Urgences saturées à Ibiza, les clubs pointés du doigt

Les effectifs du SAMU 061 dans les Pityuses. Zone de santé d’Ibiza et Formentera.
Les effectifs du SAMU 061 dans les Pityuses. Zone de santé d’Ibiza et Formentera.

L’île blanche vit un été sous haute tension. Alors qu’Ibiza accueille chaque année des millions de clubbers venus du monde entier, les infrastructures publiques montrent des signes de saturation critique. Le service ambulancier, notamment, est en grande difficulté. Depuis plusieurs saisons, la situation se dégrade. Mais 2025 semble marquer un point de non-retour, selon les professionnels de santé.

Un service d’urgences publiques à Ibiza submergé par les clubs

Chaque jour, les ambulances publiques assurent 15 à 16 interventions d’urgence. Près d’un tiers est directement lié aux grands établissements de nuit. Les incidents sont variés, souvent complexes, et fréquemment liés à l’abus de substances. Les équipes rapportent des situations violentes, parfois dangereuses pour le personnel. À cette pression quotidienne s’ajoute un déficit structurel inquiétant. Le parc de véhicules est vétuste et mal entretenu. Certaines ambulances circulent sans air conditionné, sous des températures internes dépassant les 45 °C.

Nous allons devoir immobiliser certains véhicules. Travailler dans ces conditions met nos vies et celles des patients en péril

José Manuel Maroto, président du comité d’entreprise du syndicat des ambulanciers (USAE)

Des clubs qui se dédouanent

Dans ce contexte alarmant, les grandes discothèques sont dans le viseur. Seul le DC-10 a recours à un service privé d’ambulance. Tous les autres – de Hï à Ushuaïa, en passant par Amnesia, Lío ou le géant UNVRS – reposent sur le système public, déjà saturé. ‘Il est inconcevable que des entreprises qui génèrent des milliards d’euros ne prennent pas en charge ce service’, dénonce Maroto.

UNVRS, le plus grand club de l’Île

L’afflux touristique ne cesse d’augmenter. En 2024, 3,6 millions de visiteurs sont venus pour seulement 161 000 résidents. Une disproportion qui alimente un sentiment d’abandon. D’autant plus que les clubs n’ont pas l’obligation de contracter un service médical privé, hormis la présence d’infirmiers.

Un système en rupture imminente

La gestion administrative empire la situation. De nombreux contrats n’ont pas été renouvelés à temps, faute de réactivité des services publics. Résultat : les effectifs sont insuffisants et les heures supplémentaires explosent. En juin, elles ont atteint 2 400 heures. Les arrêts maladie se multiplient. Et toute grève est impossible, le service étant considéré comme essentiel.

Dans ces conditions, les syndicats réclament des mesures immédiates : plus d’effectifs, des véhicules modernes, une base opérationnelle adaptée et, surtout, des clubs qui assument leurs responsabilités. “Le modèle actuel n’est pas soutenable. Ce sont les travailleurs, les résidents, et la santé publique qui en paient le prix”, conclut Maroto. Il appelle les autorités locales à agir avant que le système ne s’effondre.

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