FCKNYE 2023, ou comment fêter deux fois le réveillon !

Bonne année et meilleurs vœux 2024 ! C’est sur une note douce-amère que se tourne la page de ce qui a probablement été l’une des plus belles années musicales de notre XXIème siècle. En effet, 2023 nous aura permis de révéler une multitude d’artistes et de nous délivrer une farandole d’albums de musique tous plus exceptionnels les uns que les autres. Mais soyez sans crainte, car derrière une page qui se tourne se révèlent souvent des horizons encore plus radieux. Et c’est pour célébrer le réveillon 2024 que des festivaliers enthousiastes ont pu se rendre à la 12ème édition du FCKNYE pour deux soirées absolument mémorables.

A chaque réveillon, c’est le même refrain : toute une flopée de ravers préfère les spectaculaires scènes des grandes salles d’évènements belges aux fêtes d’amis organisées dans le salon de mamie, où la moitié des invités qui se tassent autour de la table jonchée de gobelets en plastique sont là uniquement parce qu’ils n’avaient pas d’autre plan pour la soirée. Parmi cette nuée de ravers (que nous comprenons parfaitement), certains se sont rendus le 30 et 31 décembre au Paleis 12 de Bruxelles, situé en face du grandiose Atomium. Le moins que l’on puisse dire, c’est que 2024 n’aurait pas pu mieux commencer.

Un line up qui fait plaisir à tout le monde

La première chose qui nous saute aux yeux à la lecture de la programmation est la grande diversité de styles et d’artistes qui se condensent en deux soirées ! Rap, Techno, Hardstyle, Hardcore, Drum & Bass, Dubstep, Trance ou Hard Techno, j’en passe et des meilleurs. On ne peut se permettre de jouer les difficiles pendant cette édition. En ce qui concerne l’agencement de cette programmation éclectique, il est à noter que la mainstage (la scène Countdown) a délivré une programmation Rap pour la première partie des deux soirées avant de laisser place à des artistes Techno, Hard Techno et Rave. Pour les amateurs de Hard Music et de Hard Techno, Dystopia présente lui aussi un line up mélangeant les deux styles.

Côté Hard Music, comment être déçu ? Amateurs de Hardstyle aux kicks distordus de la mort, vous pouviez retrouver des noms comme Rebelion ou Act of Rage b2b D-Sturb. Mais c’est sur la programmation Hardcore que FCKNYE a mis le paquet cette année avec Dimitri K b2b Partyraiser, Hysta, N-Vitral, Angerfist ou encore DRS, tous présents pour pulvériser une scène qui n’avait rien à envier aux plus grands festivals d’Europe.

Côté Techno, pas moins de deux scènes ont été entièrement dédiées au style et ce, sans compter la mainstage. Ce sont des noms comme Amelie Lens, Nico Moreno, Dyen, Basswell ou encore VTSS qui ont pu occuper les scènes Bazaar et The Box durant ce réveillon 2024. Cerise sur le gâteau pour les fans de Bass Music, la présence de quelques têtes d’affiches Drum & Bass et Dubstep telles que Eptic, Dirtyphonics, Used ou encore Macky Gee qui ont su régaler les tympans des nombreux Bass Heads présents pour casser des crânes et des barrières de sécurité.

Samedi 30 décembre, une soirée qui a frôlé le calage…

Il existe plein d’alternatives pour arriver au Palais, légèrement en retrait par rapport au centre de Bruxelles. La capitale belge est plutôt bien desservie et l’attractivité touristique de l’Atomium située en face du Paleis 12 rend l’accès au festival plutôt facile, que vous empruntiez le bus, le métro ou encore le tram. Les entrées sont bien indiquées et il est possible de se rendre dans l’enceinte du festival à toute heure sans patienter des plombes.

La première journée faisant office de « before », sa programmation est moins fournie que la soirée du réveillon : ici, il n’est question que de deux scènes, dont une qui ferme à 22h. La timetable, plutôt étrange, dévoile une programmation quelque peu déconcertante pour les fans de musique électronique que nous sommes. Voici notre retour d’expérience.

