Dans le milieu de la musique électronique, l’enregistrement des sets devient la norme. Chaque DJ qui se produit sur une grosse scène ou dans un festival y a désormais recours. Ce type de production audiovisuelle fait disparaître petit à petit les aftermovies. Ces derniers étaient pourtant plus difficiles à produire au départ, à cause des contraintes techniques. Leurs coûts pouvaient aussi être exorbitants.
En effet, au début, chaque artiste voulait un aftermovie soigné. Les plans forts de la soirée ou du set s’enchaînaient rapidement, portés par un titre phare de l’artiste. Le montage était bourré d’effets visuels et sonores. Les DJs ne postaient que leurs sets live sur YouTube, et souvent, ce set provenait d’un livestream. Le livestream était la priorité : l’enregistrement du set n’était qu’un bonus.
Le rôle des gros festivals
Cette tendance était dictée par les festivals majeurs. L’Ultra Music Festival à Miami, Tomorrowland ou encore l’EDC Las Vegas en sont de bons exemples. Pour ces événements, le budget n’est pas forcément un problème.
En effet, chacun de ces festivals dispose de deux équipes distinctes pour la production vidéo. Une équipe broadcast est dédiée au livestream et à l’enregistrement des sets. Une équipe aftermovie, équipée de caméras de cinéma numérique, s’occupe du reste. Mention spéciale pour les trois soirs du show de David Guetta au Stade de France. Les équipes y ont utilisé des caméras cinéma RED.

Une démocratisation portée par la technologie
C’est durant la période 2010-2020 que la production était la plus simple à réaliser. Un vidéaste seul était alors capable de monter un aftermovie. La production audiovisuelle live utilise, elle, majoritairement de l’équipement vidéo de broadcasting. Ce matériel coûte des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros. Il s’agit certes principalement de location. Mais ce type d’équipement demande des connaissances supplémentaires, non nécessaires pour manipuler des boîtiers grand public.
La réalité aujourd’hui est différente. L’explosion des capacités de stockage et l’arrivée de caméras très peu coûteuses ont permis de démocratiser les vidéos live. Il suffit de regarder les pages Instagram des artistes. Les carousels d’extraits de live sets ont pris le dessus sur les mini-aftermovies. Que ce soit pour la promotion de tracks à venir ou simplement pour vendre des billets, les avantages sont multiples.
Pourquoi cette tendance séduit ? Noyés dans des réseaux sociaux où tout paraît faux, les internautes cherchent une vérité qui ne ment pas. Ils la trouvent dans l’extrait d’un live, qui retranscrit exactement la soirée telle qu’elle s’est déroulée.
Quand la caméra devient un élément du show
Maintenant que cela devient la norme, la caméra elle-même s’invite dans le show. Et c’est notamment le cas sur la scène Drum & Bass. Lors de la soirée Section 63 par Chase & Status à Londres, elle est devenue un élément à part entière. Lors de l’ouverture, nous pouvons voir une caméra sur câble se balader au-dessus de la foule. Une lumière de type poursuite y est accrochée directement, afin de reproduire les hélicoptères de la police. La caméra devient alors un message contre la répression des free parties et autres raves.
L’utilisation d’optiques de télévision avec des zooms parafocaux renforce cette appropriation artistique. Les capteurs, trop grands pour le cercle image, et les filtres à prisme, accentuent cet effet. Worship, eux, ont sorti le live de Finsbury Park avec des effets visuels typiques des aftermovies. Nous y retrouvons une émulation de pellicule argentique, des effets de défocalisation et du vignettage. L’aspect artistique vient ainsi casser la rigueur du broadcast.
Vers un nouveau langage visuel
La caméra est devenue un élément de mise en scène chez Chase & Status. Le live de Worship, lui, adopte un traitement quasi-argentique. À eux deux, ils prouvent une chose. Elle ne se contente plus de documenter ses lives : elle les met en scène. L’aftermovie racontait la soirée après coup. Le livestream, lui, se contentait de la retransmettre. Ces deux exemples vont plus loin : ils transforment la captation elle-même en objet artistique et en prise de position. Une chose est sûre : la caméra n’est plus un simple outil de promotion. Elle devient un instrument de narration à part entière.






![David Guetta @ [UNVRS] / Source : The Night League](https://www.guettapen.com/wp-content/uploads/2026/08/20260703_UNVRS_David_Guetta_0017_5000x4000px_-convert.io_-280x210.webp)





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