Station balnéaire emblématique de la Côte d’Opale, Le Touquet (anciennement « Paris-Plage ») est réputé avant tout pour son beau patrimoine anglo-normand. Longue plage de sable fin, ambiance assez chic et huppé… et tout ça à 2h30 de Paris. Bref pas l’endroit que l’on citerait en premier pour un festival dédié à la musique électronique. D’autant plus qu’il s’agit de l’un des plus importants de la région et désormais référence très réputée en France.
Et pourtant ! Le Touquet Music Beach Festival célébrait déjà sa 8ème édition ce weekend à l’Orangerie de la Baie. Cette longévité prouve qu’il a réussi à tirer son épingle du jeu, après COVID. Et ce, dans le milieu très concurrentiel des festivals de l’été, et notamment ceux dédiés 100% à la musique électronique. On se devait donc d’y retourner, quelques années après notre dernière venue, pour constater par nous-mêmes son évolution !
La programmation : le point fort du festival !
On ne va pas se le cacher, et on ne voudrait pas paraître désagréable pour nos lecteurs et amis ch’tis… Mais c’est le point principal qui nous a convaincu de faire le déplacement dans le Nord en cette période de l’année !

L’organisation nous avait prévu cette année une programmation XXL de très grande qualité et diversité. Notamment quelques exclusivités ou raretés sur le territoire français (Eric Prydz, Fatboy Slim, LP Giobbi, ou encore Kaytranada).
Pour le grand public, on retrouvait également quelques uns des plus grands noms de la scène française. On pense notamment à Kungs, Ofenbach, Hugel, Vladimir Cauchemar, Mosimann, ou le plus rare Kavinsky. Très content de retrouver également quelques uns des meilleurs noms Melodic Techno / House comme le nouveau projet de Joachim Pastor, Joris Delacroix et Teho nommé « Pact », ou bien le talentueux Rivo.
Le festival a misé sur des artistes couvrant aussi bien l’ensemble des spectres de la House, que de la Techno… Jusqu’à quelques incursions vers la Trance avec les artistes du moment KI/KI, TDJ, Panteross666 ou encore ATRIP.


On avait également eu vent de la programmation de la Bakery Session d’Aazar présente sur le festival ! Une stage qui accueillait notamment des jeunes talents ainsi que des shows exclusifs et plus intimistes de certains artistes présents sur les autres scènes. On pense notamment à Mosimann ou Fatboy Slim qui auront pu ainsi s’exprimer différemment.
Pour conclure, on a eu de quoi alimenter parfaitement nos oreilles sur les deux jours du festival. Et on pourrait même dire, c’est assez fou, qu’on a parfois eu autant de dilemmes qu’à Tomorrowland !
Un lieu adapté et des scènes bien travaillées
Place désormais à L’Orangerie de la Baie! À proximité de l’hippodrome, de la plage et du petit aérodrome du Touquet, mais relativement proche du centre-ville, le cadre est naturel, ouvert et vaste. Le site permet aussi bien un accès facilité qu’une bonne circulation des festivaliers sur les scènes. À savoir les 3 scènes principales et les 2 scènes plus petites du festival.
Nous avons apprécié pouvoir passer d’une scène à l’autre en moins de 5 minutes. Parfois, cette proximité pouvait s’entendre subtilement d’une scène à l’autre sur les moments de breaks. Mais cela restait tout à fait acceptable pour des sonorisations de ce calibre. Le festival avait fait un bel effort sur les 3 scènes principales :
Mainstage :
- Avec sa grande capacité d’accueil, la longue et haute structure géométrique rectangulaire abritait 5 immenses écrans LEDs. Pyrotechnie et lasers-shows étaient également prévus. Relativement simple dans sa conception mais très impressionnante et efficace, notamment pour les Djs venus avec des beaux shows et visuels vidéo.
- Un grand podium VIP avec bars privatifs se dressait surélevé en fond de scène.

Scène Baie :
- Ambiance plus chill, les pieds dans le sable, vue sur la baie… Elle proposait principalement deux rubans LEDs à 180° emmêlés l’un dans l’autre, ainsi que des structures en bois colorés. De nuit, de beaux lasers et de la pyrotechnie agrémentait parfaitement le show visuel. Deux podiums également permettaient de se retrouver sur les côtés des Djs (un pour les VIP et PSH, l’autre accessible au grand public). Dommage toutefois, on se retrouvait trop loin des artistes, cachés par des plantes pas forcément très utiles à cet endroit. Pour le public dans la foule, il fallait se rapprocher des DJs si on souhaitait les voir un peu car la scène était en pente et le DJ Booth positionné assez bas, un peu dommage.

- Nouveauté et fierté de l’organisation cette année! La scène Orbit était une véritable petite arène en structure bois proposant une expérience unique à 360° ainsi que la possibilité d’assister au show depuis sa mezzanine circulaire. Une expérience au plus proche des artistes, et une ambiance survoltée !

