Elektric Park 2022, la marche en avant continue

Le WE dernier, l’Elektric Park, feu Inox Park, fêtait sa 12ème édition, toujours sur les terres de l’accueillante Île des Impressionnistes de Chatou. De notre côté, plusieurs personnes de l’équipe en profitaient eux pour fêter leurs 10 ans de festival. Car oui, pour un certain nombre d’entre nous, l’Inox Park 2012, 3ème édition du festival de Joachim Garraud, a été le premier festival d’envergure. Une autre époque pour l’événement, qui pouvait se targuer cette année là de convier des artistes tels que Armin Van Buuren, Hardwell (finalement absent), Flux Pavilion ou encore Alesso.

Depuis le festival a beaucoup évolué, dans sa programmation, sa configuration sur place, mais est resté un évènement incontournable de la rentrée pour la scène électronique d’Île de France. C’est donc avec plaisir que l’on s’est rendu une nouvelle fois sur la petite île coincée entre Chatou et Rueil-Malmaison, parce que c’est toujours un plaisir d’y croiser plusieurs têtes familières du festival, Joachim et Allô Floride en tête. Mais aussi parce qu’au final, on a toujours un lien particulier avec ce festival qui a marqué nos débuts dans cette musique électronique qu’on aime tant. On s’y sent un peu comme à la maison au final !

Une programmation pointue

Premier point qui nous a frappés cette année, la programmation ! C’était moins vrai avec le passage de l’Inox Park à l’Elektric Park, mais le festival avait toujours pour habitude, au moins sur la scène principale Yellow, de proposer des têtes d’affiches de la scène que la majorité qualifie toujours maladroitement de « EDM » (plus de détails ici pour les curieux du sujet). Ces artistes que l’on qualifierait de « mainstream » pour la plupart, et qui ont l’habitude d’être des têtes d’affiches des plus gros festivals Electro de la planète. On pense par exemple à des Sam Feldt ou Vini Vici pour l’édition 2019 ou encore Kungs et Purple Disco Machine pour l’an dernier. La programmation de la Yellow Stage avait en tout cas pour habitude de faire la part belle à des styles orientés autour de la House et ses dérivés et était souvent vue comme la scène la plus « accessible » du festival.

Cette année la Yellow était essentiellement… techno ! Le premier jour en tout cas, mettant à l’honneur des artistes tels que Sam Paganini, Lilly Palmer, ONYVAA ou encore le b2b entre Space92 et Popof. Un tel afflux du genre sur la scène est assez nouveau et n’est pas pour nous déplaire, tant ça participe à faire s’intéresser les gens à un plus large panel de la musique électronique et pas uniquement aux artistes les plus connus des charts. Même si le closing du premier jour était assuré par l’icône Martin Solveig, on a donc pu profiter sur la Yellow d’artistes comme Mr.Oizo ou un audacieux Boombass / Etienne de Crecy / DJ Falcon en closing du deuxième jour. De vraies figures importantes de notre scène électronique qu’il fait plaisir de voir mises en valeur de la sorte. La Yellow du deuxième jour régalait particulièrement avec l’inédit Vladimir Cauchemar b2b Asdek, ainsi que Mercer et Breakbot, pour une journée nettement plus teintée House que la veille.

Une programmation de styles plus hard comme à son habitude toujours aux petits oignons à l’EPK. Les festivaliers ont pu taper du pied sur du Da Tweekaz, Sefa, Billx, Mad Dog, Hysta, Anime, pour le Hard, Hilight Tribe, Ace Ventura ou Coming Soon pour la psy… La bass a également définitivement fait son retour en force après avoir été délaissée quelques temps avec des pointures comme Zomboy, Atliens, Kanine, ou encore un gros Basstrick b2b Koos. Dubstep, Drum’N’Bass, Bass House, un bel éventail du genre a été balayé, tout en ramenant des artistes plus jeunes et talentueux comme Venga ou les SQWAD.

J’avais envie de mélanger un peu les styles sur la Black Stage. Aussi, je voulais donner une plus grande place aux actes féminins. Leur représentation est toujours un problème dans notre profession. Je ne voulais pas faire que de l’UndGrdMusic, puisqu’il y a principalement des artistes masculins. Du coup, j’ai appelé Marie Berson, qui fait de la deep house et Marine Deringe, assez branchée sur le live.

