Quasi 3 ans jour pour jour après Surrender, leur dernier album, les RÜFÜS DU SOL signent un comeback remarqué avec « Inhale/Exhale », leur 5ème album. Longuement teasé, avec la sortie remarquée de certains singles, on est ravi de pouvoir poser nos oreilles dessus. 15 morceaux vont donc rythmer la lecture de cette review. On vous invite fortement à les écouter dans l’ordre ! Spoiler alert : on a adoré !
L’oxygénation avec une belle inspiration
L’album s’ouvre sur Inhale, une intro simple de moins de deux minutes. L’instrumentale, rappelant fortement l’intro de leur live Joshua Tree, commence sur une belle inspiration de Tyrone Lindqvist, qui prend le micro. Nous voilà à nouveau plongés dans cet aspect très live, avec un hymne à l’optimisme (« You Give Me My Brighter Days« ). Un sample de changement de fréquence radio met fin à cette jolie introduction.
La place est ensuite laissée à Lately, l’un des titres déjà sortis dans le cadre de la promotion de l’album. Le morceau est un showcase de ce que fait de mieux le trio : une production puissante, avec un parfait équilibre entre House et Indie Dance. Portée par la sublime voix de Tyrone Lindqvist, Lately évoque la recherche de soi dans la quête de l’amour, le tout avec une poésie rare. Mention spéciale au clip, réalisé par Alex George, qui comporte de sacrées influences Depeche Mode.
Survient ensuite Breathe, et on ne va pas vous mentir : après quelques écoutes, on tient sûrement notre titre préféré de l’album. La production correspond bien au titre, tant Breathe oxygène le morceau. Le phrasé est ici hypnotique, tout en faisant allusion aux éléments (feu, air, eau). Le tout donne un morceau ultra bien ficelé, très puissant sur son drop, et superbement mélodique. Lorsqu’on s’intéresse aux crédits, on décèle la présence de la désormais superstar de l’écurie Afterlife Cassian, proche de toujours du trio, tant amicalement que musicalement. Bref, Breathe est un immense banger.
On passe ensuite à un autre morceau sorti pour la promotion de l’album, et pas n’importe lequel : Music Is Better ! Il s’agit en effet du premier titre via lequel les RÜFÜS DU SOL ont communiqué autour de leur 5ème album. Une véritable ballade Pop/Indie Dance, que l’on qualifie chez Guettapen de beaucoup moins club mais d’assurément radio compatible. Le titre constitue un véritable hommage des vainqueurs des Grammy Awards en 2022 à leur métier, et on le ressent. Le morceau est chaleureux, différent de ce qu’ils ont fait auparavant.
Levitating, prenant la suite, instaure immédiatement une atmosphère complètement différente. Lourds strings, gimmicks vocaux de chœurs boostés au reverb : le titre suspend le temps. On est encore dans de la puissance, mais pas au sens du club. On tient là un OMNI (objet musical non identifié) légèrement Pop & downtempo, qui porte encore une fois la patte du trio et de Cassian.
3ème morceau utilisé par la bande australienne dans le cadre de la publicité de la sortie de l’album, Break My Love est tout simplement un hit. Nul besoin d’en dire plus : on retrouve non seulement le signature sound très texturé des RÜFÜS DU SOL, mais également un morceau terriblement efficace tant en radio qu’en concert, club ou festival. L’amour demeure le thème principal des paroles chantées par Lundqvist, qui promet que ses sentiments demeurent solides pour l’être aimé, tout en ne s’inquiétant pas de la réciprocité, ou bien du retour de ce dernier à ses côtés. Vous vous surprendrez à fredonner Break My Love sous peu, croyez nous !
Le lâcher prise au moyen d’une belle expiration
In The Moment se lance, et tout de suite, On My Knees se rappelle à nous. Les morceaux semblent être frères ! Le titre se révèle être une petite pépite Progressive House/Indie Dance, à la recette maîtrisée. Le chœur présent dans Levitating revient lors du break avant le second drop, répétant sans cesse que ce moment est le seul important à ses yeux. Se déverse alors sur nous une superbe phase de l’album, qui nous fait planer.
Le trio se pose ensuite légèrement, avec un interlude dénommé New York. Cette ballade électronique mélancolique évoque cette nostalgie des moments passés que l’on se remémore, collé à la vitre d’un taxi sur le chemin du retour. Le tout, alors qu’il pleut et que les lumières de la ville subissent le phénomène de diffraction de l’eau. Le chœur, qui fredonne I See The Light In Your Eyes à partir de 2:35 provoque ainsi un petit chatouillement du nez. Et voilà que quelques larmes débordent. On ne s’attendait pas à avoir un morceau si fort émotionnellement, alors qu’il n’emploie aucun artifice particulier : la simplicité est ici maîtresse.

