Cette date était attendue depuis près d’un an et demi. En novembre 2023 plus précisément, DJ Snake annonçait un show pour le 10 mai 2025 au Stade de France, la plus grande enceinte française. Il s’agissait évidemment du plus gros show solo de la carrière du Français.
Ce 10 mai 2025 a donc marqué un tournant dans l’histoire de la musique en France, puisque DJ Snake est devenu le premier artiste électro à remplir le Stade de France en solo et ainsi réunir près de 80 000 personnes. Il y a plus de 15 ans, la musique électronique avait déjà réussi à remplir le Stade de France, grâce aux éditions ‘Unighted by Cathy Guetta’ qui réunissaient des artistes comme David Guetta, Carl Cox, Tiësto ou encore la Swedish House Mafia. Mais depuis, plus rien.

Mais ce n’est pas tout ! Après le Stade de France, DJ Snake a également rempli l’Accor Arena et ses 20 000 personnes de capacité, à l’occasion de l’afterparty pour les plus valeureux. C’est donc près de 100 000 personnes qui se sont déplacées pour les deux shows, soit l’une des plus grosses journées de l’histoire de la musique électronique en France (aux côtés de dates comme Jean-Michel Jarre devant la Défense pour le 14 juillet 1990 réunissant 2,5 millions de personnes). Retour sur cette date que la jeunesse française attendait avec impatience !
Une dernière date en solo sur Paris pour DJ Snake
Sans brûler les étapes, il était assez évident pour DJ Snake de boucler la boucle à Paris avec le Stade de France. Depuis 2016, le français a gravi les étapes une à une. Olympia, Zénith, Accor Arena, Paris La Défense Arena, le Parc des Princes, pour terminer avec le mastodonte français : le Stade de France. Un pari qui pouvait paraître fou mais finalement sold out en quelques minutes seulement : une très belle performance. Et DJ Snake l’a annoncé : le Stade de France sera probablement sa dernière date solo à Paris car il n’y a tout simplement pas plus gros.
Ce sont donc 80 000 personnes qui sont arrivées aux abords du Stade de France en fin d’après-midi pour accéder à l’enceinte de toutes les convoitises. À noter que les tarifs du show étaient tout à fait accessibles voire peu chers en comparaison aux autres artistes qui réussissent à remplir un Stade de France. Rares sont les shows dans l’enceinte parisienne qui proposent des prix à 60 euros en fosse… Et rien que pour cela, chapeau à DJ Snake et à son équipe de pouvoir proposer des prix aussi abordables.
Des mastodontes en première partie
Et pour un show aussi important, des premières parties d’exception étaient attendues. Les 80 000 personnes ont donc eu la chance de découvrir les sets de Madeon, suivi de la légende Tiësto. Soutenu depuis de nombreuses années par DJ Snake, le Français Madeon n’a pas caché son émotion de pouvoir jouer au Stade de France. Il a dévoilé un set mêlant ses hits et les classiques de la French Touch. Un vrai plaisir d’avoir pu retrouver Madeon en France!

S’en est donc suivi l’un des artistes électro les plus connus de la planète : Tiësto. Véritable icône de la musique électronique depuis plus de 30 ans, Tîësto a lui dévoilé un set entre Big Room, Trance et House. Une première partie qui ne restera pas dans les annales mais qui aura eu le mérite de chauffer le Stade comme il se doit. Maintenant, place à la star de la soirée !

Une production à la française
Pour la production des shows de DJ Snake, désormais, il faut compter sur Romain Pissenem. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Français est un grand monsieur dans le monde de la musique électronique, puisqu’il n’est autre que le patron de High Scream, la société de production qui gère les shows de l’Ushuaïa, du Hï Ibiza et de UNVRS Ibiza… Mais aussi des shows de David Guetta, FISHER, Black Coffee ou Amelie Lens et Charlotte de Witte!
Alors que le Parc des Princes a eu droit à une scène centrale, le Stade de France de DJ Snake a hérité d’une scène en fond de stade. On y retrouvait un énorme écran LED façon Afterlife, avec la particularité de se poursuivre sur le sol au niveau de l’artiste.
Alors, aurait-il fallu une scène centrale ou non ? Les avis divergent, mais les obligations liées à la production ont surement étaient décisives dans le choix de l’emplacement de la stage. Personnellement, nous avons apprécié la scénographie sans le côté ‘WAOUH’ que nous avions eu avec l’impressionnant cube LED géant modélisant l’Arc de Triomphe à La Défense Arena.
En revanche, énorme bravo pour la gestion des lights tout simplement exceptionnelle tout au long du show. Et on ne parle même pas de la pyrotechnie qui a juste régalé : des flammes dans tous les sens et de très nombreux feux d’artifice au-dessus du stade. Un pur kiff !

… avec un petit bémol!
Mais l’une de nos véritables déceptions personnelles de ce show aura été la qualité du son… Autant pendant Madeon et Tiësto, nous avions l’impression que le son était totalement à la hauteur des attentes, autant sur DJ Snake, en fosse, le son nous paraissait sans basse, ni sub et surtout beaucoup trop faible. On s’entendait parler sans aucune difficulté, même proche de la scène. Plusieurs personnes nous ont évoqué le même problème dans d’autres endroits de la fosse, en revanche beaucoup moins de problèmes de son en gradins.
Des invités à gogo
Les guests : le nerf de la guerre lors d’énormes shows comme celui-ci. Pour rappel, la date au Parc des Princes en 2022 avait mis la barre très haut avec ni plus qui moins que la présence de David Guetta, Stromae, Cheb Khaled, Omar Sy ou encore Malaa. Soyons honnêtes : difficile de faire mieux, sauf si vous réussissez à ramener les superstars américaines que DJ Snake a l’habitude d’accueillir sur ses différents titres. Parmi les nombreux Tiktok que l’on pouvait voir sur le sujet, les fans espéraient Selena Gomez, Justin Bieber ou encore Osuna.

