Il s’agissait de l’un des concerts les plus attendus de cette année 2025. Le groupe australien affiche une tournée quasiment sold out sur l’ensemble de ses points de chute géographiques. Nous avions adoré leur concert à Barcelone dans le cadre de l’OffSonar, mais il ne pouvait être notre seule date! Ainsi, il convenait d’aller voir à nouveau la bande de Tyrone Lindqvist s’exprimer. Et cette fois dans l’une des salles les plus mythiques de Paris : le Zénith.
Un retour attendu à Paris
Cela faisait depuis 2019 que nous attendions un retour de RÜFÜS DU SOL en Île-de-France. Le trio avait autrefois conquis le YOYO, défendant à ce moment-là leur album Solace. Depuis, la pandémie, un live iconique à Joshua Tree, ainsi que deux albums ont jalonné le parcours de la bande australienne. Il était donc légitime que le dernier né, Inhale / Exhale, soit défendu mondialement.
Côté UK/Europe, Barcelone, Berlin, Amsterdam, Rome, Londres… et Paris ont été sélectionnées comme étapes du Inhale / Exhale Tour. Et nos choix se sont arrêtés sur les étapes catalane et parisienne, qui, chacune à leur manière, nous ont enchantés.

RÜFÜS DU SOL : un projet devenu incontournable
RÜFÜS DU SOL, c’est l’histoire de trois amis de Sydney. Tyrone Lindqvist (chant, guitare), Jon George (claviers) et James Hunt (batterie). Ils ont su imposer une signature sonore entre House mélodique, Indie électronique et songwriting émotionnel. Dès leurs débuts, le trio s’est démarqué par une sensibilité musicale rare, mêlant structures électroniques à textures organiques et une voix immédiatement reconnaissable.
Leur premier album, Atlas (2013), les propulse sur le devant de la scène australienne. Il comporte des titres comme “Take Me”, “Sundream” ou “Desert Night”, devenus classiques. Bloom (2016) marque leur percée internationale, notamment grâce à “Innerbloom”, hymne générationnel. Mais aussi “You Were Right” ou “Like an Animal”.
Avec Solace (2018), ils basculent dans une esthétique plus atmosphérique et cinématographique. Puis grâce à Surrender (2021), post-pandémie, ils récoltent un Grammy pour “Alive”, et un nouveau tube club : “On My Knees”. En fin d’année 2024, paraît Inhale / Exhale : un projet plus introspectif, plus chanté, moins club, plus mélodique — que nous avions d’ailleurs chroniqué dans un article dédié.
C’est donc fort de ce parcours que le trio australien a posé ses valises à Paris le 24 juin, pour faire plaisir aux fans de la première heure comme aux nouveaux venus. Nous avions adoré Barcelone : on avait hâte de pouvoir comparer avec Paris.
Une salle idoine pour un concert entre lumière et émotion
Avec une capacité de 6 800 personnes et une acoustique reconnue, le Zénith de Paris constituait l’écrin idéal pour cette unique date française. Malgré la chaleur étouffante couvrant la région parisienne, nous avons croisé des fans de tous horizons. Royaume-Uni, Belgique, Allemagne… et bien sûr une horde d’Australiens venus soutenir leurs enfants prodigues.
Nous sommes arrivés pour le début du concert (et ne parlerons donc pas de la première partie assurée par Weval).

Au bout de quelques minutes — le temps de se rafraîchir et trouver nos places — nous sommes accueillis par “Lately”. Sur scène, on retrouve la structure signature du groupe : trois desks, un par membre, un grand écran en fond, un arsenal de LEDs et lasers impressionnant. Pendant près de 2 heures, le show respire la maîtrise. Tyrone chante, joue de la guitare, se déplace. Jon et James revisitent leurs tracks pour les sublimer en live. L’intro Hip-Hop de “On My Knees”, baignée de lumières rouges stroboscopiques, est l’un des moments marquants du concert selon nous. Même chose pour “In the Moment” et sa pluie de lasers verts. Ce concert s’écoutait et se regardait comme un film sonore. Tous nos sens étaient en éveil. Seule petite réserve : le peu d’utilisation de l’écran géant, parfois superflu…
La setlist, similaire à celle de Barcelone, offrait un bel équilibre entre classiques (“Treat You Better”, “You Were Right”, “Underwater“) et nouveautés plus ou moins récentes (“Break My Love”, “Music Is Better”). Tout le public connaissait les paroles — parfois même les instrumentales. Et oui, on a versé une belle larme sur “Innerbloom”… Le moment était suspendu dans le temps, et a provoqué une jolie montée de décibels côté public. Entre joie et mélancolie, celui-ci s’est totalement abandonné au morceau. C’était la première fois que l’on voyait des gens danser frénétiquement sur un morceau aussi doux.

De leur côté, RÜFÜS DU SOL n’ont pas failli à leur mission. Le trio dégage une complicité naturelle : les interactions (entre eux ou avec le public) sont constantes, sobres mais sincères. On est également ravi de voir que Tyrone devenir une bête de scène. Il danse, chante, interpelle … On ressort de ce concert conquis, porté par une musique à la fois puissante, sensible, et magnifiquement mise en lumière.
Un groupe promis à la postérité
C’est simple : avec ce live, RÜFÜS DU SOL confirment leur place unique sur la scène Dance mondiale. Entre Indie Pop et musique électronique, entre hymnes club et morceaux mélancoliques chantés… Les Australiens font en notre sens partie de ces groupes désormais légendaires, dont nous parlerons avec affection aux générations futures. Cette date du Zénith est désormais un souvenir qu’il conviendra de chérir et entretenir, en réécoutant à foison les projets de la bande.
















Laissez un commentaire
Voir les commentaires