Retour sur la 4ème édition du Stereoparc Festival

En ce mois de juillet caniculaire, nous avons décidé de faire une halte à Rochefort dans un été plus que chargé en termes d’événements électro, post covid oblige. Après une année blanche suivie d’une édition dans un format revisité en 2021, le festival rochefortois était de retour à 100% de ses capacités les 22 et 23 juillet derniers.

Le lieu / Les scènes

Comme vous le savez désormais, le Stereoparc a lieu à Rochefort en Charente-Maritime. Une ville où il fait bon vivre et où le climat se trouve y être extrêmement plaisant en été. Située à seulement 20 min du bord de mer, la ville d’art et d’histoire a de nombreuses activités à vous proposer de par ses musées et sa vie culturelle active. Pour ce retour en force, Belle Factory, organisatrice du festival, s’est une nouvelle fois emparée du site de la Corderie Royale.

Un lieu chargé d’histoire situé au cœur de l’Arsenal maritime de Rochefort. Le bâtiment construit en 1666 est classé au titre des monuments historiques depuis 1967 et est aujourd’hui candidat pour son inscription à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, rien que ça ! Alors autant vous le dire, un festival dans un lieu aussi atypique ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’en faire.

La zone de concert disposait sur son côté gauche d’un véritable espace détente ouvert à tous. Une idée plus que bienvenue pour reposer son corps entre deux sets. L’espace VIP était quant à lui situé en hauteur, derrière le mur surplombant la scène. La vue y était imprenable et permettait de profiter de la musique loin de la frénésie de la fosse. Niveau scénographie, le lieu pourrait cependant être encore mieux exploité avec par exemple la présence de lyres sur le mur et le bâtiment entourant la zone de festival, venant ainsi agrémenter le show lumière et créer une sensation d’arène lorsque l’on se situe dans la fosse.

Aujourd’hui, l’entièreté de la programmation du festival se voit être répartie sur une seule scène, ce qui permet à tous de profiter d’une programmation éclectique alliant techno, house, bass ou encore trance selon les années. Pour accueillir l’ensemble de ces prestations, le Stereoparc a fait le choix d’une scène de taille relativement imposante comparée à la taille du lieu qui lui est attribué. Côté scénographie, le festival n’est pas connu pour sa démesure. Cette année, la scène était composée de 8 panneaux led placés de manière miroir en haut et en bas de la scène. Pas du plus bel effet la journée, la scène exposait son plein potentiel dès lors que les derniers rayons du soleil venaient à se coucher. CO2, étincelles froides et jets de flammes étaient également au rendez-vous sur ces deux journées de festivités. Une scénographie simple mais efficace qui plaçait ainsi la musique et l’artiste au cœur de l’expérience.

Afin d’accueillir au mieux les festivaliers voulant vivre l’expérience Stereoparc à 100%, le festival met à leur disposition un camping dédié à ces 2 jours de fête. Élément indissociable et historique du festival, le stereocamp propose ainsi des animations (structure gonflable, bubble foot, combats de sumos…), des foodtrucks, une superette et une scène dédiée pour y réaliser vos befores et vos afters. Tout est ici prévu pour vous recevoir comme il se doit sur la durée du festival. L’ambiance qui y règne y est excellente tout comme les apéros qui s’y déroulent !

Depuis le camping, vous pouvez aisément vous déplacer au centre-ville, et même jusqu’au festival pour les plus courageux. Autre alternative possible pour réaliser le trajet camping – festival – camping : les navettes. Elles vous permettent de relier les deux points en moins de 10 minutes et sont généralement présentes en assez grand nombre.

L’organisation

Après seulement 3 éditions, le Stereoparc semble être dans une très bonne dynamique et gère l’afflux grandissant du festival d’une très belle manière. Fort de leur expérience sur d’autres événements tels que Free Music ou encore Cognac Blues Passion, la société organisatrice Belle Factory semble être bien rôdée à l’exercice. Si l’on met de côté les longues files qui se créaient lors des heures de pointe (chose presque impossible d’éviter pour un festival de cette envergure), les flux sur les différents stands étaient bien gérés avec jamais plus de 5 min d’attentes.

L’ensemble des bénévoles sur place y sont bien évidemment pour quelque chose avec leur réactivité et bonne humeur permanente. Malgré une note très positive dans son ensemble, on relève quelques points qui mériteraient une attention particulière l’année prochaine, à commencer par le stand cashless.

