Tomorrowland 2023 : la magie belge continue son ascension

Quelques mois seulement après l’édition 2023 de Tomorrowland Winter à l’Alpe d’Huez, Tomorrowland l’un des plus grands festivals de la planète, était de retour. Déjà 365 jours que l’édition 2022 était terminée : l’impression que c’était hier. Il nous tardait de retrouver les terres belges pour ce rendez-vous que l’on aurait manqué pour rien au monde. Pour cette édition 2023, retour au format 2 week-ends après une année 2022 un peu spéciale où 3 week-ends s’étaient succédés. Bref il est temps de rentrer dans le vif du sujet et de vous dévoiler notre récap complet du WE1 de cette édition 2023 de Tomorrowland.

Une programmation dantesque malgré quelques absences

Commençons ce récap par la programmation. On va y parler de la programmation au global. Comme à chaque édition, on retrouve une nouvelle fois une bonne partie de la scène électronique sur le line-up, normal pour un festival de cette renommée me direz-vous. Côté headliners, les artistes ‘classiques’ Tomorrowland sont présents : Martin Garrix, Armin Van Buuren (WE2), Steve Aoki, Dimitri Vegas & Like Mike, Nervo, Kolsch, Afrojack, Alesso et on en passe (on ne va pas forcément tous vous les lister, il y a plus de 750 artistes durant les 2 WE).

A noter quand même l’absence une nouvelle fois surprenante d’un David Guetta, déjà absent en 2022 (un problème de contrat). Comme l’an dernier également, DJ Snake était absent cette année. Autre absence de marque : celle de Charlotte de Witte, la vraie réussite de Tomorrowland depuis quelques années (avec Lost Frequencies). A voir si celle-ci essaye (ou pas) de se détacher de l’image Tomorrowland qui lui colle à la peau. Enfin dernier absent de marque : Skrillex, en tournée en Europe cet été. Dommage, c’était l’année ou jamais pour voir son grand retour à Tomorrowland, 9 ans après sa dernière apparition.

L’un des vraies particularités de ce festival, c’est évidemment la présence des labels stages. Chaque jour, vous retrouvez un label par scène, qui proposera sa programmation, sa touche musicale et qui ramènera sa propre communauté. Des styles musicaux différents et des ambiances pouvant être à l’opposé en fonction du label présent. On retrouve par exemple sur cette édition 2023 des stages comme Monstercat, STMPD le label de Garrix, Rampage pour la Drum & Bass, Q-Dance pour le Hardsyle, Afterlife pour la Melodic Techno, Smash The House pour la Bigroom, etc. Ce système permet également aux labels de lancer leurs jeunes artistes et de les propulser dans le grand bain. Un vrai gain en visibilité pour les labels et les artistes.

A noter également que Tomorrowland essaye années après années à proposer des concepts forts made in Tomorrowland. On pense évidemment à l’univers CORE (la fameuse scène au visage) ou encore à l’univers Terra Solis, présent notamment à Dubaï.

Comme chaque année, ce que l’on pourrait reprocher à Tomorrowland, c’est le côté copinage que l’on retrouve sur la programmation : certaines « personnalités » peuvent parfois prendre la place de vrais artistes qui le mériteraient 100 fois plus (encore que cette année un peu moins il faut l’avouer). Ou alors le fait que certains artistes ont 5/6 slots de mixs dans le week-end entier comme Dimitri Vegas & Like Mike ou encore Afrojack. Dommage, mais on s’y est habitués au fur et à mesure des années.

Un univers toujours aussi incroyable

On ne présente plus le site du parc De Schorre et la ville de Boom, hôtes de Tomorrowland depuis de nombreuses années dorénavant et connus de tous les festivaliers de la planète. Les lieux sont rompus aux joies de l’événementiel et sont toujours aussi parfaitement adaptés à la tenue d’un tel festival, permettant un nombre important de scènes et une décoration riche et variée, en profitant notamment des plans d’eau.

Cette année, 16 scènes étaient présentes, toutes aussi bien décorées les unes des autres : c’est l’une des énormes forces de Tomorrowland. 2023 était peut être l’année avec le moins de changements niveau scénographie. La scène Coquillage est devenue la Rise Stage, une petite scène sympa en plein milieu du festival avec une sublime cadre arboré de fleurs. Autre petite scène qui a changé : la Leaf est devenue la Terra Solis, dans cette univers Moyen Orient chill qui convient au nouveau concept fort de Tomorrowland du même nom. Présente à l’époque sur cette emplacement, on regrette toujours autant la fameuse Orangerie révélée à Tomorrowland Winter 2019 puis réutilisée à Tomorrowland Belgique 2019. Cette scène était incroyable, mais probablement très coûteuse.