Joachim Garraud pour Electro News

A souligner également un volonté de Joachim toujours présente pour mettre en valeur des artistes méconnus avec sa Black Stage. Mais aussi une volonté de représenter plus les femmes sur le festival. Aussi bien sur la Black Stage, que sur la Yellow. Une démarche nécessaire et à souligner de la part du boss du festival !

Un bel upgrade des scènes !

Arrivés sur les lieux samedi en début d’après-midi, on retrouve très vite nos marques dans ce lieu qu’on connait bien désormais. A l’entrée sur les coups de 14h / 14h30, on n’a pas constaté de ralentissement particulier pour rentrer. Le gros de l’arrivée des festivaliers se faisant un peu plus tard dans l’après-midi, ça aura peut-être un peu plus bouchonné à ce moment là. Mais de notre côté rien à signaler, c’est fluide et on se retrouve rapidement face à la Yellow Stage qui trône toujours fièrement proche de l’entrée du festival !

Pas de révolution de ce côté, l’idée de la structure de la scène et la production de l’ensemble sont semblables à l’année précédente. Toujours pas de décoration particulière, mais depuis le temps on le sait ce n’est pas l’esprit de la production des scènes du festival. Une belle succession d’écrans LED carrés et rectangulaires, qui donnent moins l’impression de longueur de l’an dernier, mais pour un ressenti d’ensemble tout aussi réussi. Une Yellow Stage dans les standards du festival !

On décale rapidement vers la Blue Stage car on voulait assister à la fin du set d’une artiste qu’on suit attentivement ces derniers mois, la talentueuse Venga. Alors qu’elle met le feu à la foule qui se tasse petit à petit, on découvre avec plaisir que la Blue de cette année reprend la scène mobile lancée par Joachim Garraud pour son concept « Road To Elektric Park ». Une scène qu’on imaginait plus petite en vidéo et qui au final rend parfaitement, surtout pour une scène « secondaire ». Un mur d’écrans LED massif trône derrière les DJs, et de bons gros lance flammes réchauffent la foule. Et dès le début d’après-midi ! C’est une remarque qu’on a beaucoup entendu sur le festival ce WE, la production du festival n’a clairement pas lésiné sur les lance flammes sur la majorité des scènes, et ce dès les premières heures du festival.

Rapide demi tour pour finir de découvrir l’édition 2022 avant le set des SQWAD, on passe devant la Black Stage et là aussi belle surprise. Elle ressemble pour la première fois à une « vraie » scène, avec une structure en prolyte, certes petite, mais digne de ce nom. Ça change de la scène essentiellement constituée de palettes en bois d’il y a 3 ans ! La Red Stage elle, même si elle ne révolutionne pas sa structure d’ensemble, affiche un étonnant mur LED en fond en forme de croix. Une structure qui rappelle immanquablement les visuels d’un certain Martin Garrix et une touche d’originalité appréciable. On sent que cette année la production s’est donnée pour donner un coup de boost utile à plusieurs scènes, et un grand bravo pour ça au festival.

Toujours une fête

En fin de compte, on le ressent vite, l’Elektric Park est toujours la belle fête qui marque la quasi fin de l’été et la rentrée pour beaucoup de monde. Une fête foraine déjà, avec les habituels manèges à sensation et saut à l’élastique qui viennent animer les lieux entre les nombreux stands de merch, boissons et nourritures. Une offre classique de festival, rien à signaler ici, l’EPK a fait ses preuves là dessus et a déjà fait l’upgrade qu’il manquait pendant un moment en passant au cashless. Mais une fête aussi dans le sens communion entre les festivaliers. L’ambiance est à la fois bon enfant et surchauffée sur la Blue et la Red, où ça headbang et tape du pied entre deux pogos bien senti. Clairement, les festivaliers venus pour le Hard, la Psy et la Bass se régalent. Quand on ajoute les lance flammes à cette atmosphère de feu, il fait vite très très chaud front row !

