La musique électro dans les usages musicaux des Français

À l’ère du streaming algorithmique et des scènes hybrides, la cinquième édition du baromètre La musique dans la vie des Français (Crédit Mutuel x Verian) confirme un attachement massif à la musique. L’étude révèle aussi des usages en mutation, une écoute multiple et une jeunesse connectée… Où la culture électronique trouve un écho croissant.

Une écoute quotidienne, connectée et curieuse

58 % des Français écoutent de la musique au moins une heure par jour. Cette habitude grimpe à 75 % chez les 16-24 ans. Et il s’agit une tranche d’âge qui représente le cœur de la nouvelle scène électronique et de son public.

Ces jeunes mélomanes, à la fois streamers et diggers, s’illustrent par un goût affirmé pour l’éclectisme. En effet, chaque auditeur cite en moyenne 2,5 styles musicaux préférés. Si la variété française reste le style dominant, les genres comme l’Électro, le Rap ou la Pop émergent nettement dans les playlists des moins de 35 ans.

Baromètre 2025 du Crédit Mutuel et Verian

Streaming, radio, plateformes : une hybridation des usages

La culture club a depuis longtemps migré vers le digital, et les chiffres le confirment. 57 % des Français écoutent via une plateforme de streaming. Et ce, avec une nette progression du payant (32 %, soit presque le double depuis 2021). Chez les 16-24 ans, 65 % disposent d’un compte premium, souvent utilisé pour accéder à des catalogues spécialisés, à des labels indépendants ou à des DJ sets exclusifs.

Spotify domine chez les jeunes suivi de Deezer. Mais YouTube conserve une place clé dans l’électronique underground grâce à ses archives et lives. La radio, toujours n°1 (71 %), reste un outil puissant de découverte, notamment via des formats spécialisés (résidences, podcasts, captations live). La diversité des canaux – radio, TV, streaming, live – renforce une écoute décloisonnée, typique de la scène électronique.

Image représentant le baromètre 2025 par le Crédit Mutuel et Verian
Baromètre 2025 par le Crédit Mutuel et Verian

Pratique musicale : une génération connectée à la création

Un Français sur quatre a déjà pratiqué un instrument, et cette proportion monte à près de 50 % chez les moins de 35 ans. Chez ces jeunes musiciens, la part d’autodidactes est remarquable (41 %), confirmant l’ancrage d’une culture DIY (Do It Yourself) chère à la sphère électronique. MAO, contrôleurs MIDI, logiciels de production : autant d’outils qui prolongent la tradition du home-studio et des bedroom producers.

Le baromètre souligne également que 25 % des Français ont pratiqué le chant, souvent en parallèle d’une activité instrumentale. Ces données renforcent l’idée d’un public non seulement auditeur, mais aussi acteur de la création musicale, particulièrement dans les esthétiques électroniques.

Live & clubs : une passion freinée par l’inflation

Concerts, clubs, festivals : 46 % des Français prévoient d’assister à au moins un événement live en 2025. Néanmoins, la fréquentation baisse légèrement chez les moins de 35 ans, principalement pour raisons budgétaires. Si 48 % d’entre eux envisagent d’aller en festival (contre 56 % en 2024), l’intention reste supérieure à celle observée en 2023. Le coût reste le principal frein (31 %), ce qui interpelle dans un secteur où la billetterie devient souvent inaccessible pour les jeunes publics.

Les motivations diffèrent selon les formats : les concerts séduisent par leur dimension artistique (54 % veulent voir un artiste précis), tandis que les festivals sont plébiscités pour leur ambiance (53 %), surtout chez les 16-24 ans. La musique électronique, omniprésente dans les programmations de festivals généralistes et spécialisés, reste donc au cœur de ces dynamiques.

Image représentant le baromètre 2025 par le Crédit Mutuel et Verian
Baromètre 2025 par le Crédit Mutuel et Verian

Patrimoine musical & ancrage territorial : l’électronique aussi

Un tiers des Français a assisté à un événement mettant en valeur le patrimoine musical régional. Si le patrimoine traditionnel reste central, la scène électronique locale s’installe progressivement comme vecteur identitaire. Labels régionaux, collectifs électros, rave culture : ces expressions contemporaines participent elles aussi à une richesse musicale territoriale souvent ignorée malheureusement par les grands baromètres culturels.

Le collectif Toulousain Plein Phare par Julien Gloria

Conclusion

La musique électronique s’impose en filigrane dans les pratiques musicales des Français, particulièrement chez les jeunes générations. Entre pratiques numériques avancées, goût pour l’éclectisme, attachement au live et culture du DIY, elle confirme son rôle moteur dans la transformation des usages musicaux. À l’heure où le paysage culturel se recompose, le prisme électronique reste plus que jamais un indicateur pertinent des tendances à venir.

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