Le Cercle Festival a ramené la fine fleur de la scène électro au Musée de l’Air et de l’Espace

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Fleuron de l’évènementiel musical français depuis son phénoménal succès viral entamé en 2016 et depuis confirmé aux quatre coins du globe, Cercle a célébré le week-end dernier la troisième édition de son format festival. Après un cru 2022 à succès qui avait idéalement relancé cette branche nouvelle de l’écosystème toujours plus florissant du média, en substituant le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget au Château de Chambord initialement investi en 2019, ce nouveau rendez-vous était l’occasion de découvrir par nous-mêmes la proposition festivalière de Cercle.

Une programmation toujours aussi impressionnante

Si la précédente édition du Cercle Festival, la première au Bourget sur un format 2 jours, avait directement annoncé la couleur avec une programmation ambitieuse où on pouvait notamment retrouver Charlotte de Witte, Black Coffee, Amelie Lens, Adriatique ou Above & Beyond, celle de 2024 a fait au moins aussi fort, conviant pour l’occasion un casting 100% renouvelé.

Au menu, les poids lourds Boris Brejcha, Sven Vath, Kolsch, The Blaze, Disclosure ou Mochakk, bien identifiés dans l’écosystème Cercle, entourés de nouveaux venus, dont certains ont eu droit à leur livestream pour l’occasion, à l’image de Indira Paganotto, Oden & Fatzo, Ann Clue mais aussi Dixon.

Outre l’habituel booking de nombreuses prestations Live et une place quasi-paritaire faite aux artistes féminins, on note sur cette édition une ouverture plus marquée en dehors de sonorités Techno, Melodic Techno et Melodic House au cœur de l’ADN Cercle et quasi incontournables en 2022, avec une belle part faite cette année à la House et l’Afro House, par l’intermédiaire d’artistes comme Denis Sulta, The Blessed Madonna, Alex Wann, Shimza, Desiree, Honeyluv ou Oden & Fatzo.

Pour 2024, Cercle a également poursuivi son inarrêtable démultiplication en intégrant au festival la possibilité aux plus fervents et dépensiers de vivre un « Cercle Moment », le nouveau format évènementiel VIP du média proposant des séjours d’exception sur les lieux patrimoniaux investis par Cercle avec, à la clé, la possibilité cette année d’assister à des sets exclusifs de Mochakk, Pedro Winter (au premier étage de la Tour Eiffel) ou Alex Wann au cours d’un séjour de quatre jours rythmé par les palaces, péniches, spas parisiens et un accès privilégié au festival en point d’orgue.

Une scénographie hors du commun

Cercle rime avec lieux d’exceptions, et le cadre offert par le Musée de l’Air et de l’Espace tient toute ses promesses. Accessible en bus et à proximité de l’arrêt du RER B au Bourget, ce terrain de jeu unique installé sur un tarmac d’aérodrome a peu d’égal dans le monde des festivals de musique. Concentré sur 3 scènes ainsi que plusieurs espaces de détente, d’hydratation et de restauration, la superficie de ce dernier est relativement réduite pour une telle programmation, on y fait le tour en quelques minutes, ce qui peut être un avantage pour les moins mobiles d’entre nous.

L’aérodrome a été le point de départ des premiers vols aériens vers Bruxelles et Londres en 1919 et a été le témoin du vol historique de Charles Lindbergh sur l’Atlantique Nord en 1927. Aujourd’hui monument historique, le site comprend la première aérogare de Paris construite en 1937 et accueille la plus vaste collection du musée, composée de plus de 350 avions, satellites, fusées et autres objets d’aviation.

On entre ainsi dans le festival via le hall de l’aérogare et son cachet unique, accueillis par une voix enregistrée nous souhaitant la bienvenue sur les lieux. Les 3 stages, un peu peu plus imposantes cette année, étaient disposées à l’identique par rapport à la précédente édition, autour des 3 acteurs phares du lieu : un avion A380, une fusée « Ariane » haute de 54 mètres et deux avions supersoniques « Concorde » disposés dans un vaste hangar (ce dernier nécessitant souvent un accès conditionné à une attente pour le bon roulement du flux de festivaliers).

