A Rotterdam, A State of Trance réussit sa transition et esquisse un futur des plus prometteurs

ASOT Area 1

A State Of Trance était de retour ce week-end aux Pays-Bas. Pour la première fois, la réunion de famille annuelle de la scène Trance investissait un nouveau lieu, le Ahoy Rotterdam. En effet, on vous l’annonçait l’an dernier, A State Of Trance se devait de déménager du mythique Jaarbeurs d’Utrecht. Plusieurs raisons à cela : la ville d’Utrecht ayant décidé de démolir le complexe qui accueillait la Mainstage du festival, mais également un désir de donner un nouveau souffle et une nouvelle dynamique de la part des organisateurs.

Et pour la nouveauté, on peut dire qu’on a été gâté. On aura eu droit à un festival format XXL se déroulant sur deux jours comprenant aussi un programme en journée avec des activités, conférences et meet-ups. Alors, nouveau lieu, nouveau format, pari réussi ? Retour en détail sur cet évènement majeur de ce début d’année.

Une programmation sans frontière, très ouverte aux courants Techno en vogue.

La programmation de cette année rassemblait comme tous les ans, un panel varié couvrant l’ensemble des couleurs de la scène musicale Trance & Progressiveet Melodic Techno. Forcément, on retrouvait un programme des plus solides et des plus denses avec aussi bien les « vétérans » de la scène, des petits nouveaux et des sets exclusifs sous la forme de B2B. En soit, chacun pouvait y trouver son compte, entre zone de confort et découvertes. Forcément cela ne se faisait pas sans quelques compromis, puisqu’il fallait se partager entre les 5 scènes que proposait le Ahoy. On regrette forcément dans ce genre d’évènement de ne pas pouvoir se cloner !

Dans la continuité de la programmation de l’année dernière avec ARTBAT et Enrico Sangiuliano la programmation s’ouvrait largement aux sonorités Melodic Techno et Techno, en vogue. Un pari risqué, car on sait que la #trancefamily reste attachée à son style et à ses idoles. Et oui, exit les Markus Schulz, Paul van Dyk, Aly & Fila, Gareth Emery et autres gloires de la scène Trance historique. On retrouvait ainsi des artistes plus « modernes », tel que Coeus, 8Kays, Space Motion, Argy, Miss Monique ou même l’acolyte de David Guetta, MORTEN et son style Future Rave. Impensable il y a quelques années, désormais réalité. L’area 3, qui était la deuxième scène la plus imposante du festival et celle retransmise en livestream avec la main, était d’ailleurs exclusivement dédiée à ce courant melodic techno qui explose. On peut dire qu’au vu de la fréquentation de cette stage, c’est un courant qui a pleinement sa place dans la programmation à l’avenir.

Cela se fait forcément au détriment toutefois des noms importants du courant Trance plus conventionnel et « armadien » qui se retrouvaient ainsi programmés majoritairement sur les plus petites scènes 2 et 4. La stage 5, la plus petite, accueillait comme les années précédentes des noms principalement issu de la scène Progressive.

Quant au maître des lieux, Armin van Buuren, il aura été plus que pro-actif en délivrant 4 sets. Les deux soirs sur la mainstage ainsi qu’en B2B sur cette fameuse Area 3 avec Joris Voorn et HI-LO. Petite surprise du chef le vendredi soir avec la présence d’Hardwell sur scène pour jouer leur prochaine collaboration ainsi qu’en réunissant la team de son émission de radio pour clôturer son set.

Un nouveau lieu parfaitement adapté

Parlons tout d’abord de ce nouveau lieu. A première vue, il était difficile de quitter le mythique Jaarbeurs d’Utrecht pour le Ahoy Rotterdam. L’histoire chargée du Jaarbeurs pour y avoir accueilli les Trance Energy dans les années 2000, puis le développement d’ASOT à partir de l’édition 600 jouait en sa faveur. Il faut toutefois admettre que nous en avions fait le tour (et vu sa superficie et la longueur des parcours pour passer d’une scène à l’autre, c’est le cas de le dire).

Rapidement après notre arrivée sur site, nous sommes conquis par ce nouvel écrin. Déjà de l’extérieur, cela promettait un lieu de grande qualité et plus moderne (avec cette immense façade LED qui annonçait A State Of Trance, ça claquait bien !).