On passe alors à The Life, un morceau breakbeat qui encore une fois célèbre la vie, et l’essence même d’être vivant. Le trio l’affirme : rien dans le monde ne pourrait les briser. Le titre est fédérateur, très joyeux et surtout rudement bien produit. Il ne nous a pas conquis plus que ça, compte tenu des pépites qui l’ont précédé, mais passer à côté serait un délit. Gageons qu’il saura trouver sa place dans nos cœurs après quelques écoutes supplémentaires.
Pressure revêt également son meilleur habit de radio weapon. Le gimmick vocal (Break Me Down) fait monter en puissance le morceau, et Tyrone Lindqvist exhibe sa résistance à la pression. Le drop est juste sublime : exit le morceau entièrement électronique, on a affaire à une composition aux influences rock/new wave affirmées, rappelant encore une fois Depeche Mode. Le clip ne s’en cache d’ailleurs pas … La basse et la batterie sont juste maîtrisées à la perfection et dirigent le reste du titre. Gros, gros banger !
Fire/Desire renoue avec les influences breakbeat et offre un répit mérité après le colossal Pressure. Le mood est désormais plus deep, plus maîtrisé. C’est ce que l’on pensait : si la première partie du morceau est effectivement de cet acabit, la seconde partie laisse entrevoir une progression crescendo des plus appréciables, avec un final uplifting à souhait.

On lance suite Edge of The Earth, une véritable déclaration d’amour à l’accomplissement des rêves. Côté composition, on note un retour à des influences plus anciennes du côté de leur album Solace. Le titre est résolument Progressive House, et rappelle fortement l’ambiance insufflée par Jon George et James Hunt, les deux autres membres du trio, lors des DJ sets qu’ils jouent sous RÜFÜS DU SOL. Edge of The Earth est dansant, il est puissant … le morceau est un incontournable de l’album.
Standing at the Gate et Belong amorcent la fin de l’album, avec des productions empreintes de mélancolie. Si l’on trouve le premier morceau légèrement mou, le second est une petite pépite, dont les quelques éléments de production respirent le perfectionnisme. Ces riffs de guitare … Impossible de décrire l’effet qu’ils ont sur nous. On sent l’album proche de la fin, proche de sa dernière expiration…
C’est chose faite avec Exhale : la composition est minimaliste, mais chaque élément a été soigneusement choisi. Chaque synthé, chaque click … Cette atmosphère aquatique et cinématique nous enveloppe tout doucement. Elle nous accompagne sur les dernières minutes, avec une progression crescendo pourtant calme mais terriblement emballante. On ne se lasse pas d’entendre Lindqvist fredonner ses dernières notes, avant qu’un piano ne vienne sublimer ce qui constitue l’une des meilleures outro qu’il nous ait été donné d’écouter dans des albums.
Un album thérapeutique

Inhale/Exhale peut sonner comme une injonction, mais l’album porte bien son nom. Les RÜFUS DU SOL nous offrent, avec ce 5ème opus, une bouffée d’air frais, un moment suspendu dans le temps, alternant entre des sonorités électroniques, d’autres Indie Dance, certaines Rock … Le tout, avec un côté Pop cousu main. Si vous voulez compléter cette review, les confrères de Triple J ont sorti une interview vidéo du trio évoquant l’album :
On regrettera deux choses : la première étant l’absence de You Make Me, la collaboration avec Anyma, que l’on attend de pied ferme. Pour autant, il faut saluer le fait que RÜFÜS DU SOL s’auto-suffit : aucun featuring n’est présent sur l’album. Le groupe, indépendant à souhait, sait donc que sa formule marche bien ! Et si l’on se fonde sur leur mode de fonctionnement, nul doute qu’un album de remixes verra le jour, avec un casting prestigieux.
La seconde est qu’un album de RÜFÜS DU SOL passe toujours trop vite… Néanmoins, Inhale/Exhale a un potentiel de rejouabilité incommensurable. Entre les hits, les pépites, les morceaux qui ont un goût de reviens-y … Cet opus est thérapeutique. On lance déjà la 4ème écoute ici !











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