On entend de plus en plus de monde affirmer que le Hardstyle se meurt petit à petit, voire même, que c’est la fin. Pourtant, à nos yeux, la scène Hardstyle est certainement l’une des plus riches à l’heure actuelle. Peut-être pas la plus populaire (et encore, on y reviendra) mais certainement l’une des scènes qui évoluent le plus rapidement. Pour vous prouver que le Hardstyle n’est pas mort, nous allons aborder ici plusieurs sujets, comme les différents styles, différents événements, l’âge du public qui évolue et forcément, de la Hard Music en elle-même.
Un style en constante évolution

Le Hardstyle (et la Hard Music en général) est un style en constante évolution. Depuis de nombreuses années, tout comme d’autres styles de musique, le Hardstyle voit sa musique évoluer. En effet, la Hard Music en 2025 n’a rien à voir avec celle de 2010. Ici rien de nouveau, tout comme la Big Room, la Techno ou encore la Trance, le style se transforme avec de nouvelles sonorités. Et c’est justement à cause de cette évolution que certaines personnes se plaisent à mettre à mort ce si beau genre musical.
Depuis quelques années donc, le Hardstyle se scinde petit à petit entre deux sous-genres bien distincts. Le Hardstyle ‘classique‘ et la Raw Hardstyle. Bien qu’attention, il existe quand même énormément de tracks qui reprennent les deux sous-genres, tout comme d’autres. Mais on en parlera aussi un peu plus tard.
Le Hardstyle (et l’Euphorique)

Le Hardstyle reprend des sonorités légères avec des mélodies prenantes et planantes. On va prioriser une mélodie et/ou une voix puissante, le tout sur des accords propres au sous-genre. Les kicks caractéristiques du Hardstyle sont ici plus légers et accompagnent la mélodie dans les drops. On peut quasiment dire que les débuts du Hardstyle ont toujours été dans cette branche. On pouvait retrouver des Davide Sonar, Tantanka, Zany, The Nasty Boyz ou encore TnT. Plus tard, c’est bien entendu des artistes comme Headhunterz, Wildstylez ou bien Noisecontrollers qui ont pris le relais.
Raw Hardstyle

La Raw est quant à elle un style plus sombre du Hardstyle. Ici, on sélectionne un kick bien plus distordu et saturé. On ne cherche plus à faire voyager le public, mais à l’amener dans une ambiance bien plus ténébreuse. Les ‘screeches’ sont des éléments que l’on retrouve dans la majorité des compositions Raw. Ils sont une sorte de bruit aigu, présent dans la plupart des drops. La Raw a maintenant quelques années, on peut raisonnablement dire que la première track a vraiment faire propulser le genre est ‘Seven‘ de E-Force ou encore ‘FTP‘ de Warface. Des artistes comme Titan, Regain, Alpha² ou encore Zatox en sont les précurseurs. Aujourd’hui, on retrouve Warface, Rebelion ou bien D-Sturb aux commandes du genre.
Les deux styles cohabitent donc depuis plus d’une dizaine d’années sans trop de problème, mais depuis quelque années, on voit l’avènement d’un style encore plus violent que la Raw, l’Xtra Raw. C’est ce style-là qui vient bouleverser le petit monde de la Hard Music. Pour résumer rapidement, l’Xtra Raw c’est une version encore plus poussée dans la démesure que la Raw. Ici, les breaks, pourtant caractéristique des musiques Hardstyle avec des mélodies plus ou moins violentes, sont presque exclues. Tout se concentre sur les drops avec des kicks toujours plus gras et saturés. Et forcément, qui dit nouveau style à la mode, dit évolution des genres
Une métamorphose des genres

La Hard Music est présente sur la scène musicale depuis très longtemps maintenant. Avec l’arrivée du Gabber dans les années 90, bons nombres de générations ont dansé sur des musiques devenues intemporelles. Il est difficile de dire de quand date la création du Hardstyle, mais pour beaucoup le genre est né au début des années 2000 avec The Prophet. Et forcément, entre ce moment et 2025, les gens et les mœurs évoluent. Et lorsqu’on commence à découvrir les événements avec un genre particulier, on s’y créé des attaches et les souvenirs que l’on a de nos premiers concerts/festivals restent inoubliables.
C’est ce qui s’est passé pour beaucoup d’auditeurs qui ont découvert le Hardstyle à son début. Rien qu’entre les débuts du Hardstyle, et les années 2008 – 2010 avec les années Headhunterz, une première évolution a eu lieu. Les personnes qui ont apprécié les premiers Qlimax au début des années 2000 avec des artistes comme Pavo, Luna ou encore The Prophet avaient déjà dû se réadapter 10 ans plus tard. Même si la Hard Music n’était pas encore aussi populaire qu’à l’heure actuelle (de même qu’internet), on pouvait déjà percevoir un premier agacement de l’évolution de la Hard Music. En effet, un Luna en 2001 était très différent d’un Headhunterz en 2010. Le morcellement (bien que léger à ce moment-là) de la communauté Hardstyle était lancé.
Les années phares du Hardstyle