Sur la Yellow, on sent clairement que la moyenne d’âge du public a évolué avec la programmation. Là où depuis l’Inox on avait l’habitude d’y croiser un public très jeune, on a une nouvelle fois pu y croiser des jeunes enfants cette fois, mais avec leurs parents. Cette moyenne d’âge en hausse n’a pas empêché une belle communion du public avec les artistes, bien aidée par les effets de la production et les habituels lancers de sachets de couleur par exemple. Même si on ne va pas se mentir, on a pu sentir de temps en temps le public un peu circonspect face à certaines performances.

De notre côté, des performances qui nous ont marquées il y en a eu ! En premier lieu l’excellent closing des trois figures que sont Etienne De Crecy, DJ Falcon et Boombass. Une ode à la french touch, on a eu l’impression de voyager à travers les années 90 et le début des années 2000 c’était un pur régal. Le genre de sets qu’on voit trop peu en mainstage, et encore moins en closing, on en redemande. Si on a passé la majorité de notre temps sur la Blue on ne va pas vous le cacher, on a quand même pu savourer quelques sets de la Yellow.

Déjà le b2b entre Vladimir Cauchemar et Asdek, un savant mélange entre Bass House, Trap, Electro et plusieurs touches de rap. Les deux acolytes n’ont pas hésité à envoyer du Central Cee ou le dernier hit de Hamza et SCH, « Fade Up », pour un gros succès sur le public. Probablement la plus belle ambiance qu’on aura vue du WE sur la Yellow, avec le closing de la veille sur les plus gros hits de Martin Solveig que la foule reprenait facilement à tue tête. Hits entrecoupés de passages plus « originaux », entre remix Techno de Bande Organisée et un petit coup de Drake.

Côté Yellow, quel kiffe également de revoir enfin Mercer sur scène ! Très discret depuis deux ans, il régale toujours avec sa Disco House, particulièrement appréciable sous le soleil qui régnait, après un Breakbot plus calme mais tout aussi dansant. La veille, ça tapait plus et on a particulièrement accroché à la Techno Acid et dévastatrice de Lilly Palmer avant un excellent duo Space92 / Popof. Deux preuves que la Techno peut fonctionner même sur la scène principale du festivale, à chaque fois quasiment pleine. Le festival aura d’ailleurs essentiellement fait le plein le samedi, le dimanche affichant une fosse nettement plus clairsemée, notamment sur le closing.

Mais comme on vous l’a dit plus tôt, on aura passé l’essentiel de notre temps sur l’excellente Blue Stage. Sur le rythme effréné de la Drum’n’Bass de Murdock et Kanine, qui auront conquis la foule pour une bonne séance de cardio. Aussi sur les grosses performances Bass House des SQWAD et du duo Basstrick / Koos. Les SQWAD nous ont d’ailleurs surpris en jonglant aisément entre House, Tech House, Dubstep, Trap. Le b2b a lui tenu toutes ses promesses, Koos et Basstrick n’ayant pas hésité à balancer également quelques IDs bien senties. On sera également passer faire un tour le lendemain sur la scène pour le duo Hysta / Furyan. On va pas mentir, on est pas les plus gros clients de Hardcore, mais voir le public en furie devant le set de la jeune star montante Hysta était un spectacle qui valait le détour.

Un festival clairement sur la pente ascendante

La bascule Inox Park / Elektric Park a fait du bien au festival de Joachim Garraud, qui est depuis clairement sur la pente ascendante. Alors que de notre côté on commençait à se lasser un peu de l’événement, la collaboration avec Allô Floride a permis d’amener un vrai nouveau vent de fraicheur sur le show. Si la production des scènes était encore un peu timide, on a pu voir un vrai step up cette année. Tout comme un vrai virage dans la programmation du festival. Elle semble déplaire à pas mal d’habitués, vu qu’elle met moins en valeurs d’artistes type « Top 100 DJ Mag », mais de notre côté on salue clairement l’ouverture. Elle couvre un large pan des styles de la musique électronique, et pousse clairement les festivaliers à la curiosité ! L’Elektric Park est clairement sur une belle marche en avant, et on a hâte de voir la suite.

Bulbi
Responsable Interviews