Après plus d’une décennie d’albums, de 1977 à I Talk To Water, Rune Reilly Kölsch signe en 2025 l’un de ses projets les plus ambitieux à ce jour : KINEMA. Sorti sur son label IPSO, ce disque prolonge la veine émotionnelle de l’artiste danois. Le tout en l’ancrant plus que jamais dans une écriture de scène, pensée parallèlement à son nouveau format live : Kölsch & The Machine. 10 titres, 45 minutes. Vous connaissez la chanson : c’est l’heure de la review.
De l’inédit à foison (à une exception près)
Avec KINEMA, Kölsch ne revisite pas son passé — à l’exception d’une seule relecture orchestrale de All That Matters par ni plus ni moins que Symphony of Unity — mais ouvre un chapitre entièrement inédit. Les dix titres qui composent l’album dévoilent un univers où les textures analogiques s’enlacent à des structures Techno progressives, empreintes d’une chaleur presque cinématographique.

Le track d’ouverture, Waste My Time (qu’on avait pu découvrir en qualité de single promo), installe d’emblée une atmosphère à la fois mélancolique et nerveuse… Avec ce sens du contraste dont Kölsch a le secret. Arpèges flottants, nappes en suspens, kicks profonds… Le concours des CamelPhat n’est pas non plus à négliger. Nous sommes de plus ravis de voir que la connexion Copenhague-Liverpool continue. En effet, pour rappel, Kölsch avait collaboré sur l’album Spiritual Milk, sur l’excellent Colossus. Pareillement, nous avions également posé nos oreilles sur le single All Week, dévoilé en amont pour la promo, avec un rythme moins mélodieux et presque tribal qui nous surprenait agréablement.
7 nouveaux titres entre club et mélancolie
Une fois ces précisions faites, nous avons donc 7 morceaux inédits. On commence par Nacht Und Träume (Nuit & Rêve en français), qui ressemble à un morceau typique des albums de Kölsch. Groovy, mélodique, on sent que le Danois a bossé sur ses machines pour ce titre. Le vocal un peu grégorien rappelle ce côté musique classique qu’affectionne particulièrement Kölsch. Le titre du morceau est-il en lui-même une référence à Schubert? Nous ne saurions le dire…
Le titre éponyme de l’album est quant à lui un stomper, que l’on peut facilement imaginer dans les DJ sets du producteur au chapeau. Le combo kick/bass est impitoyable, le break nous emporte avant que le drop nous achève de plaisir. Un vrai bon titre caméléon, car il permet d’insuffler une dose de rythme supplémentaire après Nacht Und Träume. Home est, quant à lui, une pépite mélodieuse avec ce vocal hypnotisant. On accueille le morceau comme un câlin, avec ce synthé un peu fou. Même son de cloche pour All The Words qui, même s’il reste un titre Dance, arbore une belle robe de ballade.
Mais parlons de Sad Makes Me Happy, qui est en notre sens LE morceau de l’album. Kölsch a invité Bonn (déjà vu sur High On Life, No Sleep, Take Me Home)… Et c’est sans conteste l’une des collaborations de l’année. Bonn porte un titre très émotionnel avec une performance vocale absolument parfaite. Et oui, on pèse nos mots. A tel point que nous oserons la comparaison avec la version originale de All That Matters. Certes, Sad Makes Me Happy est taillé pour pouvoir voguer dans le mainstream. Mais nous allons essayer de garder cette pépite pour nous le plus longtemps possible … Ce titre tourne en boucle au sein des membres de l’équipe.
On entame ensuite une redescente au calme. D’abord avec Smile, puis avec Hands of Mine, où Kölsch diminue le tempo, retire peu à peu les éléments de ses tracks… Pour finir sur quelque chose de plus doux et de toujours plus onirique. Un au revoir comme le maestro sait si bien les faire, et qui donne juste envie de le revoir.
Un voyage entre live et DJ set
A la fin, on a une sensation de “film électronique” (que Kölsch évoque lui-même dans ses interviews récentes) avec KINEMA. C’est un sacré album, mais également un super voyage, constitué de plusieurs tableaux, tantôt club, tantôt plus mélodiques. L’excellence dans l’hétérogénéité.
Enfin, nous vous rappelons que le projet s’accompagne d’une tournée inédite, Kölsch & The Machine. Pensée comme une expérience audiovisuelle totale, elle fait la part belle aux instruments modulaires, ramenés tout droit du studio de Rune Reilly Kölsch. Si ce dernier fait la première de ce show durant l’ADE, le 23 octobre prochain, le Danois sera également de la partie en France, avec une date parisienne au Trianon. Celle-ci s’annonce déjà comme l’un des rendez-vous majeurs de la rentrée électronique.











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