Difficile de passer à côté, c’est un peu l’événement dont tout le monde parlait cette semaine ! À la veille de jouer l’un des sets les plus observés de l’automne lors de Dreamstate Socal à Los Angeles ce samedi, Tiësto confirme donc son retour à des productions aux sonorités trancy qui ont fait son succès originel. Après le grand ménage sur ses réseaux sociaux et le retour de son logo de 1999, nous attendions que cela s’accompagne en musique pour être complet ! Et même si l’auteur des titres comme « Adagio For Strings« , « Traffic« , « Love Comes Again« , « Just Be« , et une myriade d’autres morceaux légendaires n’a plus rien à prouver dans ce style, nos attentes sont forcément très élevées ! Alors après la première écoute que penser de ce grand retour ?
Première analyse sur la forme : Tiësto joue le jeu !
« Bring Me To Life« , déjà le titre annonce la couleur et des ambitions. Est-ce que ce comeback est supposé ramener Tiësto à la vie, à ses premières amours ? On vous voit déjà, tous les fans d’antan, avec la larme à l’oeil. En plus un morceau de 4min18, étonnamment long dans le panorama actuel formaté des morceaux de 2min30 (voire moins …). Et pour les éventuels fans d’Evanescence qui nous lisent, pas de panique il ne s’agit pas d’un énième remix foireux pour surfer sur la vague nostalgique !

À ses côtés, Tiësto fait appel aux talents d’écriture et de performance vocale de FORS (aka Nellie Fors), une artiste norvégienne en devenir, puisqu’elle a notamment collaboré avec Axwell cette année sur « Until The Lights Go Out« . Dans les crédits, on retrouve également Jørgen Troøyen, un producteur de l’ombre, norvégien aussi, qui a travaillé sur des morceaux de Dubvision & Afrojack, Blasterjaxx, Ben Nicky, Marnik, Nicky Romero mais également les morceaux « Love Is A Drug » et « High On Love » … d’Armin van Buuren.
Sur le fond : une promesse respectée mais timide
Et effectivement, l’influence du co-producteur norvégien et de ses collaborations avec Armin fait totalement sens après écoute. Si le début du morceau nous a fait un peu peur (peur de retrouver un énième morceau Melodic-Techno « Anyma Like » avec une voix féminine robotique mystérieuse), le titre débouche finalement sur une interprétation plus grandiose, de type opéra électronique avec des beaux pads et un rythme piano syncopé (coucou Axwell).

Puis vient ce que le monde attendait… le gros synthé épique jouant une mélodie en arpège typique de la Trance. Mélodie qui continue dans un drop relativement club et dansant à 130 BPM. Le morceau se poursuit ensuite, propose un pont où l’on retrouve un autre couplet chanté avant de revenir sur la même thématique mélodique dans un deuxième drop identique au premier… Voilà voilà c’est déjà fini !
En conclusion : « Bien, mais poursuivez vos efforts ! »
Alors forcément, on sort de là un peu perturbé. Un sentiment doux et amer, une nostalgie heureuse mais douloureuse qui nous remue. Une plaie qui se rouvre. Le temps a passé. Lui qui a disparu de la scène Trance pendant si longtemps. On est pourtant heureux de le retrouver, parmi nous. Et on l’accueille, comme un vieux copain qui nous présenterait ses excuses presque. Il serait trop simple de lui refermer si vite la porte au nez.
Effectivement la promesse d’un morceau Trance est respectée. Mais Tiësto semble ici jouer la carte de la facilité. Le morceau serait finalement taillé pour sa fanbase actuelle (et en même temps on le comprend, c’est bien celle qui le suit actuellement) la plus généraliste qui soit, pour leur ouvrir les idées et les chakras sur des prods plus mélodiques et ambitieuses. Effectivement la prod « sonne Trance », mais manque cruellement d’idées, de vie, d’audace.

Le problème c’est qu’Armin sait déjà très bien remplir ce créneau « Trance » accessible et nous a trop habitués à ce genre de production récemment. Tiësto a pourtant eu la réputation, tel un Guetta, de créer les tendances et d’aller là où l’herbe est plus verte avant les autres. Il était évidemment trop ambitieux d’espérer une énorme claque à la « Adagio » de son temps. Mais ici, et ça nous fait mal de le dire, une IA sait sortir ce genre de prod actuellement. On a besoin de plus ! Tout y est très, trop simpliste pour nous accrocher réellement l’oreille et nous donner envie d’y revenir encore et encore.
Alors peut-être, et on peut l’espérer, que ce morceau en appellera d’autres plus convaincants, dans des BPMs plus rapides, des synthés plus épiques, des beats plus sombres et pointus… mais forcément à date on reste sur notre faim. Et notre appétit est grand quand on parle de Tiësto et de sa légende.
La promesse est en tout cas bien réelle puisque Tiësto vient d’annoncer à l’instant sur Instagram qu’un album arrivait !











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