8 artistes dont le changement de nom a relancé la carrière

S. Camelot

De nombreux DJs/producteurs entretiennent plusieurs projets artistiques en parallèle. On pense évidemment tout d’abord à Eric Prydz, qui sort régulièrement des morceaux sous ses alias Cirez D ou Pryda. Une figure comme Armin Van Buuren a également longtemps entretenu des projets annexes comme Rising Star ou GAIA. Oliver Heldens se produit lui régulièrement sous son alias Techno HI-LO. C’est souvent un moyen pour ces artistes d’explorer différents univers sonores, sans perdre leur public. Chaque alias étant clairement identifié à un style particulier.

Mais si beaucoup mènent plusieurs projets en même temps, certains ont carrément décidé de changer complètement de nom. Et de laisser de côté leur ancien projet pour repartir presque de 0! On a essayé de vous lister 8 cas particulièrement intéressants d’artistes ayant changé de nom de scène, pour le meilleur. Leur point commun est en effet que ça leur aura permis de totalement relancer leur carrière !

Mau P / Maurice West

On démarre cette sélection avec sûrement le cas le plus emblématique de ces dernières années. On veut bien sûr parler de Mau P ! Apparu fin 2022 avec son tube « Drugs From Amsterdam », vous n’êtes évidemment pas sans savoir que le Néerlandais n’était pas un débutant. Il était en effet déjà bien présent, sous le nom Maurice West, ayant déjà quelques succès dans un style beaucoup plus Big Room. Proche de labels comme Revealed ou Mainstage Music, il fait partie des jeunes talents en devenir de la scène. Mais en 2022 c’est donc un revirement pour lui. Finie la Big Room, place à la Tech House. Et ce fut clairement la meilleure décision de sa carrière. Ce rebranding complet lui permet d’être l’un des artistes les plus en vogue du moment. Régulièrement à l’affiche des plus gros festivals du monde, il aura notamment crevé l’écran à Coachella cette année.

Charlotte De Witte / Raving George

On ne présente plus Charlotte De Witte aujourd’hui. Faisant partie des principales têtes d’affiche de la scène Techno actuelle, la belge remplit des salles de plusieurs dizaines de milliers de personnes et se produit sur les plus grosses scènes de la planète. Ce que moins de personnes savent néanmoins, c’est qu’elle a démarré sa carrière sous un autre nom, Raving George ! Derrière ce nom volontairement masculin se cachait une volonté pour elle d’esquiver les stéréotypes sur les femmes. Après une première apparition à Tomorrowland en 2011 (après avoir remporté un concours) et un premier succès avec « You’re Mine » chez Spinnin’, elle décide de se mettre à fond dans la Techno et de ne plus se cacher derrière un alias masculin. En affichant clairement sa fierté d’être une femme, et en assumant un virage total vers la Techno, elle a ainsi fait complètement décoller sa carrière.

CamelPhat / Whelan & Di Scala

Ce n’est pas un secret, CamelPhat est un duo britannique formé de Dave Whelan et Mike Di Scala. Ils ont commencé à se faire connaître sous ce nom avec « Paradigm« , sorti en 2015 chez Axtone, avant la véritable explosion en 2017 pour la sortie de leur énorme tube « Cola ». Ce qui est moins connu néanmoins, c’est qu’avant ces succès ils produisaient déjà sous de nombreux alias, le plus connu étant tout simplement « Whelan & Di Scala« . Mike Di Scala avait déjà même une petite réputation dans le Happy Hardcore avec un projet solo, mais aussi pour sa participation au groupe Ultrabeat. Sous Whelan & Di Scalo, ils ont sorti de nombreux remixes et bootleg qui ont eu leur petit succès sur la scène Electro. Avant d’emprunter donc un nouveau chemin plus proche des sonorités Tech/Melodic avec CamelPhat, pour l’énorme succès qu’on leur connait aujourd’hui !

Gordo / Carnage

Dans les années 2010 à 2020, Carnage c’est synonyme de douceur et de volupté, de Deep House qui chatouille les oreilles… pas du tout évidemment! Carnage c’est l’un des symboles du charcutage en règle. Avec évidemment cette vidéo culte où il fait découvrir son morceau « Holy Moly » à un Steve Angello mi perplexe mi mort de dire. Mais le meilleur exemple du n’importe quoi de sa violence dans ses productions, c’est probablement son cultissime « El Diablo », qu’on vous invite à redécouvrir d’urgence (prévenez vos voisin d’abord quand même).

