Tomorrowland : « L’incendie ? Le coup de massue de notre vie »

Tomorrowland

Ils sont extrêmement rares dans les médias. Les frères Michiel et Manu Beers, les grands patrons du groupe Tomorrowland, ont accordé une interview exceptionnelle au média belge HLN. Dans ce long entretien, les très discrets PDG sont revenus en détail et avec une émotion non dissimulée sur l’épreuve de l’incendie de la mainstage de l’édition 2025 en Belgique.

Réaliser l’ampleur des dégâts

Pendant les premiers instants de l’incendie, expliquent-ils, ils n’ont pas réalisé l’ampleur des événements :

Pendant les dix premières minutes, je hurlais littéralement : “Merde !” “Merde, on va devoir annuler Tomorrowland !” C’était surréaliste. Mais ces images, elles restent gravées dans ma mémoire. Et honnêtement ? Je n’ai pas envie de les revoir avant un moment. Peut-être plus tard.

Tout ce qu’il se passait autour de nous… les médias, le monde entier qui nous regardait… on ne l’a vraiment compris qu’après. Le nombre de personnes qui nous ont témoigné leur soutien. Toute cette chaleur humaine.

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland
Photo de l'incendie de la mainstage de Tomorrowland 2025

Le plus cocasse dans l’histoire, c’est que quelques heures avant l’incendie, les deux frères prenaient leur repas annuel pré festival, avec leur garde rapprochée, pour célébrer le début de l’événement :

Si seulement on avait su alors que quatre heures plus tard, on allait recevoir le coup de massue de notre vie.

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland

Depuis leurs bureaux, les deux frères voyaient l’épais nuage de fumée s’envoler dans le ciel de Boom. Ils ont pris leur vélo et sont arrivés à toute vitesse sur les lieux de l’incendie pour constater les dégâts :

On devait s’éloigner de la chaleur extrême, alors on est allés sur la colline avec l’équipe principale. On est restés assis là pendant une bonne dizaine de minutes, sans dire un mot. On voit les pompiers arriver. On se demande : est-ce qu’ils vont réussir à l’éteindre ? 

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland

Trouver des solutions rapidement

Heureusement, les pompiers ont pu maîtriser le feu et aucun blessé n’était à déplorer. Un véritable soulagement pour les deux patrons qui a permis à chacun de reprendre doucement ses esprits. Mais pas facile de garder le sourire quand le pire est arrivé :

Le plus dur, au début, c’était de dire aux gens : restons positifs, on va trouver une solution. On s’entend le dire et on a presque l’impression d’être ridicule : « Bart, tu peux vérifier s’il y a de nouveaux haut-parleurs ? » alors que l’endroit où ils sont supposés se trouver est parti en fumée. J’avais peur qu’ils pensent : « Ils sont en train de devenir fous ».

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland

Pour les deux patrons, les heures qui ont suivi n’ont pas été simples. Il a fallu prendre des décisions vite, et des décisions fermes. Car plus de 38.000 personnes arrivaient le lendemain au camping. Après une nuit de concertation, la décision fût prise de monter une nouvelle mainstage en urgence :

Les hôtels étaient complets. Les avions étaient pleins. Pas de festival, c’était tout simplement impensable. Mais nous étions pleinement conscients que, malgré notre optimisme et notre détermination à faire de cet événement une réussite, le festival ne tenait plus qu’à un fil. Dans une telle situation, il était essentiel d’être transparents.

On a brainstormé, dessiné et fait des calculs jusqu’à tard dans la nuit. Au matin, on avait un plan pour une nouvelle scène, réalisable dans les délais et reconnaissable comme étant celle de Tomorrowland. Tout le monde était immédiatement prêt à donner le meilleur de soi-même. Et c’est là que l’on a compris la force de nos liens dans ces moments cruciaux, mais aussi l’excellence de nos professionnels qui se réunissent chaque année pour construire à Boom un ouvrage unique au monde.

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland

Une cicatrice commune

Alors que le festival a ouvert ses portes à 12h le vendredi, la mainstage de secours n’a elle pu être officiellement lancée qu’aux alentours de 16h. Mais la foule, présente, patientait sur la célèbre colline de Boom, et l’ambiance y était tout simplement exceptionnelle :

À chaque fois qu’une enceinte était installée ou qu’une vidéo était testée, des applaudissements fusaient sur la colline. L’ambiance était incroyable. On avait l’impression que l’équipe technique était les artistes. Et bien sûr, c’était le cas. Sans eux, Tomorrowland 2025 n’aurait jamais existé.

À l’ouverture de la mainstage, des larmes ont coulé, c’est certain. Mais en même temps, on le savait : après deux jours de lutte, on y est arrivés. Et pourtant, ce n’était que le début de l’événement. Mais nous l’avons traversé et vécu ensemble. C’est une sorte de cicatrice que l’on porte en commun et qui nous rend plus forts.

Michiel et Manu Beers, patrons du groupe Tomorrowland
Photo prise lors de Tomorrowland 2025

L’interview se termine par un très beau message de la part des deux Belges. Une reconnaissance envers toutes les parties prenantes de Tomorrowland sans qui tout cela n’aurait pas pu être possible. Ils y remercient le gouvernement, les pompiers, la police, les fournisseurs, les partenaires ou encore les bénévoles.

Créateur de Guettapen et passionné de musiques boom-boom depuis plus de 20 ans.