Le plus gros événement de Bass Music en Europe avait lieu le week-end dernier. Rampage Open Air 2025 nous donnait rendez-vous avec l’un des line up les plus ambitieux de sa courte existence. Si Rampage existe depuis 2009 en Belgique avec son édition désormais au Sportpaleis (ou AFAS Dome Antwerpen à partir de septembre), l’édition qui se déroule à Lommel prend place depuis 2019. Nous étions présents pour quatre nouvelles journées que nous avons adorées, retour sur cette édition !
Le plus gros line up depuis ses débuts

Il y avait à manger sur cette édition 2025 ! Si on pouvait retrouver de très grosses têtes d’affiche comme Dimension, Hedex b2b Bou ou encore Hybrind Minds, le festival nous a gâtés par la présence d’artistes bien plus rares en Europe. On pouvait par exemple retrouver le big boss de la Dubstep Excision pour un show maîtrisé de bout en bout. Autre artiste qui nous aura énormément surpris, Rezz. Difficile d’en demander plus à la Canadienne qui nous a fait la très (très très) belle surprise de nous ramener son show ‘Portal’ pour la première fois en Europe. On reparlera de la performance de ses deux artistes un peu plus bas.
Dernière belle surprise et que l’on n’attendait absolument pas, la présence d’une scène Vista, label de Gladde Paling. Il faut tout de même apprécier ce style très décalé avec cette scène ou on était loin de la Drum & Bass ou Dubstep que l’on pouvait entendre ailleurs. Preuve en est avec la présence d’un certain GPF.
Un lieu parfait pour Rampage Open Air

Comme depuis ses débuts, le festival se déroule dans la petite ville de Lommel en Belgique, près de la frontière hollandaise. Il est très facile de trouver le lieu qui se situe sur une grande plaine au Kristalpark, un parc industriel qui compte plus de 300.000 panneaux solaires et des dizaines d’éoliennes. Ces dernières contribuent fortement à l’ambiance du festival à notre goût. Aucun souci pour arriver au camping le jeudi soir ni même pour passer les fouilles qui se font très rapidement.
On notera une légère présence policière à l’entrée du festival, quelque chose que l’on remarque de plus en plus en Belgique. La particularité de Rampage Open Air à notre sens est sa taille parfaite pour un événement. On sort et entre dans le festival en à peine quelques minutes à pied.
De belles scènes qui ne changent que trop peu

Des petites nouvelles
C’est peut-être le petit point négatif du festival (et encore). Entre les éditions 2023 et 2025, nous n’avons vu aucune différence sur les scènes (à part sur leur scénographie, bien sûr). Elles restent exactement au même endroit et n’ont jamais réellement bougé. Ce n’est pas un gros problème en soi, mais les prix eux, évoluent.
Deux nouvelles scènes faisaient tout de même leur apparition et nous étions contents de les voir, surtout que l’un d’elle présentait un très gros line up. La ‘Rave Cave’ était bien la principale nouveauté de cette année. Malheureusement, bien que son nom l’indiquait, nous ne nous attendions pas à quelque chose de si petit. Avec deux conteners accollés dans la longueur, la scène restait tout de même sympathique. Bien que le système son ait été désastreux (nos oreilles s’en souviennent encore lors du b2b entre GPF et Primate), l’atmosphère dégagée par les lights donnait un certain charme à cette scène. Un bel ajout mais qui mériterait peut-être un peu plus de place avec une meilleure sonorisation.
Mention spéciale pour la ‘Moon’
La mainstage aka la ‘Dome’ faisait une nouvelle fois office de scène principale. Comme à l’accoutumé, la scène restait couverte pour pouvoir offrir un meilleur light show. Concernant sa taille, nous n’avons pas vu de grande différence comparativement aux autres années. Elle pouvait même se trouver trop petite pour les têtes d’affiche comme Bou ou Hedex où nous n’avons même pas pu rentrer. La ‘Storm’, la scène de la Dubstep et Riddim était quant à elle légèrement plus grande.
L’une des promesses de Murdock, boss du festival. Et effectivement, au vu du monde parfois et des pogos en folie, c’était une bonne chose. La ‘Moon’ était là pour les amateurs de Drum & Bass. Nous avons passé la majeure partie de notre festival ici. Avec une très belle scénographie et un système son parfaitement réglé, nous avons adoré. La ‘Tunnel’ restait dans la même configuration que l’an dernier avec une scène couteau suisse qui évoluait suivant les jours. Tout comme la ‘Church’ qui restait, malheureusement pour nous, la seule scène outdoor du festival. La ‘Mirror‘ était la seule ‘vraie’ scène complètement nouvelle qui alternait entre Techno et Uptempo (oui oui).
Et c’est certainement ce qu’on aimerait voir le plus changer à Rampage. D’accord, la scénographie sur la scène principale est très impressionnante et nous avons adoré, mais une mainstage extérieure pourrait donner une nouvelle dimension au festival. Let It Roll nous le prouve et c’est à notre sens peut-être le point que l’on aimerait le plus voir changer.
Une organisation Rampage presque sans faille

