est par exemple beaucoup plus petit qu’un festival comme Tomorrowland.
Ce qui fait que la circulation est vite assez difficile dans plusieurs endroits, la fosse de la MainStage en premier lieu. Le temps d’attente le premier jour pour rentrer est aussi traditionnellement assez long. Mais pour les agoraphobes, rassurez-vous, il y a toujours moyen de trouver des endroits plus calmes pour se poser et profiter de la musique, ainsi que des sanitaires avec moins de queue. On pense notamment à la butte en face de la MainStage à côté de la UMF Radio. Mais aussi à la Live Stage.

Point positif, les sanitaires, stands de nourriture et bars sont assez bien répartis sur le festival. Et on a toujours réussi à ne quasiment pas faire de queue pour récupérer une boisson. Par contre, pour les non aguerris, accrochez vous avant de voir le prix des consommations. Ce sont des prix très… américains ! Globalement l’Ultra Miami n’est pas une expérience accessible à toutes les bourses, on en a conscience. Entre avion, logement, billet pour le festival et soirées, consommations sur place, comptez facile 2000 euros pour la la semaine.
Le public venu en nombre était en tout cas très chaud pendant les 3 jours. On aura rarement vu une telle ambiance au festival. On a notamment été frappé par l’ambiance même très loin dans la fosse sur le set de Dom Dolla et John Summit. Mais aussi l’énergie du public venu en nombre sur la Live Stage pour Chase & Status et la communion sur Above & Beyond. L’ambiance la plus chaude reste l’incroyable WorldWide Stage et sa programmation très Bass Music. Si vous êtes amateurs de pogos et cassages de nuque, c’est clairement là-bas que ça se passe.

Plusieurs sets inoubliables
Anyma b2b Solomun
Et c’est peu dire que l’on s’est régalé musicalement sur ces 3 jours. Un set nous intriguait beaucoup et on ne savait pas trop quoi en attendre. C’était l’inédit Anyma b2b Solomun. On avait du mal à imaginer le mélange des univers des deux artistes. Au final, ça aura été l’un de nos sets favoris ! On a senti que ça n’avait pas trop pris sur la majorité du public, qui sera réveillé sur le seul visuel Anyma pour « Voices In My Head ». Anyma n’a pas cédé à la facilité et c’est tant mieux.
Le set aura été un petit délice de Tech House non stop. Avec des pointes de Melodic Techno comme la bombe « Where I’m From » de Cassian et SCRIPT ou encore le récent remix d’Anyma sur « Dreamin » de Dom Dolla. Un set donc plus marqué par l’identité de Solomun, mais on a senti une vraie complicité des deux artistes. Et quelle collab’ dévoilée en ID au milieu du set ! Si vous allez à Tomorrowland cet été, ne ratez pas leur performance.

Everything Always
Si on se rend régulièrement à Miami, c’est pour pouvoir profiter d’artistes et de performances qui sortent rarement des Etats-Unis. Et le projet « Everything Always » de John Summit et Dom Dolla en fait partie. Les deux amis assuraient le closing de la MainStage le premier jour. Malgré un son pas toujours assez fort et bien réglé pour le fond de la fosse, le set aura tenu toutes ses promesses. De l’intro très classe avec le logo du duo qui se dessine progressivement au laser, aux plus grands succès de chacun (« Go Back », « San Frandisco », « Rhyme Dust »…). Un set dynamique et à l’énergie continue, une fin en apothéose du premier jour.
Skrillex
Autre performance qui va devenir culte ? Le set de Skrillex évidemment. Quelle claque de sa part pour son grand retour en solo 10 ans après sur la MainStage du festival ! Des IDs dans tous les sens (dont des collab’ incroyables avec Nitepunk et Habstrakt), des sons légendaires (« Bangarang », son remix de « Levels »…), des morceaux ressortis des placards (« Voltage »)… Skrillex a remis le Dubstep à l’honneur, accompagné de plusieurs invités de marque (Flowdan, Damian Marley, Naisha & Young Miko). L’ambiance dans la fosse était électrique (malgré une foule bien trop compacte par endroit…). Un set qui va marquer l’histoire du festival et dont on parlera encore dans plusieurs années.