Deux points à ce sujet nous viennent à l’esprit. Le premier étant le nombre insuffisant de stands pour récupérer sa carte. En effet, un seul bungalow était destiné à traiter les demandes de création et recharge de la carte créant une attente extrêmement longue lors du premier jour du festival et une attente relativement conséquente le deuxième jour également lorsqu’il s’agissait de recréditer sa carte de la veille. Des stands placés en plus grand nombre et à l’extérieur de l’enceinte de l’événement auraient permis de fluidifier les flux. Le deuxième étant l’adoption par le festival d’un système de carte cashless plutôt qu’une puce intégrée au bracelet.

Là encore, les bracelets cashless permettrait de pouvoir créditer en amont du festival son compte et éviter de faire la queue à l’intérieur. Autre avantage, il est plus difficile de perdre un bracelet attaché à son poignet plutôt qu’une carte, surtout lorsqu’on séjourne au camping et que les apéros et les soirées peuvent être plus ou moins troubles pour certains. Il ne faut pas oublier que le public reste en effet majoritairement jeune.

L’autre point pouvant à notre avis voir une amélioration se situe sur la partie offre de nourriture. Ce que nous avons expérimenté sur place était certe très correct en termes de qualité mais une offre plus diversifiée serait la bienvenue, évitant ainsi la redondance entre croque-monsieur, panini, hot dog et burger.

A côté de cela, l’entrée au festival se faisait de manière fluide et rapide. L’espace VIP jouissait d’une vue imprenable et d’un espace véritablement bien aménagé avec une large zone disposant de chaises et de tables afin d’admirer les sets dans des conditions premium.

Le public / L’ambiance

Le public présent sur place était à l’image de la programmation : éclectique. Il était majoritairement composé de jeunes fêtards, de locaux et d’amateurs de musique électronique. Avec une moyenne d’âge compris entre 18 et 30 ans, la jeune génération était largement représentée. Malgré cela, il n’était pas rare de croiser des familles ou personnes plus âgées, en particulier sur le premier jour du festival où la techno et la house avaient une place importante. On ne remerciera jamais assez les événements comme celui-là qui permettent de partager et de faire connaître la musique électronique à toutes et à tous.

L’ambiance générale sur les différents sets était très bonne, avec une énergie folle délivrée sur chaque performance par le public. On relève évidemment les ambiances les plus survoltées sur les sets de Boris Brejcha, Timmy Trumpet, Malaa ou encore Nina Kraviz.

Les sets

Si vous ne connaissez pas le concept du Stereoparc, voici un rapide récapitulatif de son organisation : la première journée est généralement dédiée à la Techno et la House tandis que la seconde, plus généraliste, propose un plateau d’artistes évoluant dans des styles comme la bass, la tech house ou encore l’ ‘edm’. Cette année n’a donc pas fait exception avec la première journée sur laquelle on retrouvait Boris Brejcha, Nina Kraviz, Bellecour, Citadelle, Gioli & Assia ou encore Mozaik. Sur la deuxième journée de festival, des artistes comme Malaa, Venga, Timmy Trumpet ou encore Mezerg se sont relayés derrière les platines.

Jour 1

En ce premier jour de festival, nous sommes arrivés sur le site aux alentours de 21h30. Arrivés tardivement, nous avons pu assister qu’à la fin du set de Gioli & Assia et quelle belle découverte ! Mélangeant sonorités électroniques (dans un registre techno mélodic), orientales et acoustiques, le tout saupoudré de passages au chant, nous aurions vivement souhaité en voir plus. C’est le genre de découverte que l’on aime faire en festival, et on ne peut que vous conseiller d’aller les voir si vous les croisez à l’affiche d’un festival.

Suite à cela, le mystérieux duo français Citadelle prend le contrôle de la scène. Tout de suite l’ambiance monte d’un cran via une superbe introduction par Alive, leur collaboration avec Martin Garrix. S’en suit une superbe tracklist dans laquelle on note les passages de Redlight ou encore le remix des Camelphat de Days Go By.

Après une courte pause afin d’aller chercher notre première bière, nous voilà de retour dans la foule pour la venue de Bellecour, appelés en renfort après l’annulation de Vladimir Cauchemar pour cause de Covid. Et le moins que l’on puisse dire c’est que nos deux Lyonnais favoris ne nous ont pas déçus. Ils ont en effet su distiller leurs beats durant près d’une heure après une introduction sur leur titre Maxi Tacos qui a fait trembler la foule. Il s’en est suivi une cascade de drops plus punchy les uns que les autres avec notamment un remix de Da Vinci au kick bien techno, la fameuse ID de Aazar qui sortira bientôt chez Confession, un bon vieux remix 8.6 de Made in France ou encore le remix désormais incontournable de Tony Romera de Julio Navas, Gustavo Bravetti, David Amo – Raw. Un remplacement à la hauteur de la déception de notre tête de mort préféré qui reviendra plus fort que jamais l’année prochaine, on l’espère.