La Bakery Session était quant à elle située à l’entrée du festival. Elle proposait une petit scène en reprenant les codes d’une boulangerie classique avec ses pains et viennoiseries disponibles. Une autre petite scène se situait dans l’espace de la zone chill et pouvait accueillir une trentaine de festivaliers.

Une organisation sans couac majeur mais quelques pistes pour améliorer l’expérience Touquet Music Beach Festival
En premier ressenti global, on affirme aisément que l’expérience que nous avons vécue ce weekend était très agréable. Le festival propose l’ensemble des services nécessaires en termes d’accueil et de restauration. Mais aussi quelques activités annexes sympas pour agrémenter sa journée (stand maquillage, stand de massage, stand Fun Radio, coin chill…).
Pour parler d’abord de positif, on pourra souligner que le festival reste peu onéreux (120 euros le pass 2 jours). Surtout lorsqu’on sait la situation difficile actuelle des festivals. Aussi, il est totalement cashless avec son bracelet qui permet l’accès ainsi que le paiement. Le rechargement est facile via l’application du festival. Elle est d’ailleurs très bien faite et permet de retrouver toutes les infos et la programmation).

Autre bon point également, la consigne! Le système en place concerne aussi bien les eco-cups que la vaisselle de l’ensemble des food trucks locaux. Globalement, le festival est assez propre et on a constaté peu de déchets au sol ! Niveau nourriture, on retrouvait une belle palette de choix. Des foodtrucks disposés à différents endroits du festival, de toute les cuisines du monde, salé et sucré. Bon, côté tarif, c’était relativement cher pour les quantités servies (environ 12-18€)… Mais la qualité était au rendez-vous, et ça contribue à faire fonctionner l’économie locale, alors on accepte volontiers.
Rappelons également que le festival n’en est finalement qu’à sa 8ème édition et monte en gamme d’année en année. A noter que c’était la première année que le festival proposait un camping. Ainsi, les festivaliers pouvait enfin être accueillis directement sur place. Nous ne l’avons pas vécu par nous-mêmes mais il semble, d’après la presse locale, qu’il y ait eu quelques couacs. Cela a eu lieu à son ouverture le vendredi, empêchant certains festivaliers de pouvoir rentrer à l’heure dans le festival. Toutefois, celui-ci semblait proposer d’après la brochure tout ce qu’il fallait pour passer un bon weekend entre copains! Au programme : petits dej, douches, espaces recharges, casiers, etc…

Cependant, mettant à profit notre expérience sur un grand nombre d’évènements on pourrait reprocher les quelques points suivants :
- la poussière !!! Alors c’est sûr, qui dit Beach, dit sable… Mais vraiment très difficile de passer du bon temps en étant gêné dans sa respiration… Des solutions existent.
- L’absence d’un vrai coin chill… Étrangement, une micro-scène qui tabassait tout le weekend était juste à côté du stand de massage.
- La disposition et le nombre de WC mériteraient d’être modifiée/augmenté. On a vu trop de gars pisser n’importe où à l’intérieur du festival… Même à côté de la tente presse qui se situait pourtant dans la zone de la Mainstage …
- Pas mal d’attente côté bar et food aux heures de pointes.
- Petit bémol à noter également sur l’espace réservé aux personnes en situation de handicap. Ils étaient positionnés sur le côté et trop loin de la scène et de la sono. Cela les empêchait de pouvoir profiter pleinement de l’ambiance et du son.

Dans un dernier temps, on pourrait espérer que le Touquet Music Beach Festival accentue la décoration à l’intérieur du parc. Mais aussi proposer un peu plus d’activités ou curiosités à voir. Tout cela pour lui donner une identité encore plus forte et distincte.

Un public éclectique : pour le meilleur… et parfois le pire.
Notre première impression à notre arrivée fut de constater une belle diversité du public. Il était venu en nombre, entre amis, entre collègues ou en famille également. Car oui, le festival est grand public, accessible aux mineurs de moins de 16 ans accompagnés. Un bon point pour faire découvrir l’électro aux futures générations. On ressent que c’est peut-être pour beaucoup le rendez-vous local de retour de congés. Pas mal de gens semblaient se retrouver après longtemps (« Ah ba, salut Michel, ça fait longtemps! »). Ca nous donnait la sensation d’être à cheval entre un évènement très local et un festival à la dimension internationale.
Une hétérogénéité et une jeunesse du public qui a pu se ressentir un peu sur l’ambiance. La majorité du temps, elle fut très bonne avec des moments de joie extrême et communicative. En majorité sur les plus petites scènes dont la scène Orbit ! Mais avec aussi des moments plus désagréables aux horaires tardifs… Bousculades, parfois de l’agressivité (on a assisté personnellement à quelques bagarres).
Un public assez néophyte et nettement plus réceptif sur les styles les plus rapides et qui tapent direct. Au détriment des styles plus lent, plus « summer vibes » et un peu moins « pump-it-up ». On aura notamment vécu quelques creux d’ambiance sur la Mainstage principalement, où le public plus généraliste semblait souvent passif.