Nous arrivons au festival un peu avant 20h, le temps de déposer nos affaires et de faire le tour du propriétaire en prenant soin d’esquiver la mainstage (la scène Countdown) dédié au Rap Français que nous avons arrêté de suivre depuis des décennies. La visite des lieux nous permet de passer au bar de la scène Resolution ouverte pour la soirée afin de nous abreuver de boissons qui nous ont coûté un bras et une jambe (comptez 8€ pour une pinte de Pils et 12€ la vodka ou le rhum). Balayés par une rafale de kicks propulsés à plus de 200bpm, nous tentons d’entrer en communication avec les volontaires présents au comptoir.

En effet, il n’est pas encore 20h que Dimitri K et Partyraiser pulvérisent déjà la deuxième scène sans tirs de sommation préalables. Nous comprenons bien que de nombreux festivals Hard se déroulent en même temps ce weekend-là, mais il est quelque peu déconcertant de prendre le début de l’apéro de préchauffe face aux artistes les plus violents du weekend avant même d’avoir pu assister à un quelconque warm-up. Mais cette violence prématurée est contenue par une puissance sonore très décevante.

Eh oui chers Hardeux enthousiastes, si le compteur de BPM a crevé le plafond légal dès la première musique, le compteur de décibels, lui, peine à afficher un résultat satisfaisant ; et les fans de Hard Music qui ont voulu assister au set de D-Sturb b2b Act of Rage en ont profité comme des travailleurs empruntant le métro en écoutant de la musique à travers les pires écouteurs du marché.

Notez bien que nous ne sommes pas des afficionados du dégommage de plafond de décibels, ni de surdité prématurée pour cause d’expositions prolongées à des intensités sonores inhumaines. Il y a cependant un minimum nécessaire pour apprécier ce style de musique très énergique. Fort heureusement, le tir a été corrigé pour le deuxième soir.

… mais qui a pris son envol avec I Hate Models…

Nous le répétons : nous ne sommes absolument pas fans de rap. L’attente est donc un peu longue entre les sets rap et I Hate Models. D’autant plus que notre compte en banque se vide aussi vite que nos verres de bière. Nous n’avons aucune autre alternative que de passer le temps devant un certain Gazo qui baragouine des choses incompréhensibles tant les basses du système son écrasent un playback aussi pauvre que peu convaincant. En revanche, le système son de la scène Countdown est de bien meilleure facture que la Resolution, c’est avec soulagement que nous nous disons que la soirée n’est peut-être pas perdue finalement.

Le Saint Graal tant attendu fait enfin son apparition sur les coups de 22h40 avec I Hate Models qui nous a délivré une des plus belles performances du week-end ! La transition entre le rap et la techno est marquée par deux foules totalement différentes, échangeant de place l’une et l’autre, créant un mouvement très amusant à observer tant les deux populations ne se mélangent absolument pas. Et c’est sur le thème de Pain de l’Anime Naruto Shippuden que le DJ Français marque la fin des concerts rap pour une soirée Hard Techno qui nous fera danser jusqu’à 5h du matin.

Après quelques minutes, les premiers kicks retentissent en harmonie avec l’explosion de joie des festivaliers qui attendaient avec autant d’impatience que nous la Techno ! Pendant 1h15, notre I Hate Models national fera sauter d’euphorie toute une foule totalement acquise au style. Mention spéciale au remix de Gala ‘Freed For Desire’ qui aura fait chanter les 15 000 spectateurs présents pour l’occasion. Un changement d’ambiance aussi brutal que spectaculaire qui nous aura marqués tant le remix est bon !