Comme expliqué plus haut, les entrées et sorties de l’événement se font sans aucun problème. Même après de gros artistes comme Excision, les flux sont gérés sans trop de problème. L’attente aux bars est quasi nulle tant ils sont nombreux. Petit bémol, remplacer les bières de 50CL par des 40 en appelant ça ‘XL’ au lieu de pinte tout en gardant le prix de cette dernière… Quelque chose qui n’est pas vraiment passé auprès du public tant nous avons vu de réaction à ce propos.
A part ça, bien que l’on trouve les prix plutôt élevés, c’est malheureusement devenu le quotidien de bon nombre d’événements et nous n’avons pas été tant que cela choqués. Même chose pour l’alimentation. Nous pouvions retrouver plusieurs stands de nourriture et de foodtruck, bien assez pour le nombre de personnes. On note aussi la présence de nombreuses attractions évoluant d’année en année. Même si elles sont gratuites sur le papier, il ne faut pas oublier que chacun paye 40€ sur son ticket d’entrée pour en profiter.
Une ambiance toujours aussi dingue à Lommel

On commence tout doucement à avoir fait de nombreux événements en Bass Music et on peut dire que c’est à Rampage que l’on retrouve la plus belle énergie. C’est simple, tous les fans de Bass Music d’Europe sont présents au festival. On retrouve d’ailleurs de très nombreux francophones et toutes les organisations qui produisent de la Bass. On sent un public vraiment connaisseur, prêt à danser sur chaque track qui passe.
Nous n’avons tout simplement jamais vu un set avec un public calme, même pour les premiers artistes. Et la force de Rampage réside aussi là-dedans. Un public qui connait cette fameuse musique sur le bout des doigts. Chapeau aux Soldiers, toujours, et de plus en plus présents. C’était d’ailleurs la première édition de Rampage Open Air à accueillir autant de gens avec environ 66.000 festivaliers répartis sur les 4 journées. Même si le dimanche paraissait beaucoup plus vide à cause de la pluie en début de journée.
Les sets marquants de ce Rampage
Rezz
Difficile de ne pas parler de Rezz tant son set était d’une réussite sans nom. On arpente aujourd’hui les festivals depuis presque 15 ans et la prestation que nous avons vue était clairement l’une des plus abouties. Avec son live ‘Portal‘ qui débarquait pour la première fois en Europe, Rezz nous a fait une très belle surprise.
Nullement annoncé mis à part quelques indices très tard la veille, nous avons été surpris de voir le fameux portail de Rezz en début de journée dimanche. Entre mashup, ID et tracks plus anciennes, la Canadienne nous a tout simplement hypnotisés pendant une heure. Nous n’avons jamais vu une telle acclamation qu’à la fin de son set de la part du public. Rezz elle-même prenant le micro, visiblement émue par une telle ovation. Merci Rezz, et on espère sincèrement avoir la chance de revivre un tel voyage.
Excision

Les Canadiens avaient décidément la cote à cette édition. La dernière apparition d’Excision à un Rampage datait de 2019 à l’édition d’hiver. Et force est de constater qu’il n’était pas là pour faire dans la dentelle. Alors oui, Excision ça peut paraitre ‘mainstream’ pour les fans de Dubstep hardcore, mais quel set !
Entre Dusbtep, Bass House ou Drum & Bass, on ne peut pas dire qu’Excision ait décidé de jouer la carte de la facilité, bien au contraire. En plus d’une tracklist aux petits oignons, les visuels d’Excision toujours aussi loufoques étaient bien entendus présents. On repense par exemple au fameux Shrek vomissant sur la foule. C’était l’un des points fort de cette mainstage où les artistes pouvaient se lâcher. De plus, on a eu quelques petites ID qu’on a hâte de voir sortir !
Donkey Cum Collective
Sous ce nom un poil osé (on adore, encore), se cache l’un des collectifs les plus WTF du milieu. Invité à entamer la scène de Gladde Paling le jeudi, les Français se sont totalement lâchés, entre mashup plus débiles les uns que les autres et prises de micro absurdes. Et forcément, c’est ce qu’on adore !
Entre le remix des souris vertes dubstep ou encore le mashup Maître Gims mode Hardcore, on ne sait pas ce qui nous a le plus plu chez le crew. En plus d’une énergie débordante, de leurs costumes improbables et pogos à tout bout de champ, ce set reste pour nous le plus délirant du festival. On espère vraiment revoir tout ce beau petit monde à d’autres éditions ou sur d’autres événements. Le public présent aussi. Merci les gars !
Mention honorable
Il est difficile de parler de tout le monde. Enormément de sets nous ont fait danser pendant ces quatre très belles journées. On pense par exemple à Dimension avec un super set et une ID que l’on attend de pied ferme (You’re the River). Un peu moins connu, mais Skantia nous a délivré un set tout en douceur (non) le dimanche à la Moon avec son célèbre ‘meANDu‘ joué par énormément de DJ.
Explorer Of The Internet dans la même veine que Donkey Cum Collective nous ont proposé un set bien barré. Entre les visuels abrutissants et les mashup tout aussi bêtes, le set était extrêmement drôle en plus d’une communication hors pair avec le public. Nous n’avons pas pu assister au set de Bou b2b Hedex, mais au vu des réactions il était le set à ne pas rater ce samedi. Nous nous sommes consolé avec le b2b improbable entre GPF et Primate en toute intimité.
Conclusion de ce Rampage Open Air 2025
Nous repartons de Rampage Open Air des étoiles plein les yeux tant le festival est quasi parfait pour nous. La taille idoine du festival, un line up quasi irréprochable et des scènes qui, même si elles n’évoluent pas, restent très efficaces, le festival s’inscrit comme une valeur sûre pour les amateurs de Bass Music. Si vous n’êtes trop fan du genre, on ne peut que le conseiller pour s’essayer à ce style très brut. Une chose est sûre, c’est qu’on reviendra dans tous les cas l’an prochain. On espère maintenant une petite évolution du festival avec, pourquoi pas, une belle mainstage hors de son dôme. Rendez-vous les 2, 3, 4 et 5 juillet 2026.












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