Autre changement, mineur il faut l’avouer, c’est le nouveau look de la Rose Garden, la scène Dragon de Tomorrowland. Elle est devenue plus sombre mais clairement moins réussie qu’avant. Le mécanisme qui fait bouger la tête du dragon est moins efficace, la queue du dragon ne ressort plus de l’eau, et les différents artifices qui sortaient de la bouche du Dragon sont moins impressionnants. Une évolution que l’on regrette malheureusement. 

Pour le reste, pas ou peu de changements sur la CORE, Crystal Garden, Library, Cage, Youphoria, Atmosphere, etc. Des détails minimes qui viennent généralement améliorer l’univers des scènes. En revanche, vrai regret de notre côté que les panneaux LED au plafond de la Freedom Stage n’aient pas fait leur retour. Les papillons n’apportent malheureusement rien à l’univers de la stage qui semble être promise à un full LED comme en 2019.

Autre spot plus qu’intéressant et gros gros kiff pour la deuxième année consécutive : l’espace Chill intitulé la Mesa Garden. Un espace ultra qualitatif pour se poser, manger un bout ou boire un verre. Avant 2022, il manquait définitivement un espace de ce type sur le site de Tomorrowland. On vous conseille d’aller y faire un tour et de profiter des transats qui y sont exceptionnels (parole de Guettapen). Cet espace a notamment été mis en place à la suite des nuisances sonores que pouvait engendrer la Q-Dance pour le voisinage, apparemment la scène la plus bruyante du festival (on vous voit la Hard Family). 

Venons-en désormais à la mainstage évidemment. Cette année, le thème ‘Ascendo’ abordait l’univers de ‘The City of Arcadiana’, une ville château volant sur les ailes d’un oiseau. Un thème plus ou moins semblable à celui de 2015 autour de l’univers château. Beaucoup ont comparé la mainstage 2023 au château de Disneyland Paris. Il est vrai qu’il y avait un petit air de château de la Belle au Bois Dormant. Avec 46 mètres de haut, ce n’était pas la plus haute scène jamais créée à Tomorrowland, puisque l’année dernière, la mainstage faisait plus de 50 mètres de haut. 

Ce qui était fort sur la mainstage de cette année : les détails. Outre la mainstage Amicorum Spectaculum sur le thème du cirque en 2017, c’est la première fois que l’on voyait autant de détails sur une mainstage de Tomorrowland. A noter également qu’à partir de 21h, des ballons gonflables géants s’ouvraient pour venir finaliser l’univers de la mainstage. Selon nous, la main de cette année était une mainstage de jour, non de nuit. Le rendu de nuit était bien moins impressionnant que l’année dernière. Bref, malgré tout du très très gros boulot encore de la part de Tomorrowland et ses équipes !

Une organisation mise à l’épreuve

En une dizaine d’éditions de Tomorrowland pour la team Guettapen, c’est peut être la première année où l’on a senti l’organisation moins au top que les années précédentes. Car il est vrai que l’organisation est probablement LE point fort de sa réussite. Outre les stages et sa programmation, l’organisation du festival est le point déclencheur qui en fait de lui le meilleur festival de la planète : le parcours du festival, ses différentes expériences, le flux des personnes, les sanitaires, le soucis du détail dans la vie du festivalier, la décoration omniprésente et même des déodorants à disposition aux sanitaires. Tout est géré à la perfection.

Une organisation millimétrée qui a, en tout cas sur ce week-end 1, a été mise à l’épreuve. Première chose qui nous a étonné en arrivant, la Rose Garden n’a pas pu être fini a temps, passant le Day 1 sans une partie de ses ailes. Et c’est l’une des premières années où l’on attend autant aux bars. Beaucoup d’attente notamment sur les plus petites stages. Autre chose très surprenante : beaucoup beaucoup de monde sur la journée du vendredi, alors que c’est généralement la journée du samedi qui est la plus chargée.

En revanche un point qui ne bouge pas à Tomorrowland, c’est la qualité de la nourriture et des boissons. La nourriture est tout simplement délicieuse à Tomorrowland. Des dizaines de stands de tous les pays du monde : thaï, coréen, grecque, italien, japonais, sud-américain, brésilien et on en passe. C’est tout simplement incroyable de voir le nombre de stands de nourriture si différentes et si bonnes à la fois. Et c’est sans parler des expériences comme la Casa Corona, la brasero Brasa (pour les viandards) ou encore le Coke Studio.

Bref, on pourrait en discuter des heures, mais vous ne trouverez nulle part dans le monde des festivals, une organisation aussi millimétrée qu’à Tomorrowland. Une preuve que le festival se soucie du confort de ses festivaliers à chaque instant.

