Récap : Fun Radio Ibiza Experience 2018 à l’AccorHotels Arena

 

Déjà la troisième édition pour la Fun Radio Ibiza Experience, l’évènement EDM organisé par la radio française dans l’enceinte de l’AccorHotels Arena. Malgré les détracteurs qu’on peut voir sur les réseaux sociaux, le concept n’a pas bougé d’un iota : des sets de moins d’une heure des plus gros artistes dance de la planète, résidents au Hï à Ibiza l’été (qui a pris la suite de l’Ushuaïa sur l’affiche mais qui fait partie du même groupe). Et ça fait toujours du bien d’avoir ce genre de soirées dans la capitale pour diversifier l’offre électronique ! Pour la troisième année consécutive donc, on vous propose un récap détaillé de la soirée qui, pour rappel, sera rediffusée en intégralité sur W9 le samedi 5 Mai à 23h30.

La salle / la scène

Première grosse nouveauté de l’année, le renouvellement total de la scène par rapport aux deux premières éditions. Exit la scène ovale de l’Ushuaïa, la soirée étant officiellement organisée en partenariat avec le Hï cette année on pouvait, avec un mince espoir, penser retrouver les fameux panneaux à LED amovibles du plafond du club d’Ibiza mais il n’en était rien malheureusement. On imagine évidemment que c’est de toute façon compliqué à installé au plafond d’une salle comme l’AccorHotels Arena…

Une structure toute nouvelle donc, vraiment massive qui occupait vraiment tout l’espace possible que ce soit en hauteur et en largeur. Une structure néanmoins assez basique dans sa conception et sa disposition : full LED évidemment comme les autres années, mais cette fois uniquement des panneaux rectangulaires de taille variable disposés en fond en forme de losange, et une régie cachée derrière un panneau rectangulaire creux et incliné. Mais même si la structure a pu nous paraitre simple dans sa structure, un point n’a pas changé : la production est toujours au top et la scène bien exploitée ! Bien aidée notamment par les nombreux visuels très classes et épurés des artistes des artistes. On pense notamment à ceux de Armin Van Buuren et Kungs. Niveau show visuel, la structure était soutenu par ce qu’il fallait d’effet : lasers, confettis, flammes de couleur devant le DJ, CO2 et quelques effets pyrotechniques supplémentaires de temps en temps. Visuellement tout ça était parfaitement efficace !

Le public / l’ambiance

Autre belle évolution cette année, le public ! Dans une AccorHotels Arena pleine à craquer pour l’occasion, on a pu observer un public sensiblement différent des deux précédentes éditions. Si le public « apéro » assez jeune venu pour se défouler est toujours là et plutôt bien éméché, on a constaté un important élargissement de la tranche d’âge présente. Si on a pu croisé quelques pré-adolescents, on a surtout vu un nombre important de personnes entre 30 et 50 ans biens tassés. L’effet Armin ? La majeure partie d’entre eux affichaient en effet fièrement des tshirts avec le logo du néerlandais. L’artiste ne s’étant pas produit sur Paris depuis de nombreuses années, c’était en effet un show immanquable pour les fans de la première heure !

L’ambiance ne sera vraiment montée d’un cran qu’à partir du set d’Armin Van Buuren d’ailleurs, qui a bombardé bien comme il faut on y reviendra plus tard. Pour le reste, même constatation que les années précédentes, public chaud bouillant… parfois ! Un public qui a du mal à rentrer dans les sons un peu plus pointus (comme l’excellente ‘Grey’ de Kölsch par exemple) mais qui ira volontiers chanter sur les tubes radio de Kungs par exemple. Peu de surprise de ce côté là donc.

Les sets

Nous sommes arrivés dans l’enceinte parisienne sur les coups de 19h. Le temps de passer les check in et faire le tour des backstage, nous avons pu écouter les quelques dernières minutes d’Adrien Toma, venu conclure le passage des artistes Fun Radio. Pris par une interview avec Don Diablo ensuite (très bientôt en ligne !), nous n’avons malheureusement pas pu assister au set de l’excellent Hugel.

Avant le coup d’envoi de la soirée, Fun Radio a tenu à rendre un hommage vibrant à Avicii, tragiquement disparu il y a une semaine maintenant. Grand portrait du suédois sur les écrans, ‘Wake Me Up’ en acoustique, ambiance frissonnante dans la fosse. Toute la soirée aura d’ailleurs été parsemée d’hommages au suédois, de Martin Solveig à DJ Snake en passant par Don Diablo. Plusieurs titres de l’artiste ont été joués avec à chaque fois une bonne dose d’émotions pour le public : ‘Wake Me Up’ donc mais aussi ‘Levels’ ou ‘Fade Into Darkness’.

On rentre ensuite dans le vif du sujet avec Kungs, premier artiste de la soirée. Pour son retour dans la plus grande salle parisienne après y avoir déjà joué en warm up pour David Guetta à ses débuts, le jeune français ne s’est pas démonté et a proposé un set très intéressant dans la lignée de ce que l’on a pu voir de lui à Miami il y a un peu plus d’un mois. Sans aller à la facilité en balançant uniquement tube sur tube, Kungs a su distiller quelques titres plus pointus comme ‘Grey’ de Kölsch dont on a déjà parlé ou l’excellente ‘Candy’ de Tony Romera sortie dernièrement chez Confession. Pas les titres qui ont eu le plus du succès il faut l’avouer mais le public a répondu présent sur les titres du frenchy comme ‘I Feel So Bad’ en intro ou encore les tubes ‘Versace On The Floor’ (remixé par CID), ‘Shined On Me’ ou la Future House toujours efficace de Don Diablo avec ‘Momentum’.