Une fois à l’intérieur, on se sent rapidement « à la maison ». En effet, la typologie du lieu (de grands espaces d’exposition industriels) permettait de vite retrouver ses marques par rapport au Jaarbeurs, tout en gagnant en hauteur, en flexibilité et en praticité. Il semble plus facile de circuler à l’intérieur et on oublie vite les couloirs interminables du Jaarbeurs.

Le complexe est très fonctionnel et l’attente minime pour accéder au site, aux bars, aux toilettes et aux scènes. Celles-ci restent d’ailleurs suffisamment espacées pour ne pas se parasiter. Les plus bougons, pourront regretter l’immense mainstage du Jaarbeurs. Malgré sa grande taille de 10 000m², l’Area 1 du Ahoy ne rivalise pas. D’après quelques recherches, on passerait d’environ 20 000 personnes pour la mainstage du Jaarbeurs à une capacité entre 10 et 12 000 pour l’Area 1.

Cela s’est particulièrement ressenti le samedi soir, lors du set d’Armin sur la mainstage. La scène a rapidement été prise d’assaut et rendue inaccessible. Idem pour l’Area 3 lors du B2B Armin x HI-LO.

En revanche, l’Arena du Ahoy, dans lequel se situait l’Area 3 est un superbe atout. La hauteur de cette salle permet une production ambitieuse et créative. Les gradins, laissés vide pour l’occasion, peuvent diviser mais nous proposaient une expérience jamais vécue auparavant. Pour information, une semaine plus tôt, cette Arena accueillait la finale du tournoi ATP 500 de Rotterdam, autant vous dire qu’ils n’ont pas trainé pour tout installer.

Passons maintenant aux scènes en détails. Ayant eu l’opportunité de participer à une conférence organisée par TWOFIFTYK, l’agence derrière le design et la création des scènes, on peut vous révéler, si vous n’aviez pas remarqué, que la principale source d’inspiration pour la création des scènes et des visuels a été la ville de Rotterdam. A l’instar de la couleur verte de l’édition 2024, couleur officielle de la ville ou encore de ses différents bâtiments et infrastructures emblématiques, ASOT se muait ainsi en véritable porte-étendard pour la promotion de Rotterdam, lui rendant ainsi un bel hommage.

Niveau soundsystems, on était bien évidemment comblé la majorité du temps, bien que le niveau sonore puisse par endroit être rapidement assez douloureux sans bouchons, notamment sur les 2 scènes principales. Mais on ne vous répétera jamais assez la nécessité de bien vous équiper pour conserver votre capital d’audition !

Des scènes à la hauteur des espérances

Area 1

Mainstage du festival, elle jouait parfaitement son rôle. Elle gardait cet aspect très industriel et futuriste avec un écran LED incliné qui surplombait le DJ. Des grandes barres d’écrans LED horizontales s’étendaient dans toute la salle (et vraiment jusqu’au fond, pour une fois), donnant une impression de vitesse et de profondeur d’une efficacité redoutable. Le tout était surplombé de lights et de lasers (un peu léger et projetant trop en hauteur) pour une belle composition d’ensemble magistral. Pyrotechnie et C02 accompagnaient les moments les plus intenses des sets.

ASOT Area 1

De notre point de vue, c’était une scénographie beaucoup plus lisible que l’année dernière. Véritable plus et pour la première fois à ASOT, la mainstage ouvrait son accès aux côtés et fond de scène au public. Cela accentuait le sentiment de profondeur de la scène et créait de la proximité avec les artistes en donnant l’effet « Boiler Room » recherché.

S’il y avait un petit bémol ou une piste d’amélioration : on aurait pensé que les structures de panneaux LED pouvaient être mécanisés pour monter et descendre et varier encore plus les ambiances (dans la veine de la scénographie de Rampage qui se déroulait le même weekend et était très similaire), mais non… Alors peut-être l’année prochaine ? 🙂

Area 2

L’Area 2 était sans doute la plus osée, originale tout en restant très minimaliste. Élégante, elle surprenait par son immense écran LED situé au dessus du public sur la longueur du dancefloor. Inspirée du Koninginnebrug de Rotterdam, cette structure traversait la salle dans sa longueur et projetait des visuels absolument hypnotiques.