Il est difficile de parler de Hardstyle sans évoquer les années 2008 – 2012. Le style a vraiment émergé pendant ces années-là et est devenu en grande partie ce qu’il est aujourd’hui. Avec l’éclosion des talents comme Headhunterz, Noisecontrollers ou encore Psyko Punk. On peut vraiment parler d’années phares du genre, où la grande partie des fans actuels sont arrivés. En plus de la musique qui devenait de plus en plus populaire, les festivals et les événements l’étaient tout autant. Bien que Defqon.1 ou encore Decibel Outdoor étaient déjà sur pied depuis près d’une dizaine d’années, c’est bien à cette période-là que plusieurs gros événements ont commencé à acquérir leurs lettres de noblesse.
Plusieurs monuments de la Hard Music sont apparus à ce moment-là, des tracks légendaires que l’on écoute encore aujourd’hui. On ne va pas tous les citer, mais pour ceux au fond de la classe, on retrouve ‘Lost In Paradise‘ de Max Enforcer, ‘Dragonborn‘ de Headhunterz ou encore la très bonne ‘Year Of Summer‘ de Wildstylez. Et déjà, malgré les monuments que sont devenus ces tracks, les puristes, ceux qui avaient apprécié les premières mélodies du Hardstyle, pouvaient trouver cela mainstream.
La période ‘EDM’ et le Hardstyle

La période des années de gloire du Hardstyle correspondent aux années où ‘l’EDM’ est apparu. Alors oui, le terme EDM est très générique, et ici, on va surtout l’utiliser pour parler des années big room et compagnie, entre 2012 et 2016. On a pu voir de nombreux DJ superstars à cette époque jouer du Hardstyle. L’exemple le plus concret est bien entendu Hardwell. Le Hollandais a utilisé de nombreux morceaux Hard Music à la fin de ses sets et de très grands noms comme Headhunterz se sont même amusés à remixer des classiques comme ‘Spaceman‘. Autre gros nom, les décriés frères Belges Dimitri Vegas & Like Mike. Friands de tout ce qui marche, ils étaient logique de les voir se mettre aussi à la Hard Music. Et leur crossover avec Coone et Lil Jon sur la très bonne ‘Madness‘ avait fait beaucoup de bruit à l’époque.
Outre les différentes collaborations avec des DJ dit ‘EDM’, ce sont également plusieurs grosses têtes d’affiche du milieu qui ont tout simplement switch de genre. Et ça, messieurs dames, on peut vous dire que ça a fait couler de l’encre à cette époque ! Les gens se rappellent moins du switch de Showtek, légende du Hardstyle avec probablement l’un des titres les plus iconiques du moment, ‘FTS‘, encore joué aujourd’hui (et on en reparlera).
Mais celui qui aura probablement le plus marqué, c’est bien l’annonce de Headhunterz (légende de la Hard Music et alors au sommet du game) qui a choisi de se tourner justement vers l’EDM. L’annonce avait créé un énorme choc dans le petit monde la Hard Music, la star du moment s’envole vers de nouveaux horizons, sûrement car sa notoriété et ses revenus lui permettaient d’accéder à davantage de booking, là où la Hard Music était bien plus niche qu’aujourd’hui.
L’avènement de la Hard Music

Depuis quelques années maintenant, on peut assurément affirmer que la Hard Music est devenue l’un des piliers de la musique électronique. Genre encore trop méconnu et surtout décrié il y a une 10aine d’années, elle a su s’imposer aujourd’hui, motivée par des artistes qui ont explosé, que ce soit en Hardstyle ou en Hardcore. Le genre est désormais plus que renommé et affiche régulièrement des soirées et festivals sold out. Les festivals type Defqon.1, Decibel outdoor ou Reverze sont reconnus à travers le monde entier et sont complets chaque année. Aujourd’hui, les superstars des années 2010 sont encore présentes pour une bonne partie, mais pas toutes. Car oui, tout comme en 2003, ou encore 2012, les goûts, les évolutions de la production musicale, et le public ont changé. Aujourd’hui, l’Xtra Raw, et même la Raw ont pris une large part de la demande en Hardstyle.