Vint ensuite le tour de R3hab, pour son retour à l’évènement deux ans après un premier passage où il ne nous avait pas vraiment enchantés, balançant drop sur drop sans véritable fil conducteur à son set. Moins d’acharnement sur les drops cette fois, son set se laissait doucement écouter. Ce qui frappait néanmoins c’est à quel point une bonne partie de sa tracklist semblait bloquée trois ou quatre ans en arrière (‘Tremor’, ‘Ping Pong’, sa collab’ ‘How We Party’ avec VINAI). Pas le set le plus marquant de la soirée clairement, mais rien de vraiment désagréable.

Au tour de l’une des deux grosses têtes d’affiches (annoncées) de la soirée, le néerlandais Don Diablo et sa Future House toujours ultra dynamique et efficace sur un dancefloor. Animé par ses visuels très cinématographiques mettant à l’honneur sa marque Hexagon, le set du Don était quasi exclusivement composé de ses propres titres et remix hormis deux mashups pour rendre hommage à Avicii : ‘Wake Me Up’ avec ‘Midnight City’ de M83 (remix Eric Prydz) d’abord, ‘Fade Into Darkness’ avec son titre ‘Believe’ ensuite. Pour le reste du grand classique Don Diablo avec ses plus gros tubes : ‘Cutting Shapes’, ‘Momentum’, son remix de Coldplay / Chainsmokers, son Edit de ‘Tunnel Vision’… Du grand classique Don Diablo sans grand surprise, on a eu ce à quoi on s’attendait !

Malheureusement une nouvelle fois pris par un emploi du temps des interviews un peu changeant, nous avons du manquer une bonne partie du set de Martin Solveig. De ce qu’on a entendu, on a eu la surprise de le voir lui aussi jouer ‘Grey’ de Kölsch. Lui aussi est passé par la case Avicii en jouant ‘Levels’. Et évidemment lui aussi vu la longueur du set a du passer rapidement par la case tubes avec ses titres ‘All Stars’ ou ‘Do It Right’ par exemple.

Au tour du grand patron de la soirée, Armin Van Buuren, venu à Paris ponctuer une longue journée pour lui puisque avec le festival Kingsday aux Pays-Bas, il assurait pas moins de 4 shows ! Pas le moins du monde affecté, il arrive frais comme un gardon toujours avec son légendaire sourire au visage pour retourner l’AccorHotels Arena. C’est simple la foule a été en fusion tout le long du set du néerlandais, bien qu’il n’ait au final pas balancé de vrai tube « mainstream ». De l’intro sur ‘The Last Dancer’ avec Shapov à son éternelle conclusion sur ‘Great Spirit’ version hardstyle, Armin a tapé fort tout le long. Son ID ‘Blah Blah Blah’ qui fait beaucoup parler depuis Miami a eu un très bel echo sur la foule, tout comme ses derniers titres ‘You Are’, ‘Sex Love & Water’ ou ses plus anciens tubes ‘Sunny Days’ et ‘Heading Up High’. Pas l’Armin qu’on affectionne le plus lorsqu’il se produit à l’ASOT notamment, mais un Armin qui a mis absolument tout le monde d’accord. Patron !

On arrive donc au moment « théorique » de la fin de la soirée. En effet, même si la majorité s’attendaient à une surprise, seuls 5 artistes majeurs avaient été annoncés pour la soirée et on en avait donc fait le tour après le passage d’Armin. Du coup certains commencent déjà à quitter la salle et finiront par le regrette puisque c’est finalement DJ Snake qui débarque aux alentours de 23h20 ! Environ deux mois après son passage dans l’Arena pour son propre show, il s’empare de nouveau des platines devant une foule en délire. On avait rarement vu une telle explosion à l’annonce d’un artiste. Set court, il va à l’essentiel. Gammer, ‘The Drop’ en intro, ‘Get Low’, ‘Let Me Love You’, ‘Magenta Riddim’ en conclusion avant une Marseillaise pour la forme. On a aussi eu droit au Snake énervé évidemment à coups de ‘Propaganda’ ou du fameux ‘Whistle’ de 4B et Teez. Aucune surprise pour qui l’a déjà vu ces derniers mois, mais un public conquis.

Au final, l’évènement a un peu évolué, avec une initiative louable de faire évoluer la structure de la scène notamment. Mais comme les années précédentes, on aimerait toujours que le format des sets évolue. Des sets aussi courts sont souvent sans saveur particulière, on passe un moment sympa sur le coup mais on a du mal à être marqué durablement. La Fun Radio Ibiza Experience reste donc un show visuellement plutôt clinquant, qui plaira à un public large, et surtout un event nécessaire pour l’offre EDM de la région parisienne. On remercie d’ailleurs Fun Radio de proposer ce genre d’évènements depuis 3 ans maintenant. Si vous êtes plus exigeants musicalement et que vous recherchez des sets plus atypiques, ce n’est toujours pas pour vous. A voir si le format évolue l’année prochaine avec, pourquoi pas, une programmation un peu plus pointue ! Une soirée qui remplit son contrat une nouvelle fois, faire plaisir à son public.

Bulbi

Crédit Photos 📷 S.Camelot

Bulbi
Responsable Interviews