L’ambiance des grands événements

C’est aussi l’un des autres gros points forts du festival : son ambiance. Avec la difficulté d’avoir des places pour l’événement, les gens sont plus qu’heureux d’être présents, et réalisent la chance qu’ils ont d’y être présents. Et cela se ressent sur l’ambiance du festival. C’est la fête partout, tout le temps, et dans la bonne humeur. Et puis l’on peut croiser des gens de partout dans le monde. Les communautés de mexicains, brésiliens, australiens ou encore japonais sont énormes. Un vrai plaisir de se sentir en communion avec les amoureux de musique électronique du monde entier.

Il y a aussi la petite face cachée du système. A Tomorrowland, il y a aussi ce curieux sentiment de se retrouver au paradis d’Instagram, notamment aux abords de la Mainstage, où c’est la fête aux influenceurs en tout genre, posant pour leurs plus beaux clichés Insta sans avoir l’air de se soucier plus que ça de la musique. Cela reste tout de même frustrant de se sentir un peu seul à reconnaître des morceaux aux premières notes et chanter des vocaux autres que les gros tubes du moment.

Après, il en faut évidemment pour tous les goûts. Là où la mainstage est le temple de la fête sans prise de tête, nous ne pouvons que vous encourager à ne pas hésiter à vous aventurer sur des scènes plus intimistes pour chercher d’autres ambiances : de la folie de la Rise Stage au chill de la Core, il y a une scène pour tout le monde à Tomorrowland et c’est aussi ça la force du festival.

Les 3 meilleurs sets du WE1 selon la team Guettapen

Jengi

Choix purement subjectif évidemment et pas de classement précis dans cette sélection des 3 meilleurs sets, mais il est vrai que le set de Jengi nous a régalés. Le jeune hollandais mixait pour la première fois à Tomorrowland : et bien il ne nous a pas déçus. Dans une Crystal Garden en fusion, le natif d’Amsterdam nous a délivré un set à la vibe tout simplement incroyable. Un mix entre un John Summit style et une Darude/Eurodance. Le résultat était monstrueux et le public présent en transe. Un set évidemment accompagnée de son hit ‘Bel Mercy’, popularisé par Diplo notamment, qui a tout retourné sur son passage. Si vous ne connaissez pas l’artiste, ne loupez pas ce petit joyau !

Alesso B2B Martin Garrix

Vous le savez, la team Guettapen dans son ensemble a toujours été des amoureux de la vibe suédoise et notamment de celle d’Alesso. Son set en mainstage était très correct mais clairement pas incroyable. En revanche, le B2B surprise entre Martin Garrix et Alesso sur la Library Stage était dantesque. Annoncé entre les lignes sur les RS quelques jours auparavant, ce B2B était un moment d’exception. Une communion a l’état pur durant laquelle les 2 artistes ont joué leurs plus grands classiques, chantés par la quasi totalité des festivaliers présents (presque par coeur). Foutue poussière dans l’oeil.

Mau P

Difficile troisième choix mais on va sortir le set de Mau P sous la Freedom. Programmé à 15h, (très tôt), le jeune hollandais (encore un) a rempli la scène. Mau P est le vrai petit crack de 2023 avec de nombreux hits et notamment son dernier ‘Your Mind Is Dirty’ que l’ensemble de la scène électro joue d’ailleurs actuellement. Un set Tech House puissant qu’il est l’un des seuls à délivrer dans ces sonorités. On aurait aimé que le set dure 5 heures. On en redemandait !

Conclusion : une année de transition avec les 20 ans

Comment conclure après une telle expérience ? Cela a beau être notre 8ème édition du festival, on reste émerveillé après chaque Tomorrowland. La décoration, l’énergie du public, le souci du détail. Impossible de ne pas apprécier ce festival pour l’ensemble de son expérience. Peu importe vos goûts, vous trouverez votre bonheur à Tomorrowland, musicalement parlant, gustativement parlant, visuellement parlant. Après avoir essayé les plus gros festivals de la planète, on peut vous le dire, Tomorrowland reste pour nous le meilleur festival de musiques électroniques au monde.

Pour autant, nous avons senti que cette édition était une vraie édition de transition avant les 20 ans qui seront célébrés l’année prochaine. C’est peut être la première fois que nous nous sommes dits que le festival avait stagné cette année. Alors que chaque année, il y avait eu un effet WHAOUH ou de nouveautés, cette année pas de show dantesque, ou d’énorme nouveauté ou même de shows exclusifs. En tout cas, hâte de revenir l’année prochaine pour fêter en beauté les 20 ans de ce festival d’exception.

S.Camelot

La Team Guettapen