ASOT Area 2

Area 3

On vous en parlait, l’Area 3 se situait dans l’Arena du Ahoy, avec une hauteur très élevée, permettant une production différente. Un écran LED géant vertical était positionné derrière l’artiste. Pour rappeler l’aspect industriel et maritime de Rotterdam, un visuel de conteneur renversé était affiché la plupart du temps sur l’écran. Le reflet des artistes mélangé à des créations visuelles futuristes y étaient projetés pour le plus beau des effets, notamment sur le B2B Armin et Joris Voorn. Malgré la qualité des visuels visibles sur cet immense écran vertical, on sent que le reste de la salle pourra être exploité davantage les années à venir, notamment dans les gradins.

ASOT Area 3

Area 4

L’Area 4 ne payait pas de mine à première vue. Pourtant elle offrait une configuration totalement unique et originale. Située au milieu du complexe, à quelques pas des stands de ravitaillement, elle était composée d’une structure d’échafaudages de formes carrées. Là encore, un rappel à la ville de Rotterdam et un écho aux fameuses maisons cubiques que l’on retrouve sur tout bon magnet à frigo pour touristes. La structure se positionnait autour du DJ Booth et du dancefloor tout en offrant la possibilité de se déplacer dans la structure en hauteur autour du dancefloor et du DJ. Ça manquait peut-être de décoration derrière le DJ car on voyait très clairement la signalétique pour indiquer les toilettes, ou d’indication pour mettre l’artiste en valeur.

ASOT Area 4

Area 5

Aïe, aïe… Malheureusement la déception de cette édition. La production de l’Area 5 était réellement en dessous de ses sœurs. Un DJ Booth à hauteur de public mais éloigné par des barrières et le tout très pauvre en lights. On avait la douloureuse impression qu’elle avait était installée en dernière minute sans réel travail créatif en amont. Cela ne ressemble pas aux équipes d’ALDA de proposer une scène de la sorte. A revoir l’année prochaine pour sûr !

ASOT Area 5

Une organisation aux petits oignons comme on en a l’habitude aux Pays-Bas.

Comme chaque année, peu de choses à redire sur l’organisation, tant les hollandais maîtrisent depuis de nombreuses années ce genre de manifestation. Malgré l’arrivée dans ce nouveau lieu, les équipes ont su s’adapter pour maintenir un niveau d’organisation impeccable. Très peu d’attente à l’entrée, malgré une fréquentation plus importante le samedi. La possibilité de réserver son casier pour la durée du weekend est un incontournable. Les nombreux stands de boisson et de nourriture présents sont suffisamment dimensionnés et les tarifs restent corrects. A savoir que le festival est totalement cashless. On circule facilement dans le Ahoy grâce aux nombreuses signalétiques fléchées afin de retrouver la scène où l’on souhaite se rendre.

Quelques bémols sur les problèmes de capacités par rapport au Jaarbeurs Utrecht. L’Area 1 était complète plus rapidement que prévu durant les sets d’Armin. Les habitués et les fans de longue date, le savent : il faut s’y rendre relativement tôt si vous ne voulez pas manquer le set du maître des lieux. C’est toujours très marquant à ASOT, cet aura que possède Armin. Certaines personnes ne semblent venir que pour lui ! Autre option, celle d’opter pour un pass VIP qui intègre un coupe-file et assure à coup sûr de pouvoir rentrer dans la mainstage. Mais cela ne semble vraiment pas nécessaire pour les bonus que cela procurait (d’autant plus avec les accès de la scène au public).

En terme d’accessibilité, on pouvait se rendre au complexe en transport en commun ou en voiture. Le parking coûtait toutefois un peu cher (19€ la nuit) mais permet de s’éviter le désagrément des transports en commun qui ne fonctionnaient malheureusement pas toute la nuit. Peut-être un point à négocier avec la ville l’année prochaine, notamment le dimanche où le service ne recommençait qu’à 7h15. Pour compenser, l’organisation proposait toutefois des navettes qui devaient rejoindre la gare centrale, mais aussi certains arrêts promettant de s’arrêter à proximité d’hôtels sélectionnés par l’organisation dans la vente des packages « ASOT Hotels ».