Le débat Hard Techno
Autre nouveauté, et peut-être celle qui fait le plus grincer les dents des puristes, la Hard Techno. Ce vilain genre devenu l’un des plus populaires du moment (LE plus populaire ?) assomme tout sur son passage depuis les années Covid. Forcément, quand un style dérivé de la Techno arrive sur les terres du 150 BPM, le Hardstyle n’est pas loin.
Aujourd’hui, une personne nouvellement arrivée pourra très aisémement confondre les deux styles. Et ça, ça ne plaît pas à nos superfans de Headhunterz & co. Pourtant, les styles n’ont jamais été aussi proches que maintenant. Le tube des Showtek ‘FTS‘ est joué à tour de bras dans n’importe quelle soirée Hard Techno (de nombreux remix ont d’ailleurs vu le jour, preuve de la popularité du titre !), les featurings entre les artistes explosent, et même les B2B se font de plus en plus courants. On peut par exemple noter le B2B alléchant entre la légende Zatox et Holy Priest à So W’Happy 2025.
Alors, pourquoi le Hardstyle est mort ?

Les artistes n’ont jamais eu autant de streams sur les plateformes musicales, les festivals de musique n’ont jamais aussi bien marché (sauf Q-Dance, mais c’est une autre histoire) et les gens n’ont jamais écouté autant de Hard Music qu’aujourd’hui. Et pourtant malgré tout ça, le Hardstyle selon les puristes est mort. Mais pourquoi?
Pourquoi aujourd’hui, une partie de la population fan de Hardstyle crie haut et fort que le genre qu’ils ont tant aimé s’est éteint ? Et si finalement le Hardstyle n’était pas mort, mais qu’il évoluait simplement ? Comme avant les années phares avec des artistes type Headhunterz qui ont révolutionné le genre. Ou encore comme la période EDM et des artistes comme Hardwell qui ont fait jaser un tas de personnes sur Internet. Aujourd’hui, ce n’est plus Headhunterz la superstar du Hardtsyle, mais bien des artistes comme Rebelion, Sub Zero project, et plus récemment, Dual Damage.

Non le Hardstyle n’est pas mort. Il évolue comme tant d’autres styles de musique avant lui. Il évolue en s’adaptant comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, le Hardstyle n’a jamais été aussi populaire. Et c’est grâce à son évolution. Cette même évolution qui nous a permis un jour de tomber sur une track obscure qui était pourtant si connue par d’autres personnes, mais inconnue pour nous. Cette même évolution qui, par exemple, en 2010 nous a permis de découvrir des événements que l’on côtoie aujourd’hui chaque année. Aujourd’hui, c’est au tour d’une nouvelle population qui va découvrir des artistes légendaires grâce à cette évolution du style et ce fameux crossover Hard techno / Hard Music.
Et finalement, ne serait-ce pas la meilleure période ?

De plus, les événements invitant et jouant des classiques du Hardstyle n’ont jamais été aussi populaires. Chaque festival ou presque possède sa propre scène ‘Classic‘, pas d’excuse donc pour ne pas continuer à fréquenter vos événements favoris. Oui, la Raw a pris une énorme part au Hardstyle plus mélodieux, et alors ? Tout comme les scènes plus classiques, les scènes et événements ‘Euphorique‘ prolifèrent pour notre plus grand plaisir. Et c’est cette diversité qui fait que la Hard Music et du Hardstyle sont des piliers du genre aujourd’hui. Et notre petit doigt nous dit d’ailleurs que la Hard Techno va vite se faire absorber par le Hardstyle. On le voit arriver sur de nombreuses scènes de festival comme l’immense Defqon.1. Tout comme nos artistes favoris qui débarquent sur des événement Hard Techno.
Nous n’avons jamais eu autant d’artistes qui vivent de la Hard Musique qu’aujourd’hui. Jamais eu autant d’événements à travers le monde. Même la France qui était en retard il y a une 10aine d’annése propose de grosses soirées chaque semaine. Fan d’Euphorique ? Il y a un tas d’artistes qui poussent la chose de manière incroyable comme la légende Brennan Heart ou encore Jay Reeve. Plutôt Classic ? Le « Vroeger » est l’un des événements les plus attendus du moment. Xtra Raw ? Les événements Gearbox ou encore Rebellion sont pour vous. Et pour ceux qui insulteraient la Hard Techno, pourquoi ? Pourquoi ne pas plus plutôt en profiter pour découvrir de nouvelles sonorités, de nouvelles idées et bien plus encore ?











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