Malheureusement pour eux, pas d’énormes stars américaines… Mais des artistes beaucoup plus proches de l’univers de DJ Snake. Parmi les guests venus performer, on a retrouvé la légende Rim K du 113, Kool Shen (NTM), Dillon Francis pour jouer ensemble la mythique ‘Get Low’. Mais aussi le talentueux producteur de Bass Music Space Laces pour dévoiler le nouveau titre du mur de la mort ou encore Bipolar Sunshine pour jouer et chanter ensemble ‘Middle’ ainsi que leur nouvelle collaboration, une reprise d’un classique de Phil Collins.
Alors oui, nous avons lu vos commentaires nombreux sur votre déception liée au manque de gros guests. Mais cette fois-ci, en toute cohérence, DJ Snake a misé sur des invités qui lui ressemblent et qui collent à son univers.
Le set de DJ Snake : des hauts et des bas

L’univers musical de DJ Snake a toujours été complexe. Il est un artiste qui touche à tout : il aime autant produire et jouer des sons Trap et Dubstep que des titres Pop et Latino. Dans sa discographie, on découvre des titres ultra calmes et posés, comme des découpages de membres façon ‘Propaganda’. Alors l’équilibre est toujours difficile à trouver lorsqu’il s’agit de construire un set de 2h30.
Dans son set au Stade de France, DJ Snake a évidemment joué ses innombrables tubes que sont ‘Lean On, ‘Let Me Love You’ ou encore ‘Middle’ – devenus des classiques à travers les années et que toute la foule chantaient à tue tête. Mais aussi ses titres ultra violents et qui font également partie de son ADN, comme le mur de la mort par exemple.

Durant ce show, nous avons personnellement trouvé que son set était un poil plus décousu que celui du Parc des Princes, avec beaucoup de hauts et des bas malgré une alternance entre bangers Trap/Dubstep/Hard Techno et tubes radio. Nous avons eu l’impression que l’ambiance était vraiment redescendue à certains moments du set. Beau moment de communion en revanche sur le titre de Céline Dion, chanté par la quasi totalité du stade. Il ne manquait plus qu’elle !
Ajoutez à cela ses fameuses prises de micro lui donnant un côté proche de son public, mais qui viennent forcement casser le rythme du set. Cependant, dans un tel moment de communion et de joie, difficile de lui reprocher de vouloir partager son bonheur. Instant très émouvant d’ailleurs lors du discours de fin, nous sentions son émotion et on devinait quelques larmes derrière ses incontournables lunettes.
Un nouvel album en approche

Pour terminer son show, le Français a également annoncé l’arrivée le 5 septembre prochain de son nouvel album intitulé ‘Nomad’. D’ailleurs, le premier titre de cet album, qui n’est autre que sa nouvelle collaboration avec Bipolar Sunshine (la reprise de Phil Collins), sortira cette semaine. Il s’agira de son troisième album studio après ‘Encore’ sorti en 2016 et ‘Carte Blanche’ sorti en 2019. Il arrive avec un peu de retard, prévu pour 2024 à la base.
Une afterparty d’anthologie

Si vous n’en aviez pas eu assez au Stade de France, l’Accor Arena vous accueillait jusqu’à 6h du matin pour vous finir comme il se doit. Et on peut le dire : cette afterparty était une véritable tuerie. Toujours sous la direction de Romain Pissenem en ce qui concerne la production, on y a découvert une scène centrale avec une base de lumières juste au dessus de la scène. Un show tout simplement excellent !

Et que dire des sets proposés. Arrivés pour Boys Noize, nous nous sommes régalés du début à la fin. L’enchainement Boys Noize, DJ Snake en mode beaucoup plus dark qu’au Stade de France (évidemment), Dillon Francis en B2B avec Flossstradamus ou encore The Outlaw (l’alias de DJ Snake) en B2B avec Trym (nous sommes partis après), il n’y avait rien à jeter. Une ambiance musicale bien plus pointue et un public bien plus connaisseur qu’au Stade de France y ont beaucoup contribué.
Allez si on devait évoquer un petit bémol, c’est l’absence de femmes sur la programmation des deux shows, avec pourtant 11 artistes de prévus. Dommage !
Un moment de l’Histoire a été écrit

Quelle soirée quand même ! Avec des artistes comme David Guetta ou Justice, DJ Snake est l’un des seuls DJs français à réussir à autant fédérer autour d’un projet de musique électronique. Alors, on ne va pas vous cacher que l’on a quand même largement préféré son show au Parc des Princes… Mais voir la musique que l’on affectionne tant, autant être mise en lumière, de cette façon, et attirer autant de monde… C’est un plaisir que l’on ne va clairement pas bouder!
Ce double show d’à peu près 100 000 personnes est un véritable accomplissement pour DJ Snake, le fruit d’un long travail des équipes du DJ français qu’il faut également saluer! De Julie sa manageuse, aux équipes techniques de High Scream, en passant par sa team audiovisuelle et graphique, et bien d’autres qu’on oublie sûrement. Ils ont tous participé, à leur manière, à la réalisation de quelque chose de grand et d’une mise en valeur de la musique qu’on aime tellement. DJ Snake a une nouvelle fois prouvé que la musique électronique a bel et bien une place de choix dans la sphère musicale française. La suite ? L’avenir nous le dira mais on le sait DJ Snake aime faire ce qui n’a encore jamais été fait.
Photos : S.Camelot











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