Un public plaisant, connaisseur et enthousiaste

Encore un vrai bon moment avec la #trancefamily ce weekend. Avec le public « Hard Music », le public Trance est probablement celui le plus investi et dévoué envers sa scène. D’une manière générale, c’est un public très réceptif et respectueux, bienveillant envers l’autre et qui arbore avec fierté les couleurs de leur artiste ou label préféré. On est toutefois loin de l’effervescence ou de la folie des soirées Hard ou Bass Music avec, on le sait, des pogos ou des grands embrasements de foules. Mais ce n’est pas l’esprit de ce courant de la musique électronique. Attention, on ne s’endort pas non plus et cela reste toutefois très festif. et n’empêche pas le public de chanter, mettre les mains en l’air, faire les cœurs avec les doigts, bref toute la panoplie.

A noter aussi qu’ASOT reste un lieu idéal de présentation pour les artistes de leurs dernières nouveautés qui alimenteront leurs sorties sur le reste de l’année. Alors forcément il faut y venir avec l’esprit ouvert et se dire qu’il est normal de ne pas tout connaître. C’est aussi ce que vient rechercher ce public de connaisseurs, et qui peut se ressentir sur l’ambiance générale de la soirée pour les plus néophytes. Mais pas d’inquiétude, dès qu’un bon vieux classic oldschool est joué, alors là, le sang du tranceux ne fait qu’un tour et ses mouvements deviennent incontrôlables !

Nos moments coups de cœur

Le programme étant tellement riche, impossible de se diviser pour couvrir l’ensemble des 5 scènes. Les avis étant aussi toujours très partagés entre les personnes sur un même set selon leur propre sensibilité, on vous partage tout de même ici quelques moments « à la volée » qui nous auront marqués lors de cette édition 2024. Et puis ça nous servira à nous raffraîchir la mémoire les années prochaines !

Vendredi soir

  • La découverte du lieu et de l’Area 2 sur le set de l’artiste ukrainien Cubicore, et sa progressive percutante.
  • Le B2B énergique entre Orjan Nilsen et Mark Sixma et la montée sur scène de leurs pères respectifs pour jouer leur nouvelle collab « Old’s cool »
  • Le son Future Rave de MORTEN sur la mainstage, un style qui a définitivement sa place à ASOT.
  • anamé jouant « Allein » d’Eric Prydz en fin de leur set, classique !
  • Les douces vibes de Mees Salomé.
  • Le closing du set des NWYR sur un edit d’ « Exploration of Space », dans une euphorie collective.
  • L’entrée sur scène d’Armin van Buuren sur la mainstage et la clameur générée par son annonce.
  • Armin jouant sa récente collab avec ARTBAT
  • Armin partageant la scène avec Hardwell puis Ferry Corsten, Ruben de Ronde et Nina de Koning pour jouer l’hymne de cette année.
  • L’ambiance incroyable sur le set Classic Trance du groupe SUPERSTRINGS
  • Le show visuel et le live d’Innellea jouant son remix de « In & Out Of Love » et son désormais remix culte de Depeche Mode « Before The Dawn » ainsi qu’expérimentant un titre Drum & Bass totalement innatendu.
  • La techno énergique de Nina de Koning, qu’on découvrait pour la première fois dans son style
  • Le morceau d’intro du B2B entre Armin et Joris Voorn et la qualité de la tracklist.
  • Destruction de mainstage avec l’acid-tech-trance de Maddix pour donner un bon dernier coup de fouet, et annihiler la fatigue avant de rentrer au bercail.

Samedi soir

  • Arrivée mainstage sur le closing de Ruben de Ronde et sa collaboration avec Estiva, « Rainbow »
  • Le set captivant du début à la fin, rempli d’IDs, de Paavo, membre du trio d’Above & Beyond, qui sous son projet solo P.O.S transmet de belles émotions communicatives.
  • Le DJ Serbe Coeus flirtant aux frontières de la trance et de la techno tout en dévoilant une pluie d’IDs
  • Le set « proglifting », aux accents assez UK, du vétéran Solarstone, et son classique « Seven Skies »
  • Pretty Pink jouant un remix progressive surprenant du générique de K2000.
  • L’énergie du duo allemand Kyau & Albert et sa vibe très Anjuna.
  • Le set hybride entre Trance, Classics, aux rythmiques Techno de Ferry Corsten, et notamment son morceau « Yes Man » et sa prochaine collaboration avec Ruben de Ronde
  • La vibe très Oldschool-Baléaric de Ben Hemsley pour retrouver un peu de légèreté,
  • Le B2B très dansant et éclectique entre Armin et HI-LO
  • Le finish de set de VIni Vici et Infected Mushroom, aux accents hard-psy. Ravageur sur le soundsystem de la mainstage.
  • Dans la veine de Maddix la veille, le finish sur AVAO sur la mainstage pour clôturer en puissance.