… et un Reinier Zonneveld au top de sa forme

Les 1h15 d’I Hate Models se sont écoulées en une fraction de seconde, et c’est au tour de 999999999 de prendre le relai pour un set plus atmosphérique mais non moins énergique que leur prédécesseur. Ce fut ensuite au tour de Reinier Zonneveld, l’une des grosses têtes d’affiche de la soirée. Là aussi, nous avons été conquis du début à la fin par la performance du néerlandais qui présente la particularité de toujours jouer en liveset pour nous délivrer ses plus belles sorties de 2023. Il faut dire qu’il y a beaucoup pour abreuver son public tant son album ‘Heaven Is Mad (For You)’, sorti en 2023, est une perle sous tous ses aspects ! Mention spéciale au très énergique ‘Dance With The Devil’ ou aux remix de ‘Satisfaction’ et ‘Influenceur’ (d’Ascendant Vierge, présents le lendemain sur cette même scène), qui auront fait le travail ! Chapeau ! 

Pour la suite, Rebekah, une british un peu énervée, ne laisse aucun répit aux festivaliers avec une Hard Techno hybride flirtant avec le Raw Hardstyle qui titille à chaque break le Hardcore voire même l’Uptempo de la mort qui tue. La performance a su se montrer si énergique que Jacidorex a paru légèrement plus calme pour clore cette soirée.

Bien que le début de la soirée nous ait légèrement déçus, la partie techno aura totalement rattrapé les petits couacs. Avec un système son clair et précis, un public qui ne s’arrêtait jamais et respectueux dans son ensemble, la première soirée de ce réveillon était une totale réussite !

Place à la fête ! 2024 arrive…

Après cette très belle première soirée, il est temps de s’attaquer au gros du morceau. Si le 30 affichait deux scènes au compteur, le 31 voit les choses en grand avec pas moins de cinq stages uniques : une scène Hard Music, deux scènes Techno supplémentaires. La Resolution, la scène Hard de la veille au son si pauvre devient quant à elle une scène principalement Bass Music dont le système audio a su être révisé dans la journée pour enfin nous offrir une performance sonore digne de ce nom. 

Tout comme la veille, on ne s’attardera pas ou très peu sur la scène principale et le rap. Pour parler rapidement des nouvelles scènes, la Loud Machine est légèrement plus petite que The Box et ont été bondées dès la première heure, rendant la circulation dans la foule parfois particulièrement difficile. La scène Bazaar est de taille plus modeste, mais la circulation y est plus aisée, sous réserve de supporter le froid hivernal qui pénètre dans le chapiteau. Toutes les scènes ont vu leur système son bénéficier d’une très belle mise à jour par rapport à l’édition de l’année précédente. Pareil pour la Résolution qui aura vu ses problèmes de la veille entièrement corrigés.

Bonne année, bonne santé ! 

Nous allons parler rapidement du gros problème du 31 dans un premier temps : le monde ! La scène Techno est si bondée qu’il nous a été impossible d’aller voir Nico Moreno ou encore Amelie Lens. La scène Hard Music subit les mêmes problèmes et il a fallu jouer des coudes (ce qui n’est jamais agréable, sauf si vous aimez toucher du coude des inconnus, ce qui est un peu bizarre quand même…) pour aller voir Rebelion. Les zones VIP permettent cependant aux plus chanceux de bénéficier de splendides points de vue sur la scénographie et la foule, tout en étant à proximité des artistes, sans subir la cohue.

En parlant de Rebelion, il est temps de leur décerner la palme du meilleur set de la FCKNYE (bon, on est un peu des fanboys, on assume). Démarrant par leur incroyable remix de David Guetta, ‘Titanium’, le ton est donné : les amateurs comme les novices chantent tous en chœur à l’approche de 2024 ! Jouant une grosse partie de leur catalogue, en passant de ‘City Light’ à ‘Live Fast Die Young’, la foule est conquise par un set énergique et percutant. Mention spéciale à l’edit totalement débile de ‘Too Cold’ (joué à plusieurs reprises par Rooler à d’autres occasions) ou encore l’infernal ‘Crash The System’, en collaboration avec Dimitri K . Le duo termine son set à 23h58.

Extinction des feux et silence complet… Le compte à rebours démarre : 5… 4… 3… 2… 1… C’est sous une explosion de pyrotechnie et de confettis que les nombreux festivaliers en folie se souhaitent une très bonne année 2024 ! La scénographie est splendide ! Un moment magique et une belle année qui se profile…

La puissance de la Bass Music !