Nos coups de coeur musicaux du weekend
Sur la journée du vendredi, nous arrivions de Paris et déçus d’avoir loupé le set de Bérou. On essaie de le suivre ces derniers temps depuis son super all night long au Rex. Arrivés tout pile pour le milieu de Boston Bun, il nous a tout de suite mis dans l’ambiance! On apprécie son repertoire très Disco-House solaire, flirtant également avec des influences plus UK-House.
On a ensuite été découvrir la Mainstage du Touquet Music Beach Festival avec le set de la légende anglaise Fatboy Slim. Alléchant ! On n’avait pas forcément gardé un grand souvenir de son dernier set sur Paris. Mais il aura su insuffler une très bonne atmosphère avec un répertoire très varié et ses hits bien retravaillés. Le tout excellemment mis en scène avec des visuels assez déjantés. Conquis, on a même continué l’expérience avec son set à la Bakery Session !
Sur la scène Baie, on a été convaincu par l’expérience proposée par PACT aka Joachim Pastor, Joris Delacroix et Teho. Une Techno mélodique deep, profonde, envoûtante qui a su plaire à un public pas forcément des plus faciles. Pas persuadés de la pertinence du projet en festival, car l’aspect collaboratif avec le public du show mérite un format plus intime et à 360°.
Puis c’était pour nous l’autoroute du kiff à grande vitesse! Entre TDJ et Panteross666 dans des styles Trancy bien distincts, avec un côté plus classique et mélodique de TDJ (pas mal de clins d’oeil à de vieux Tiësto) et celui plus festif et « zinzin » du Lillois.

Une fois sortis du réacteur de la scène Orbit, on en profitait pour aller voir un peu Kavinsky. Bilan en demi-teinte. La sélection de ses plus grand hits et d’énormes classiques d’Ed Banger qu’on est heureux de ré-entendre a convaincu. Mais une technique de mix compliquée à suivre… Fin de soirée entre la Techno-Acid lancinante de Charlotte de Witte et la Techno/Trance aux accents 90’s de la sensation du moment, KI/KI. Bon on aura bougé notre tête, mais on n’en aura pas finalement retenu grand chose.
Le samedi, on a commencé avec le show de Mosimann. Horaire difficile mais pari relevé pour cette bête de scène. Il aura su dynamiser le public avec sa performance platines/chants/claviers. On a fait un petit tour avant d’enchainer avec le 3ème plus gros streamer français actuellement Hugel. Pour un set Afro-House finalement assez sympathique, parfait pour une fin d’après-midi et lancer la soirée
Puis vient notre highlight du festival, le set d’ATRIP sur la scène Orbit ! Du rarement vu! Une foule jeune complètement en délire qui en venait à jeter les chaussures et les eco-cups en l’air. Sur fond de set délicieux.
Difficile derrière de redescendre de cette mise en orbite avec pourtant l’excellent et très rare Kaytranada. Mais voilà, la programmation de la Mainstage ce jour là était assez particulière. En effet, se succédaient des artistes de plus en plus chill à mesure que la journée avancait. Une ambiance plutôt molassonne devant ce génie, nous étions assez tristes pour lui. L’excellent Rivo nous a remis du baume au coeur avec un set Techno mélodique et de belles envolées vocales, vraiment un petit régal !

On terminait notre expérience avec le set de la légende suédoise Eric Prydz qui n’aura pas joué Call On Me ! Voilà fin du récap. Non, on blague ! Le boss de la Progressive aura joué un set qui dénotait forcément du reste de la programmation de la journée. C’était en effet un set assez sombre et profond, avec évidemment beaucoup d’IDs. Presque étonnamment, le public semblait assez réceptif et conquis par l’alliance du combo show audio-vidéo.
La fatigue accumulée, nous a empêchés de rester pour le show de clones des Ofenbach et pour le squeletique mais très en forme Vladimir Cauchemar, pardonnez-nous !
De belles promesses pour l’avenir du Touquet Music Beach Festival!
Après cette expérience 2025, nous retenons du Touquet Music Beach Festival de belles rencontres et des beaux moments. Nous ne pouvons qu’encourager le festival à poursuivre dans cette voie, car les festivals 100% musique électronique avec d’aussi belles têtes d’affiches, (et en majorité françaises!) se font rares ! Nous sommes donc chanceux d’avoir un festival qui nous permet de vivre sur notre sol une programmation de cette qualité.
L’organisation doit toutefois faire attention à ne pas tout focaliser sur la programmation… Car l’expérience festivalier est également aujourd’hui très importante! Elle est à soigner pour fidéliser sur le long terme un public un poil plus spécialiste. Aujourd’hui, il semble majoritairement local mais il a vocation à s’élargir à un public national voir international qui viendra désormais camper et passer un weekend entier sur site ! Quelques lacunes qui peuvent donc toutefois être corrigées sans investissement énorme. D’autant que le festival est porté par toute une station et un éco-système local qui semblent assez investis pour sa réussite !
On remercie encore l’organisation du Touquet Music Beach Festival pour son accueil. Mais aussi les festivaliers super sympas qui nous auront reconnus sur place. On tâche d’y retourner sans trop d’hésitations dès l’année prochaine.











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