Bonus récap : Une expérience prolongée en journée par un véritable petit « ADE » pour Trance Lover.

La grande nouveauté cette année résidait dans le programme mis en place en journée. Une sorte de mini ADE d’une journée. A State Of Trance investissait le Room Mate Bruno Hotel de Rotterdam. Au programme : conférences, meet-ups, yoga, etc… L’hôtel était réservé à A State Of Trance où il était possible de passer le week-end et vivre l’expérience ultime. Mais le programme était ouvert à tout le monde (pour quelques sesterces supplémentaires tout de même). Nous avons donc pu assister à certaines conférences.

Évolution de la marque A State Of Trance

On retrouvait Allan Hardenberg, cofondateur d’ALDA, Sander Reneman, cofondateur de TWOFIFTYK et Ruben de Ronde pour un panel évoquant l’évolution de la marque A State Of Trance, notamment depuis son incroyable ascension au début des années 2010. Une discussion intéressante suivie de questions du public. On a eu le droit à des anecdotes intéressantes, dont une de l’Electric Daisy Carnival de 2012. Cette année-là, le festival était annulé en raison d’une tempête, mais A State Of Trance étant avant tout une radio, l’équipe décidait de continuer le radioshow depuis la petite caravane en backstage, devenant ainsi le seul lieu jouant de la musique sur le site du festival. C’était sans doute l’épisode de radio le plus insolite, tout le monde se rendant dans le studio pour faire la fête malgré l’annulation, avec des guests tel que Carl Cox.

ASOT by Day

Concevoir A State Of Trance

On rejoint ensuite Freek Cornelissen, Jordi Kievit et Joris van Meegen, de TWOFIFTYK pour une présentation passionnante sur le design du festival A State Of Trance, de l’identité visuelle jusqu’à la création des scènes du festival. Les challenges rencontrés et l’implication d’Armin van Buuren dans le process créatif. Les speakers semblaient mal à l’aise pour parler en public mais on ressentait leur passion et leur professionnalisme à travers leurs mots. On en apprenait beaucoup sur leurs inspirations et leurs méthodes de travail.

On vous le disait plus haut, la ville de Rotterdam a énormément influencé le design de cette année. Leur travail commence par la création de l’identité visuelle, le logo, la couleur de l’édition, les photos… Une fois cela validé, on passe à la création des scènes, ici le principal challenge repose sur la faisabilité de celles-ci. Toute idée doit être validée par les ingénieurs, on ne veut pas que les scènes s’effondrent sur le public. La dernière étape consiste en la création des visuels, en s’appuyant sur l’identité visuelle, ils créent des visuels conformes aux écrans qui seront mis en place. Parfois, certains visuels sont édités en temps réel.

FAQ avec l’équipe du radioshow A State Of Trance

L’équipe qui assiste Armin van Buuren dans la production du radioshow était présente au complet (Ruben de Ronde, Ferry Corsten, Nina de Koning) pour répondre aux questions des spectateurs dans un moment super convivial, entre fans et connaisseurs. L’occasion d’en apprendre plus sur l’organisation d’une semaine type de production du radioshow. L’occasion de retracer notamment le parcours atypique de Ruben de Ronde qui a rejoint la production du radioshow avant l’épisode 300. Il reçoit et écoute des centaines de promos par semaines et participe à l’écriture du script en direct de l’émission, prépare le calendrier des guestmixes, élabore le podcast de la semaine.

