Kasztan se livre à nous pour la sortie de son EP ‘Celeste’

On vous parlait de Kasztan récemmen sur Guettapen. L’ancien de STAL et M83 sortait alors Moonriser en novembre 2021, et conquérait nos coeurs avec de la musique innovante en termes de composition. 2 mois plus tard, le Français frappe à nouveau à l’occasion de la sortie de son EP Celeste. De plus, il a accepté de répondre à nos questions, afin de bien délayer tous les contours qui entourent son projet, et ainsi mieux le définir pour tous…

(c) Thibaud Robiolle pour Kasztan

Guettapen – Hello ! Peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux encore qui ne te connaîtraient pas ?

Kasztan – Hello ! Je suis Pierre Maulini, je suis né à Nice mais j’habite à Paris depuis longtemps. J’ai aussi vécu 4 ans à Los Angeles et je fais de la musique depuis mes 15 ans. Et aussi grand fan de foot.

G – Tu as décidé de te lancer en solo après des expériences avec STAL et M83. Ta musique est aussi bien différente de ce que tu as pu faire auparavant. Comment as-tu senti ce changement de paradigme, et le fait de passer à de la création solo après quelques années de travail en équipe ?

K – Je pense que c’est une évolution assez naturelle chez moi, dans le sens ou mis à part M83 pour qui j’étais musicien de session avec une certaine liberté, j’ai toujours été le principal compositeur sur STAL même si nous travaillions en équipe. J’ai aussi l’habitude de travailler seul depuis quelques années sur mes compositions de musique à l’image mais c’est vrai que le contexte du covid a joué un rôle d’accélérateur sur mon lancement en solo dans un nouveau projet.

G – Tu es comparé à des artistes comme Lawrence Hart, ou Rival Consoles, en raison de cette vibe downtempo, qui hypnotise son auditeur. De quels artistes (ceux-ci ou d’autres) penses-tu te rapprocher en termes de style musical, en ton sens ? Mais surtout, comment définirais-tu ton style ?

K – Je pense qu’on peut peut parler de Techno mais j’aime aussi inclure des éléments IDM, glitch, breakbeat et bien sur post-rock avec mes textures de guitares. J’ai un gros faible pour la scène anglaise notamment ceux du dessus mais aussi Ross From Friends, Logic1000, Overmono et Max Cooper pour le côté mélodique. D’ailleurs ça me fait plaisir que tu évoques Lawrence Hart car j’adore vraiment son travail. D’ailleurs il vient de finir un remix pour Through The Skies, qui sortira dans la foulée du EP.

G – Tu as pu collaborer avec le déjanté Ouai Stéphane, sur « Las ». Si vos styles semblent se rapprocher, son approche peut différer légèrement de la tienne par instants. Peux-tu nous raconter la genèse de cette collaboration ?

K – On s’est rencontré durant une résidence artistique en Pologne à l’été 2021 organisée par le CNM. Match immédiat humainement, je sais pas si c’est parce qu’il est des alentours de Nice aussi, si parce qu’on est Vierge tous les 2 ou si parce qu’on aime le foot et les pierogis mais ce fut une riche rencontre. Sur ce titre, il y a aussi la présence de David Aka Vapa et Lucile aka Amaurie, que j’ai rencontré sur cette résidence. Le morceau est né suite à mon initiation au plug in Paul Stretch que m’a fait découvrir Stephane et de là, je me suis mis au piano et chacun a apporté sa pierre à l’édifice. C’était un peu le point d’orgue de cette résidence assez dingue.

(c) Thibaud Robiolle pour Kasztan

G – Tu as un nouveau morceau qui sort le 27 janvier, après I Can’t et Moonriser en novembre dernier. Il s’intitule Through the Skies, et il fait partie intégrante de ton nouvel EP. Quel a été le processus créatif tant pour le morceau que l’EP ?

K – Kasztan est un projet tellement récent qu’il est encore en maturation. Sur cet EP, on peut déjà sentir deja l’evolution par rapport au premier. Mon challenge était d’aller vers des sonorités peut-être un peu plus dark et commencer à intégrer des éléments plus breaks comme sur Through The Skies et Moonriser tout en gardant ce fil rouge de mon histoire musicale qui est la guitare, soit en arpèges soit en textures. Je pense qu’au fil du temps je garderai toujours l’envie de faire des tracks à base de build-ups car c’est un trait commun entre techno et post-rock.

G – Tu as, comme beaucoup d’artistes affronté la pandémie à coups de releases et de production musicale. Quelle est ta routine depuis ces deux années ? As-tu souffert, à un moment, du syndrome de la page blanche ?

K – Jamais eu cette peur de la page blanche car j’ai jamais arrêté d’écrire. Alors bien sûr, ça veut dire qu’il y a beaucoup de déchets et que des fois on se dit que la route va être longue mais ça sert dans l’apprentissage. Donc oui, j’écris depuis 2 ans, j’ai aussi des plans de musique à l’image ce qui permet de sortir aussi du cadre pur de Kasztan. Kasztan est littéralement né pendant le confinement lorsque je ne pouvais plus faire de musique avec mes potes, c’était le moment pour que je me lance définitivement en solo.

G – Au niveau production, quels sont les outils que tu emploies le plus ?

K – J’ai peu de Hardware pour des raisons de place mais j’utilise un Novation Bass Station, c’est un peu mon go-to et je le fais passer dans mes pedales de guitare, ma Rat notamment pour une bonne saturation. Bien sûr ma guitare, que j’utilise maintenant directement avec Guitar Rig, contrairement à beaucoup, j’ai toujours aimé le côté froid du digital. En plug-ins, on va du SH 101, ABL 3 à des plugs plus cinématiques comme ceux de chez Spitfire Audio. Je suis fan de leurs produits.

G – Ton nom de scène est un clin d’œil à la personne qui partage ta vie. Comment s’articule ton projet musical avec ta vie privée ? Arrives-tu à jongler entre les deux et à les concilier ?

K – Bien sur, l’avantage c’est que ma femme travaille dans la création artistique dans le domaine de la mode et du luxe. Donc, nous sommes assez libres dans nos emplois du temps et c’est très pratique pour bosser chacun de notre coté ou même ensemble dans certains cas.

G – Quel artiste voudrais-tu aller voir/écouter en 2022 ?

K – Un concert de Rival Consoles sans hésiter !

G – Et enfin, dernière question : que peut-on te souhaiter pour cette année à venir relativement à ton projet ?

K – Des rencontres, de nouvelles collabs et surtout retrouver le plaisir de jouer pour des gens en face de soi !

On remercie Pierre pour sa disponibilité dans la réalisation de son interview. Son EP ‘Celeste’ est désormais disponible sur l’ensemble des plateformes de streaming. Cela vous permettra, pour certains, de poursuivre l’aventure initiée ensemble dès novembre 2021 sur Guettapen. Pour d’autres, vous aurez le plaisir de découvrir un artiste à grandement surveiller en 2022.

Grooves endiablés et douceur mélodique rythment mes journées. Je passe également des disques avec l'équipe après les 39h.