Du beau monde chez les invités
D’autres artistes auront ramené des invités de marque durant cet Ultra Miami. On pense notamment à Alesso qui nous aura fait le plaisir de faire remonter l’icône Nadia Ali sur scène pour « Rapture » et « Pressure ». Mais LE moment du WE aura évidemment été l’arrivée de Sia et David Guetta sur scène pendant le set d’Afrojack. Le trio en a profité pour interpréter évidemment « Titanium », mais aussi « Beautiful People », la dernière collaboration entre David Guetta et Sia.
Mention spéciale pour la Live Stage
Sur le reste du WE, on aura été scotché sur la Live Stage par les performances de Gesaffelstein et Above & Beyond. Pour le français, c’était la première fois qu’on avait la chance de le voir sur scène. Et quelle baffe ! Son costume noir, les yeux brillants, sa scénographie aussi sobre que travaillée, tout débordait de charisme. Entre « OPR », « Pursuit » et « Viol », ça cognait sec, pour un son aussi pur que puissant. Dans un autre style, Above & Beyond nous ont offert le closing parfait de ces 3 jours, tout en émotion (oui on a versé notre petite larme sur « Thing Called Love »…) et en découverte de leur nouvel album à venir. La tentation était grande d’aller voir l’énorme b2b surprise entre Solomun, Mau P, Four Tet et Chloé Caillet.

Au final on aura tapé du pied sur la UMF Radio pour Sub Zero Project et Da Tweekaz. On se sera cassé la nuque sur NGHTMRE, Kill Safari (aux visuels complètement barrés) et Crankdat sour la WorldWide surchauffée. On aura vibré devant deadmau5 et Pendulum, Kevin De Vries, Nico Moreno, Axwell (semi déception ici sur le milieu de son set, « Freed From Desire » ou « Sandstorm » en 2025 ce n’est plus nécessaire), Mau P, Miss Monique…. Un Ultra Miami complet dans tous les styles !
Le grand retour de la pluie
La météo l’annonçait depuis plus d’une semaine : le dimanche a vu le grand retour de la pluie à l’Ultra. Et elle n’a pas fait semblant ! Pendant plus de 2 heures, ce sont des vraies trombes d’eau qui se sont abattues sur Miami. Qui nous rappelaient tristement notre expérience de l’an dernier, où une bonne partie d’une journée de festival a dû être annulée et la journée suivante retardée… Ne voulant pas revivre ça une deuxième année consécutive, et après une heure à regarder tristement la pluie tomber par la fenêtre, on a quand même pris notre courage à deux mains et on s’est lancé dans les rues de Downtown. On aurait mieux fait de prendre une bouée ! De l’eau jusqu’aux mollets à certains endroits, on a été instantanément trempés de la tête aux pieds.

Le festival a dû fermer ses portes pendant environ 1 heure. Pas uniquement à cause de la pluie, mais surtout en raison de l’orage et la foudre tombée juste à côté de Bayfront Park. Risque zéro, la décision d’évacuer temporairement les lieux était la bonne. On a néanmoins été surpris de voir s’afficher sur les écrans des scènes le message de… l’année dernière. Signe d’une préparation incomplète à la situation. Une fois les portes du festival ouvertes à nouveau, on pénètre dans l’enceinte et on constate les dégâts. Une véritable piscine le long de la WorldWide, un lac devant la MainStage. Même le plafond de la Megastructure a cédé par endroits et une mare se forme en dessous.
On a pu apercevoir des courageux ouvriers harnachés au plafond de la Megastructure tentant de récupérer ce qui pouvait encore l’être. En dessous d’eux, la quasi intégralité du public du festival pour Mau P, la scène étant pendant un temps la seule ouverte du festival. Les organisateurs ont aussi su pomper assez rapidement l’eau qui stagnait à plusieurs endroits. On a en effet eu l’agréable surprise en repartant du set de Mau P de se rendre compte que la piscine de la WorldWide avait déjà disparu.

Un anniversaire humide mais réussi
On a vu plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux dire que le festival devrait changer ses dates. Mais avant ces deux éditions marquées par la pluie, combien se sont déroulées sans une goutte ? On a bon espoir que ce ne soit que de la malchance et que l’édition 2026 se déroule une nouvelle fois sous un soleil radieux. D’autant plus que la pluie de cette année n’a au final en rien gâché la fête. Dans son malheur, le festival a eu la « chance » que cela se produise cette année en début d’après-midi. Quelques malheureux artistes ont vu leur set grandement réduit, on pense notamment à Odd Mob qu’on espère voir reprogrammé l’an prochain. Mais tout comme en 2024, le festival a pu prolonger sa journée et finir 1 heure plus tard.
La fête a repris de plus belle une fois la pluie arrêtée, et l’état de Bayfront Park était tout de même nettement meilleur que l’an dernier. L’avis avait l’air assez unanime : l’expérience n’a en rien été gâchée ! On a de notre côté, en 5 éditions, vécu une de nos meilleures années à Miami. L’ambiance dans le public n’aura jamais été aussi conviviale et énergique, et on repart du festival les oreilles comblées par des sets d’anthologie. Rendez-vous en 2026 !












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