Puis vient la période COVID et les années 2020, et Carnage décide alors de se mettre à la House avec « KTM », son premier titre. Un morceau qu’il tease avec son ton provocateur habituel comme le titre qui va « changer la House Music pour toujours ». Il annoncera ensuite rapidement abandonner totalement le projet Carnage au profit de Gordo, plus dans l’air du temps. Un revirement qui lui aura permis de tourner dans les lieux les plus hype, de Ibiza à Zamna, en passant par Las Vegas.

MEDUZA / Simon De Jano, Madwill

Photo de MEDUZA, des artistes qui ont changé de nom

« Show me a piece of your heart, a piece of your love… » 2019, ces paroles tournent en boucle sur les ondes, c’est le nouveau tube d’un trio qui débarque et intrigue, les MEDUZA. Mais quand on y regarde de plus près, derrière ces trois Italiens se cachent en fait des noms pas inconnus des fans assidus de la scène électronique… MEDUZA c’est en effet Luca De Gregorio, Mattia Vitale et Simone Giani. Des noms qui avaient déjà sorti quelques titres sur des labels notables les années précédentes.

Mattia Vitale était connu sous le nom de Madwill, ayant sorti des tracks chez Protocol, Size ou encore Sosumi, l’ancien label de Kryder. On a un peu le même CV de l’autre côté avec Simone Giani, aka Simon De Jano. Souvent en collaboration avec Bottai (aujourd’hui GENESI), il était pleinement intégré dans la mouvance « Groove Cartel » de Kryder & Tom Staar. En se rassemblant sous MEDUZA et en prenant un virage un peu plus Pop, les 3 Italiens sont ainsi passés d’artistes House réservés aux puristes de la scène à des superstars mondiales explosant tous les scores de stream.

Odymel / GODAMN

Pendant les plus belles années de la Bass House et de Confession, le label de Tchami, le duo GODAMN était un résident récurrent de la maison. Les deux amis y ont signé plusieurs titres assez quali mais, le genre s’essoufflant petit à petit, le projet GODMAN prend finalement fin en 2022. Pour continuer, il était temps de prendre un nouveau chemin et rebrander tout ça ! C’est ce que décide de faire Antoine Lauffer, moitié du duo, en se lançant en solo sous l’alias Odymel. Un nom choisi parce que c’est tout simplement… le verlan de « Melody ». Le succès est désormais au rendez-vous et sans commune mesure avec ses années sous GODAMN. Il est en effet l’un des fers de lance de cette nouvelle scène jonglant entre Hard Trance, Techno et Eurodance parmi des artistes comme Funk Tribu ou Pegassi.

Vertile / Chordinatez

Photo de Vertile, un des artistes qui a changé de nom

On va maintenant faire un tour du côté de la scène Hardstyle avec Vertile. De son vrai nom Mees Van Der Berg, le Néerlandais a d’abord démarré sa carrière sous le nom « Chordinatez » en 2017. Mais après assez peu de sorties, il décide déjà de repartir de zéro avec un nouveau projet. Comme il l’explique lui-même en interview, il avait le sentiment que « son nouveau projet et sa nouvelle vision conviendraient mieux si il repartait de 0, car son précédent alias n’avait pas conduit à un succès majeur ». C’est ainsi qu’est né Vertile, un nom censé représenter son côté versatile et ses nombreuses ambitions. Il se produit désormais uniquement sous ce nom depuis 2019. Et le succès est bien arrivé pour lu ! Il est désormais l’une des figures majeures de la scène. Collaborant avec les plus grands et jouant sur les festivals les plus importants.

Kölsch / Rune RK

Avant d’être l’une des figures majeures de la scène Techno/Melodic/Deep à partir du début des années 2010, Kölsch avait déjà une carrière notable, mais dans un style assez différent. En effet, le nom complet du Danois est Rune Reilley Kölsch soit… Rune RK, l’auteur de Calabria, l’une des mélodies les plus célèbres de l’histoire de la musique électronique ! Ce morceau est sorti en 2003. Et a été remis au goût du jour en 2007 par un rework du groupe Enur duo composé notamment de… Kölsch encore une fois. Créer un hit aussi intemporel que « Calabria » l’avait un peu enfermé dans une image de producteur de tubes commerciaux. Une image qui ne lui allait pas. C’est pourquoi en 2010 il a décidé de switcher vers son projet Kölsch. Qui correspond mieux à sa vision plus mature de la musique et qui lui ressemble vraiment. Le pari était risqué, mais le succès une nouvelle fois au rendez-vous !

Couteau suisse et doyen de l'équipe à mi-temps, navigant entre Tech House, Progressive, Bass House, Melodic Techno, Trance, Deep, Electro...