Petit bonus, un espace VIP installé dans la tour de contrôle de l’aérodrome permettait cette année à un petit nombre de festivaliers d’assister à des sets intimistes livrés par des artistes présents par ailleurs sur la programmation du festival comme Joris Delacroix, Eli & Fur ou Honeyluv.

Avec plus de 100,000 personnes enregistrées pour accéder à la prévente de l’évènement, nul doute que la proposition du Festival n’a pas laissé l’audience de Cercle insensible, permettant à ce dernier d’afficher sold-out en l’espace de quelques minutes malgré l’absence de lineup annoncé à ce moment-là. On a ainsi pu retrouver sur place un public enthousiaste et généralement plus réactif aux propositions phares de la DA Cercle que sont la Melodic Techno et la Techno avec de belles ambiances sur les sets d’artistes comme Boris Brejcha ou WhoMadeWho.

Très internationaux, avec une bonne moitié de festivaliers étrangers, les participants étaient sans surprise en moyenne plus âgés que le public clubbing et festival francilien habituel, une clientèle correspondant à la fois à l’image « premium » de Cercle ainsi qu’au format 12h-23h du festival.

De nombreux coups de cœur parmi les performances livrées

Comme décrite plus haut, la programmation de cette nouvelle édition du Cercle Festival était remplie de nouvelles têtes d’affiche. Un point à souligner, car on remarque malheureusement très souvent une redondance dans le choix des line up ces dernières années dans la plupart des festivals. Une redondance donc absente du côté des programmateurs de Cercle puisqu’on s’est littéralement régalé pendant les deux jours au Bourget.

Dès le début d’après-midi du samedi Romain Garcia nous a dévoilé un superbe set planant et annonciateur d’une belle journée musicale. Le français continue d’affirmer son projet artistique en étant l’un des nouveau pilier de la scène melodic house & techno à la Française. Il en était de même pour le duo Eli & Fur. Pour leur tout premier passage à Paris (pas dégueu’ comme première date), les deux anglaises ont embarqué le public présent devant la fusée Ariane pour un voyage melodic et transportant.

En attendant le closing le plus attendu de cette édition 2024, The Blessed Madonna dévoilait un set assez décousu avec des passages bien groovy et très entraînant au milieu de divers ovnis musicaux. Quelques transitions douteuses plus tard, l’Américaine finit par abandonner les platines sous le majestueux A380 pour laisser place à l’exceptionnel B2B entre Disclosure et Mochakk.

Durant 2h30 les deux artistes vont se balader au milieu de sonorités house, funk, disco house sans oublier leurs productions personnelles. Quelques exclusivités se sont également glissées dans le set pour le plus grand bonheur des connaisseurs présents sur place. On a cependant vu un public assez timoré et plutôt timide tout au long de ce closing qui aurait mérité selon nous une meilleure ambiance. Ambiance que l’on trouvera bien meilleure le deuxième jour par ailleurs. La raison est, sans aucun doute, liée au line up, plus axé house et techno.

Dennis Sulta s’est rapidement imposé avec un superbe set qui a largement séduit le public venu en masse. Le temps étant plus changeant et humide, on s’est rapidement dirigé dans le hangar concorde pour le très gros set de nos frenchy Oden & Fatzo. Filmés en direct, Abel, Denver et William n’ont pas lésiné sur les exclusivités puisque de nombreux guests (chanteurs et DJ’s) se sont succédé pour chanter et/ou alors dévoiler une exclusivité avec le trio.

Boris Brejcha, WhoMadeWho ou encore Kölsch ont également fait carton plein grâce à leur importante communauté sur le territoire français. Enfin, une mention toute spéciale pour la jeune Indira Paganatto pour son set mélangeant techno survitaminée et psy trance galopante qui a secoué une bonne partie du public jusqu’à la fin du festival. Un régal.

Un nouveau cador des festivals français porté par une proposition inégalable

Avec 24.000 participants répartis sur les 2 jours de festivités qui auront dans l’ensemble tenus toutes leurs promesses, Cercle tient ici son édition de festival référence qui vient une fois de plus marquer un énième temps fort dans sa jeune histoire. Une réussite sur la programmation, le cadre et l’organisation qui devrait assurer une pérennité au format qu’on aurait par ailleurs hâte de découvrir dans de nouveaux lieux à l’avenir.