On y apprend également que, depuis que le radioshow est diffusé du studio d’Armada en vidéo, la tracklist n’est pas réellement connue à l’avance. Hormis les morceaux phares (Tune Of The Week, Future Favorite, Service for Dreamers) qui guident le set, Armin et Ruben préparent une pré-liste de morceaux dans laquelle Armin pioche selon l’humeur, l’énergie ou encore la tonalité. De nombreux morceaux préselectionnés passent ainsi malheureusement à la trappe toutes les semaines.

Les meilleurs pratiques d’Armin van Buuren pour entretenir sa santé mentale

Point d’orgue de la journée de conférences, on retrouvait Armin van Buuren en intimité pendant 1h. C’était évidemment la conférence la plus suivie de la journée. En même temps, on comprend ! Un vrai régal pour les fans d’être au contact de leur idole. Armin, aguerri à prendre la parole en public depuis de nombreuses années, est un conférencier hors pair et l’on se dit qu’on pourrait facilement l’écouter parler des heures. Il se dévoile ainsi pendant 1h sur des thématiques liées à la santé mentale, à l’impact des réseaux sociaux, à sa vie personnelle et familiale. L’occasion pour lui de délivrer des messages positifs d’acceptation de soi, et des autres. D’accepter d’aller mal, d’accepter les critiques et les échecs, et de se réjouir des petits bonheurs et des choses simples.

Il revient en détail sur des moments plus sombres de sa carrière pré-Covid, liés à de mauvais choix de carrière poussés par de mauvais intérêts, comme par exemple sa résidence à Las Vegas il y a quelques années. Il se confie également sur des périodes de consommation excessive et solitaire d’alcool. Pour surmonter cela, il a dû notamment modifier son comportement envers les sollicitations, et apprendre à dire non. Il revient sur l’épisode de l’été dernier où, durant tout le mois de juillet, il avait fait le choix « d’être père » plutôt que sur scène, alors qu’il s’agit de la période la plus dense de l’année pour les Djs. Il revient également sur ses débuts, obnubilé par le fait de plaire à tout le monde et de regarder tous les commentaires sur les réseaux, les forums, etc.

Comme remède, il indique avoir coupé de son téléphone, la majorité des réseaux sociaux et de privilégier le contact avec sa propre famille et ses amis proches, desquels il avait pu s’éloigner au fil des années. On y apprend ses techniques de méditation, et sa routine matinale consistant à lister 5 « gratitudes » positives qu’il envoie à ses amis. La conférence se termine par quelques questions/réponses, échanges de cadeaux et de selfies avec le public.

Conclusion

ASOT a su tirer pleinement parti de sa nouvelle « Destination » pour proposer un weekend de rêve aux 40 000 amateurs de Trance, Progressive « & beyond » présents. Certains pourront regretter le Jaarbeurs historique mais de notre côté, le deuil a été fait rapidement. Il semblait nécessaire pour la marque ASOT d’opérer ce virage et conquérir de nouveaux territoires, mais aussi reconquérir son public qui commençait à s’empâter dans sa zone de confort. On est déjà curieux de se projeter sur l’année prochaine avec des questions plein la tête. Y aura-t-il un retour du radio studio pendant la soirée ? Ou bien quels autres B2B exclusifs auront lieu, y aura-t-il encore un programme en journée et à quoi ressemblera-t-il ?

Aussi, quelles seront les surprises sur la programmation ? Étonnamment, cette dernière ne s’est pas encore tournée sur les noms de la scène Fast Techno / UK-Rave. Et ce, alors qu’Armin dépasse allégrement la barre des 138 BPM désormais. Au vu du contexte actuel, c’est pourtant là que se situe un terrain de chasse intéressant, difficile de passer à côté. On miserait bien sur la techno ravageuse de Lilly Palmer, KI/KI ou bien encore plus rapide des français Trym / I Hate Models? Et pourquoi pas les sonorités Early Trance de Marlon Hoffstadt ? Sur d’autres terrains, on mettrait un billet sur la Big-Room Techno d’Hardwell voire même la Tech-House mélodique et planante de John Summit

En tout cas, à Rotterdam et au Ahoy particulièrement, ASOT va pouvoir continuer de voir grand tout en acquérant une stabilité dans l’agenda que les organisateurs n’avaient pas au Jaarbeurs. D’ailleurs le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, et les pré-inscriptions ont déjà commencé. Alors, à l’année prochaine ?!