C’est un nouveau départ ! La date 1/1/2024 s’affiche sur nos téléphones et l’horaire nous indique que nos artistes Drum & Bass favoris vont démarrer leur performance. La diversité des styles qu’offre la FCKNYE est clairement l’un des gros points positifs de cette édition. Nous avons été ravis d’assister à de nombreux sets uniques qui ont donné l’impression à la soirée de passer à une vitesse anormale.


Nous nous rendons sur la Resolution pour voir la fin de Dirtyphonics. Comme à son habitude, le duo français enchaîne les tracks Dubstep et Drum & Bass sur une scène presque pleine. Used prend ensuite le relais pour un set très coloré comme il sait si bien faire. Si vous ne connaissez pas cet artiste, que nous avons déjà pu apercevoir à Rampage Renegade en octobre 2022, nous ne pouvons que vous le recommander. Outre son remix de ‘Gold Dust’ qui aura fait chanter toute la foule, c’est aussi ses dernières tracks comme ‘Limelight’ qui feront leur plus bel effet. Clairement, la Resolution offre une des meilleures ambiances de la soirée avec un public de connaisseurs mais ouverts aux autres !

Un Ascendant Vierge un poil trop tard, mais une fin en beauté 

Après avoir eu notre petit bout de Rampage, nous nous rendons sur la mainstage, direction Ascendant Vierge ! Mais c’est assez déconcertés que nous constatons que la performance du duo de Paul Seul et Mathilde Fernandez manque un peu de peps… Difficile de dire si c’est parce que nous avons passé les quatre dernières heures à 150 et 175 bpm ou parce que la splendide voix de Mathilde n’est pas assez mise en valeur par un système son mettant trop l’accent sur les basses. Objectivement, la performance ne manque pourtant pas de qualité, mais nous aurions aimé les voir plus tôt dans la soirée…

Après la mainstage, nous décidons d’aller voir l’une des pointures du hardcore : N-Vitral. Point positif, il est beaucoup plus facile d’accéder à la scène, les coreux sont probablement tous à l’infirmerie pour cause de traumatisme crânien à force de secouer la tête à 200 bpm. Tant mieux, pas besoin de jouer des coudes cette fois et il y a de la place. Pas question d’entendre autre chose de la violence ici, le set est vraiment très énervé. A fond les ballons, ‘Hammertime’ (le remix de Rooler) ‘ADHD’ (avec Dimitri K, encore lui bon sang…) retentissent dans tout le chapiteau. Le public est dingue. Une belle réussite pour N-Vitral ! 

Pour la suite, on repasse à un set Tropical House similaire à celle de Kygo avec DRS et Sandy Warez. Tous comme leur confrère précité, le duo foudroie le public encore vivant à coups de 220 BPM et 800 millions de décibels bien placés. Nous nous sommes envolés à 500m du chapiteau sous les coups de piep kicks et nous sommes donc partis voir Billx faute de pouvoir retrouver le chapiteau Hardcore à temps pour terminer cette belle soirée.

Conclusion

Il est temps de quitter les lieux du Palais 12. Et il faut dire que avons passé un excellent réveillon au FCKNYE avec une très belle édition. Le principal problème du système son de l’édition 2022 a été corrigé et à part les quelques problèmes cités plus haut, le déroulement de l’évènement a été parfait ! Les temps d’attente aux bars et aux stands étaient tout à fait raisonnables malgré des prix relativement élevés, même pour un festival.

La programmation, quant à elle, était parfaite. Il faut savoir que réunir autant de têtes d’affiches un 31 décembre relève presque de l’exploit. De fait, il est normal que le prix des billets soit assez élevé, même si ceux-ci sont encore beaucoup décriés.

Cette douzième édition de la FCKNYE était donc à nos yeux une des meilleures. Nous verrons si 2025 nous permettra d’assister à nouveau à une édition de deux soirs ou si nous pourrons retrouver cet évènement en duplex avec Lyon à nouveau… En attendant et une fois de plus, nous vous souhaitons une très bonne année 2024, riche en musique et festivals !