Skrillex dévoile enfin ‘Quest For Fire’, son tout nouvel album

On y est enfin. Après des semaines passées avec des releases de ses morceaux par petites gouttes, Sonny Moore a décidé d’enfin faire part au monde de la première partie de son album. Intitulé Quest For Fire, il avait été teasé lors de son Basement Set d’à peu près une demi-heure, dont nous vous avions parlé. On a déja évoqué les titres sortis. Aussi, comme à chaque review, on vous invite à aller lire les articles dédiés, afin d’éviter toute redondance.

On retrouve donc, sur les 15 titres de l’album, 9 nouveaux morceaux, si l’on exclut : les 6 déjà sortis et traités par la Team, ainsi Don’t Get Too Close et Real Spring, qui ne font pas partie de Quest For Fire.

Dans les anciennes marmites, les meilleures soupes : illustration

Premier titre à attirer notre attention : RATATA, en collaboration avec la légendaire Missy Elliott, ainsi que … Quentin Dupieux, a.k.a. Mr. Oizo ! Le morceau sample en effet le cultissime Positif du français, et Skrillex a ajouté une touche hip-hop par dessus. Le résultat est détonant, la composition véhiculant une énergie folle. Quel dommage que le titre dure à peine 2mn…

On poursuit avec Tears, en collab avec Joker et Sleepnet. Ce morceau est surprenant, car il semble mélanger l’ensemble des influences de Skrillex : brostep, hip-hop, 2 step … mais également la petite touche house qu’on pouvait trouver sur Recess. La composition reste par contre, dans son intégralité, gouvernée par une ambiance à la limite de la Liquid DnB. Les multiples gimmicks vocaux donnent à Tears une formidable ambiance. Un vrai bon morceau inédit, comme sait les faire l’américain.

Arrive ensuite Inhale, Exhale. Joué à de multiples reprises, on attendait de pied ferme cette collaboration avec Aluna. On va pas se le cacher : l’instrumentale de ce morceau est DINGUE. On sent que les deux artistes ont pour habitude de travailler ensemble depuis Jack Ü. L’instru Trap, avec ses basses folles, ses wobbles surpuissants, rend le morceau bouillant. Aluna pose également dessus un vocal au souffle court qui ajoute un supplément de rythme au morceau. Assurément l’un des titres de l’album ! A Street I Know poursuit dans cette veine Trap, jusqu’à son deuxième drop, qui se situe à mi-chemin entre le breakbeat et la drum’n’bass. Une chose est sûre : le titre ne nous laisse aucun répit !

Au tour de la Drill d’être représentée sur Hydrate, en collab avec Flowdan (voix qui apparaît sur Rumble), BEAM et Peekaboo. Le morceau prend également des influences dans le reggae et la brostep chères à Sonny. On adore les multiples coups de basse en milieu de morceau, qui ont pour don de bien nous tenir éveillés et de nous surchauffer. On souligne à nouveau la performance vocale de Flowdan, qui porte le rythme du track quasiment à lui seul : il pourrait le chanter a capella ! Quant à Warped Tour 05′, on passe rapidement dessus. On trouve qu’il ne s’agit que d’un interlude/skit, qui n’apporte pas d’intérêt à l’album.

On arrive alors sur Good Space, morceau sur lequel Skrillex réinvite Starrah, qui officiait comme vocal sur Butterflies. On est en présence de 2mn40 de ce que fait de mieux Skrillex, à savoir de la Trap bien mélodique, qui côtoie la Future Bass sur ce track. On vous avoue qu’il est bon, mais qu’il n’a pas attiré plus que cela notre oreille. On passe donc également un peu vite dessus.

Du haut de ses deux petites minutes, Hazel’s Theme est, étonnamment, un interlude bienvenu. Calme, mélodieux, il est porté par un gimmick vocal robotique de Bibi Bourelly qui a pour intérêt de rappeler à notre mémoire un certain autre producteur US, coutumier de cette façon de produire. Vous l’aurez compris, Hazel’s Theme, plus qu’un interlude, est surtout une transition qui constitue une introduction pour le dernier morceau inédit de l’album : Still Here.

Pour celui-ci, Skrillex a fait appel à ni plus ni moins que Porter Robinson ! Ce track à 4 mains est un showcase de ce que font de mieux Sonny et Porter, de la musique rythmée ! Still Here se fonde sur un instrumental 2-step/breakbeat, dont le premier drop est issu du cerveau de Skrillex. On vous dit ça, car la deuxième partie du break fait apparaître la touche mélodique de Porter Robinson par dessus l’instrumentale. Sans oublier le vocal de Bibi Bourelly, qui fait la part belle à l’amitié de ceux qui sont à nos côtés depuis toujours. Ce morceau célèbre donc ce concept, mais également la relation entre Skrillex et Porter Robinson, que Still Here semble immortaliser.

Une soupe sacrément bonne !

Pour le premier projet de son année 2023, Sonny Moore dévoile ni plus ni moins qu’une masterclass avec Quest For Fire. Certes, on regrettera des morceaux parfois courts, ou des interludes dispensables. Il n’en demeure pas moins que l’entièreté de l’album est un exemple d’hétérogénéité dans les styles, mais d’homogénéité dans la qualité de production. Si les changements de répertoire peuvent dérouter certains, Skrillex rend une copie parfaite en termes de trame de l’album. On ne peut que souligner cette performance, qui sublime les productions proposées. On salue également les influences de Four Tet et Fred Again.., que l’on perçoit distinctement sur l’ensemble de l’album.

On vous le disait déjà, on va donc le réitérer : Skrillex a décidé de régner sur 2023. On ne s’attendait cependant pas à ce que soit dès le début de l’année. On attend donc avec impatience le deuxième projet, déjà teasé avec Don’t Get Too Close et Real Spring, qui ont un côté un peu plus Pop.

Stream

Grooves endiablés et douceur mélodique rythment mes journées. Je passe également des disques avec l'équipe après les 39h.