Live Nation conclut un accord dans l’affaire Ticketmaster

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Le géant du live entertainment Live Nation et sa filiale Ticketmaster ont, après plusieurs années de tensions avec les autorités américaines, conclu un accord avec le Département de la Justice (DOJ) dans le cadre d’une vaste procédure antitrust.

Pour rappel, le gouvernement américain (rejoint par une quarantaine d’États) avait lancé en 2024 (sous l’administration Biden) une action judiciaire accusant Live Nation d’exploiter un monopole illégal sur l’industrie du concert, en combinant promotion d’événements, gestion de salles et billetterie via Ticketmaster. Les autorités estimaient que cette intégration verticale permettait au groupe d’imposer des contrats exclusifs aux salles et de limiter la concurrence sur la vente de billets. En bref, un comportement anticoncurrentiel grave, empêchant les autres plates-formes de se développer et de pouvoir jouer le jeu de la concurrence.

Le procès venait tout juste de commencer à New York, au début de ce mois, lorsque les deux parties ont annoncé un accord de règlement surprise. Cela leur évite ainsi un long procès et surtout … le scénario redouté d’un démantèlement du groupe.

Mais que prévoit l’accord conclu ?

A la lecture de l’article de nos confrères de CBS News, le compromis inclut plusieurs mesures censées ouvrir davantage le marché de la billetterie et réduire les pratiques anticoncurrentielles. Parmi les principales dispositions, on retrouve :

  • un fonds de compensation d’environ 280 millions de dollars destiné aux États participant à l’accord ;
  • la cession de plusieurs amphithéâtres américains appartenant à Live Nation ;
  • l’obligation de proposer des contrats non exclusifs aux salles, et de travailler avec d’autres plateformes de billetterie (avec accès à la technologie Ticketmaster) ;
  • un plafonnement des frais de service à 15 % du prix du billet.

L’objectif affiché par le DOJ : introduire plus de concurrence dans un marché souvent critiqué pour ses frais élevés et son manque d’alternatives pour les fans comme pour les artistes.

Un accord néanmoins contesté

Cependant, l’affaire est loin d’être totalement close. Plus de deux douzaines d’États américains refusent pour l’instant cet accord, l’estimant peu efficace pour limiter la domination de Live Nation sur le marché de l’événementiel. Certains procureurs et politiques souhaitent ainsi poursuivre la procédure judiciaire afin d’obtenir des mesures plus radicales comme par exemple, une séparation ferme et définitive entre Live Nation et Ticketmaster. L’opposition considère que les 280 millions susmentionnés sont dérisoires, comparés au chiffre d’affaires de Live Nation, et accuse l’administration Trump d’abandonner les consommateurs.

Capture d'écran concernant l'affaire Live Nation / Source : compte X d'Elizabeth Warren
Capture d’écran concernant l’affaire Live Nation / Source : compte X d’Elizabeth Warren

Cette bataille juridique trouve notamment son origine dans les nombreuses controverses entourant Ticketmaster, à l’instar du chaos constaté au moment de la mise en vente de la tournée de Taylor Swift en 2022, qui a cristallisé le pouvoir du groupe dans l’industrie du concert.

Une chose est sûre : même si un accord a été trouvé avec le gouvernement fédéral, la question du quasi-monopole de Live Nation et Ticketmaster sur le marché du live pourrait continuer d’alimenter les débats juridiques et politiques pendant encore longtemps.

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