Après cette parenthèse bass, voici le moment que beaucoup de festivaliers attendaient : l’arrivée de Boris Brejcha. L’allemand qui devait être présent l’année passée avait été contraint de repousser sa venue pour cette édition 2022. Le public l’attendait de pied ferme et pour cause ! Le producteur originaire d’outre Rhin a littéralement tout renversé sur son passage. Durant près de 1h30, il nous a embarqués dans son univers si singulier rythmé par certains de ces titres désormais devenu incontournable ainsi que des passages frôlant quelques fois avec une techno plus acid. Clairement pas pour nous déplaire !

Pour clôturer cette première journée, c’est Nina Kraviz qui est aux commandes. La fosse a le temps de se vider un peu lors de la transition entre l’allemand et la russe. Tant mieux, cela nous fera plus de place pour danser. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on ne s’attendait pas à une telle énergie de la part du public. Et ça Nina Kraviz l’a bien ressenti ! A tel point qu’elle a réalisée 20 min de set supplémentaire et ne voulait définitivement pas lâcher les platines. Pour nous, c’était LE set de ce weekend. Une prestation qui nous a réellement transportés et avec laquelle on aurait souhaité faire durer le plaisir.

Jour 2

Pour cette deuxième journée nous avons décidé de venir un peu avant l’ouverture du festival. Cela nous a permis de faire le tour du site de jour sans aucun festivalier dans l’enceinte. Suite à cela, nous sommes allés réaliser l’interview d’une étoile montante de la scène bass française actuelle en la personne de Venga (à retrouver très prochainement sur le site). De retour sur le festival, il était temps de retrouver une figure singulière la scène techno / house française : Mezerg. D’une main de maitre, il nous a embarqués dans croisière musicale débordante d’énergie aux accents Balkaniques. Une prestation véritablement impressionnante qui marquera le point d’entrée de ce deuxième jour.

QQUN arrive ensuite sur scène et délivrera une prestation qui ne nous aura pas vraiment conquises. Le public semblait quant à lui plutôt réceptif, alternant, musique et passage chanté.

Vient ensuite l’heure pour Venga de monter sur scène. La jeune artiste originaire du sud de la France est véritablement partout cet été. Nouveau talent de la scène bass française, elle délivra une prestation puissante avec un cassage de nuque en bonne et due forme. La foule qui n’attendait que ça et a été plus que réceptive. Avec des morceaux tels que Pickle – Body Heat, Malaa – How it is, Frents – No Joke ainsi que quelques ID’s, il était difficile de faire autrement !

Le Stereoparc était désormais chauffé à blanc et l’arrivée de Malaa n’a pas arrangé les choses, bien au contraire. Une entrée sur son Summer hit How it is, puis tout s’est enchaîné. Bling Bling, Who I am, Miracle Maker de Dom Dolla, Bunker de Armand Van Helden, Notorious, Revolt ou encore Left to Right de Odd Mob. Décidément, on ne se lasse pas des sets du frenchy !

Pour clôturer cette édition 2022, ce n’est ni plus ni moins que l’Australien Timmy Trumpet qui eut en charge d’effectuer cette mission. Une idée qui semble avoir plus que convenu au jeune public qui s’était déplacé en masse pour assister à sa prestation. Une prestation survoltée et complètement déjantée. C’est là que l’on se rend bien compte que l’australien est devenu un véritable showman ! Une introduction sur son titre Dance Tonight réalisée en collaboration avec Darren Styles et Azteck annonce en effet la couleur. Il s’en suit un déchaînement d’énergie à grands coups de drops hardstyle et psytrance avec un finish sur strobe de deadmau5 façon Timmy Trumpet bien évidemment. De quoi mettre un point final à cette aventure rochefortoise.

Conclusion

Après deux années sans le Stereoparc, Rochefort a renoué avec le plaisir de la fête et de la musique pour cette 4ème édition haut en couleur. Malgré quelques points d’améliorations inévitables pour un événement grandissant comme celui-là, le festival ne manque pas d’ambition ! Une troisième journée, une seconde scène, un camping plus grand ? Les idées ne manquent pas côté direction. Au total, c’est près de 15 000 festivaliers qui ont été accueillis sur ces deux journées. Rochefort a une fois de plus vécu au rythme du Stereoparc et le plaisir était largement partagé par les festivaliers. Leurs sourires traduisaient la joie immense qu’ils avaient de renouer avec ce rendez-vous. Les dates de l’année prochaine sont d’ores et déjà tombées : ce sera les 21 et 22 juillet 2023 pour la 5ème édition !